Re: Cadre théorique, bases légales et histoire de l'EDH



Chers collègues,

C’est ma première participation à cette discussion et tout d'abord merci
aux initiateurs.

Je voudrai répondre à la première question sur les raisons
d’enseigner l’EDH (dans les milieux formels, non- formels, et informels)?
Je voudrai féliciter la vision d’Abraham Magendzo, qui avance que l’EDH
devrait être pluridisciplinaire et une éducation à vie. Néanmoins, et peut
être que Abraham parle en tant que éducateur, je pense qu’il y a une
nécessité de planifier le contenu. Historiquement, l’activité d’EDH a été
facilitée grâce à ce que nous qualifions de «transversal» mais les droits
humains sont une série d’instruments codifiés qui ont besoin d’être connus
pour les promouvoir et pour dénoncer leurs violations: les droits de
l’enfant, le droit à un environnement sain, le droit des femmes,
lutte contre toutes les formes de discrimination, droit des minorités, des
migrants, des handicapés, etc. Il existe des éléments contenus dans les
programmes. Grâce à l’existence et à la reconnaissance de ces normes, la
jouissance de ces droits est rendue possible car nous pouvons dénoncer les
violations commises par des individus ou des Etats.

Nous pouvons avancer que l’EDH est un phénomène récent; les atrocités
commises par les hommes et les femmes sur leurs semblables ont accéléré
la nécessité de légiférer le respect des relations entre individus et
nations: guerres, discriminations, racisme, détentions arbitraires, abus
de toutes formes, tortures, etc. Parce que les droits n’étaient pas
suffisamment reconnus et promus, nous nous sommes sentis obligés de les
enseigner, les apprendre, de dénoncer les violations, de jouir des droits.

Ce sont ces activités qui pendant la «Décennie des NU sur l’Education des
droits de l’Homme» (1995-2004) ont donné naissance au Plan d’Action de la
Décennie, c’est le premier document qui met en avant l’EDH. L’éducation ne
se limite pas uniquement au droit à la démocratie et à la paix, mais va
plus loin, car pour jouir du droit à la démocratie, il est nécessaire de
promouvoir les droits économiques, socio et culturels. Pour vivre dans un
monde de paix, respectueux des valeurs démocratiques, le droit à
l’éducation est fondamental pour jouir des autres droits. Ainsi,
l’éducation à la paix probablement a été un fondement de l’EDH. Avec le
temps, la naissance des régimes démocratiques en Amérique Latine nous ont
conduit à parler d’éducation à la «démocratie en démocratie» (n’oublions
pas qu’il nous a été enseigné le concept de la démocratie lorsque nous la
vivions réellement). Ce qui est important de souligner c’est que les
droits humains sont interdépendants et indivisibles, cependant, si nous
parlons d’EDH, cela implique: la démocratie, la paix, l’alimentation, le
logement, la culture, etc.

Quels sont les changements opérés depuis les débuts de l’EDH? On pourrait
répondre que des changements importants sont survenus, mais insuffisants.
Quand bien même il est certain que la reconnaissance de l’EDH (formel,
non- formel et informel) est une partie intégrante des politiques
nationales, il semblerait que les objectifs n’ont pas été atteints en ce
sens que les politiques éducatives n’ont pas associé les institutions
éducatives. Nous parlons de droits humains et nous reconnaissons la
nécessité de les enseigner (aussi bien dans les programmes scolaires que
de façon transversale); mais l’EDH n’est pas obligatoire dans les
universités, peut être uniquement pour la formation des formateurs. La
question de l’EDH n’est pas obligatoire dans les institutions de formation
des enseignants, comment pourront nous nous attendre à ce que les futurs
enseignants et les formateurs des enseignants et les enseignants du
primaire, secondaire et du supérieur maîtrisent le contenu nécessaire pour
enseigner et apprendre les droits humains?

En fait, je n’ai jamais rencontré un document international imposé qui
codifie les droits de l’homme à l’EDH. De nombreux instruments
internationaux de protection reconnaissent le droit à l’éducation (même
dans la Déclaration Universelle de 1948) mais cependant, pas à l’EDH. Mais
si le droit à l’EDH suppose: droit à la santé, à l’information, à la
liberté d’expression, liberté de pensée, la démocratie, la paix, la
liberté de choisir sa religion, etc., il est il nécessaire qu’un article
indique le droit à l’EDH de façon explicite? Le droit à l’EDH est le droit
à l’éducation et tout ce que l’éducation englobe. Néanmoins, peut être
comme Abraham le propose «dans nos pays si légalistes», il est nécessaire
de formuler la reconnaissance de l’EDH dans un document spécifique. Bien,
j’espère avoir donné les lignes directrices dans le respect du thème
proposé: EDH.

Mes meilleures salutations et merci de m’avoir autorisé à participer.

Mónica Fernández
Argentine



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