27 March 2003 International Secretariat Asia-Pacific Desk Reporters Without Borders (Reporters sans frontières) said today it was very concerned about a wave of repression aimed at the independent media in the Herat region of Afghanistan and called on provincial governor Ismael Khan to stop abuses of authority and violence against journalists there. The Radio Free Afghanistan correspondent in Herat, Ahmed Shah Behzad, was expelled from the western Afghan city by Governor Khan on 24 March, a few days after local security forces had physically attacked him. Most of the city¹s journalists have gone on strike to protest against repeated attacks on press freedom in the province. "It is a pity that Herat now has curbs on free expression similar to those during the rule of the Taliban," the organisation said in a letter to Khan, urging him to allow Behzad to return to the city as soon as possible. Radio Free Afghanistan is a branch of the US-government funded Radio Free Europe. Behzad was told by local security chief Nasim Alawi on 24 March to leave the province the next day and was banned from living there. About a dozen correspondents for international radio stations, including Massod Hasanzada (Voice of America) and Mohammad Qazizada (BBC), then stopped work in protest and went to Kabul to tell the authorities about the harassment they were being subjected to. Several local publications, including the weekly Takasus and the monthly Shugufa, also joined the protest movement, which called on President Hamid Karzai to intervene to protect freedom of the media in Herat. The Herat-born Behzad was physically attacked on 19 March while covering the opening of the Herat office of the independent Afghan Human Rights Commission. Governor Khan did not like the questions Bezhad was putting to officials at the event, especially interior minister Ali Ahmad Jalali, and insulted the journalist and ordered him out of the building. Outside, he was hit in the face by security chief Alawi and then beaten up by Khan¹s henchmen. He was taken to a police station for interrogation and finally released six hours later after Jalali (a former head of Voice of America¹s Pashto-language service) intervened. Two days later, Khan criticised media coverage of human rights in Herat and said the province¹s journalists were like those who had backed the Soviet occupiers. He warned them that "they will meet the same end." Pressure on the media in Herat has increased in recent months. The authorities shut down the privately-owned Mutbai Aslami printing works in February, preventing the appearance of several independent publications. On 1 March, a religious decree banned the broadcast in public places of satellite TV programmes and foreign films on grounds they might encourage immorality and advocate things that were taboo. The sale and advertising of foreign films and posters about them was also banned. Reporters Without Borders said last November in a report "Press freedom a year after the fall of the Taliban" that the situation was "still fraught in certain provinces such as Herat, where governors and warlords control almost all the news media and sometimes use force to muzzle journalists who criticise their power. The central government seems for the most part unable to stop these abuses, which have rarely been denounced by the United Nations." ---- AFGHANISTAN: Un journaliste de Radio Free Afghanistan expulsé d'Herat après avoir été agressé Le journaliste Ahmed Shah Behzad, correspondant de la station Radio Free Afghanistan, a été expulsé, le 24 mars 2003, de la province d'Herat (nord-ouest du pays) par le gouverneur et chef de guerre Ismael Khan, quelques jours après avoir été agressé par les forces de sécurité de la ville. La majorité des journalistes de la ville se sont mis en grève pour protester contre les attaques répétées envers la liberté de la presse dans la province. Reporters sans frontières est très préoccupée par la vague de répression qui vise à museler la presse indépendante dans la région d'Herat. L¹organisation demande au gouverneur de la province d'Herat, Ismael Khan, de faire cesser les abus de pouvoir et les violences à l¹égard des journalistes. Reporters sans frontières souhaite que le correspondant de Radio Free Afghanistan puisse regagner la ville dans les meilleurs délais. "Il est regrettable de voir Herat soumise à des restrictions de la liberté d'expression, similaires à celles en vigueur à l'époque du régime taliban", a déploré l'organisation dans une lettre adressée à Ismael Khan. Le 24 mars, Ahmed Shah Behzad, correspondant de Radio Free Afghanistan (branche de la station internationale Radio Free Europe, financée par le gouvernement nord-américain), a reçu l¹ordre de quitter la province d'Herat dans les vingt-quatre heures. Il est interdit de séjour dans la province. Suite à cette annonce faite par Nasim Alawi, le chef local de la sécurité publique, une dizaine de correspondants de radios internationales se sont mis en grève, en signe de protestation. Ces journalistes d'Herat, parmi lesquels Massod Hasanzada de Voice of America et Mohammad Qazizada de la BBC, ont également décidé de se rendre à Kaboul pour informer les autorités du gouvernement central du harcèlement dont ils sont l'objet. Plusieurs publications locales, dont l'hebdomadaire Takasus et le mensuel Shugufa, se sont également jointes au mouvement. Ils ont demandé par lettre au président Hamid Karzai d¹intervenir en faveur de l¹établissement de la liberté de la presse dans leur ville. Avant d'être expulsé, Ahmed Shah Behzad, natif d'Herat, avait été agressé, le 19 mars, alors qu¹il couvrait la cérémonie d¹inauguration du bureau de la Commission afghane indépendante des droits de l¹homme à Herat. Ismail Khan, qui n¹appréciait pas les questions posées par le journaliste aux officiels présents, notamment le ministre afghan de l'Intérieur Ali Ahmad Jalali, a agressé verbalement le journaliste et ordonné qu¹il soit expulsé des locaux. Une fois dehors, Ahmed Shah Behzad a été frappé au visage par le chef de la sécurité, M. Alawi, puis battu par des hommes de main d'Ismael Khan. Il a ensuite été emmené à un poste de police pour un interrogatoire avant d¹être relâché six heures plus tard suite à l'intervention du ministre Ali Ahmad Jalali (ancien directeur du service pachtou de Voice of America). Deux jours plus tard, Ismail Khan condamnait la couverture journalistique de la situation des droits de l¹homme à Herat, comparant les journalistes de la province à ceux qui soutenaient autrefois les Soviétiques et les prévenant qu'ils "pourraient finir de la même façon". Au cours de ces derniers mois, les pressions à l¹égard des médias se sont multipliées à Herat. En février, les autorités ont fermé l¹imprimerie privée Mutbai Aslami, rendant ainsi impossible la parution de plusieurs publications indépendantes. Le 1er mars, les autorités ont interdit, par décret religieux, la diffusion dans les lieux publics des chaînes de télévision par satellite et des films étrangers, susceptibles d¹"entraîner la corruption et de faire l¹apologie des interdits". La vente et la publicité de films étrangers et de posters s¹y rapportant ont également été interdites. Dans un rapport intitulé "Un an après la chute des taliban, où en est la liberté de la presse ?", publié en novembre 2002, Reporters sans frontières écrivait : "La situation de la liberté de la presse dans certaines provinces, notamment celle d'Herat, est inquiétante. Les gouverneurs et les chefs de guerre contrôlent la quasi-totalité des médias et tentent de museler, parfois par la force, les journalistes qui critiquent leur pouvoir. Cette situation échappe assez largement au gouvernement central de Kaboul et aux Nations unies qui n'ont que très rarement dénoncé ces abus." -- Vincent Brossel Asia - Pacific Desk Reporters Sans Frontières 5 rue Geoffroy Marie 75009 Paris 33 1 44 83 84 70 33 1 45 23 11 51 (fax) asia@rsf.org www.rsf.org
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