Re: Quel profil pour un bon éducateur en droits humains?



Chers collègues,

J’écris ce message pour partager certaines observations sur les idées
développées par Pauline, Monique et Kanwal. Je comprends et suis parfaitement
d’accord que pour transmettre les connaissances aux étudiants, les
éducateurs en droits humains doivent incarner les principes en la matière.
Ce que je ne partage pas dans l'argumentaire de Kanwal est sa suggestion à 
faire
recours aux tests psychométriques pour évaluer le «potentiel» des 
postulants au
métier d'éducateurs en droits humains. Je perçois certains dangers par
rapport à cette approche.
1)      Je pense que cela pourra créer un sentiment d’exclusivité à
l’éducation aux droits humains, qui va à l’encontre de certains principes
de base inhérents aux droits de l’homme. De façon pragmatique, évaluer les
personnes afin de sélectionner des enseignants compétents sera bien
intentionné, mais philosophiquement, le test utilisé à ce propos semble
imprudent. Au lieu de «sélectionner» des individus pour enseigner les
droits humains, je préférerai plutôt qu’ils «s’auto-sélectionnent», ainsi,
nous saurons au moins que ces personnes ont un intérêt certain et désirent
enseigner les droits humains. En commençant par ces qualités, la formation
pourra les aider à développer la connaissance, les aptitudes et attitudes
nécessaires pour l’encadrement scolaire.

2)      «La formation des candidats sur la base de la sélection» créera un
certain malaise au niveau de ceux qui auront «échoué» au test. Cette
procédure sous-entend implicitement que ceux qui ont «échoué» n’ont pas la
capacité nécessaire de suivre la formation. C’est vraiment rude comme
message à transmettre à ces candidats, car il est supposé que l’éducation
aux droits de l’homme est un processus à vie qui implique la communauté
entière.

Je suis d’accord qu’il est nécessaire de mener des recherches en matière
d'éducation aux droits humains, mais l’idée de développer un test
psychométrique pour décider de qui doit être formé comme éducateur en
droits humains et qui ne doit pas l’être semble malavisé. J'opterai plutôt
pour une évaluation à but pédagogique dans le cadre de la formation des
éducateurs pour une meilleure utilisation des ressources ; par exemple,
l’identification des besoins pour développer des aptitudes dans la gestion
d’une classe démocratique afin de prendre parti aux ateliers / séminaires
adaptés. La conception et l’exécution des programmes de formation ciblés
sont d’une grande importance. En se basant sur l’intérêt et le désir d’un
individu à enseigner les droits de l’homme, la formation pourra aider à
développer les aptitudes à de meilleures pratiques des droits humains en
classe.

Je pense qu ces types de formation demandent à être développés
conjointement avec les institutions chargées de l’éducation, c'est-à-dire
les universités qui offrent des programmes d’enseignement certifiés. Pour
les enseignants non encore titularisés, ce sera intégrer des cours
d’éducation en droits humains dans leur programme académique. Pour les
enseignants titularisés, il sera dispenser des cours professionnels pour
une connaissance plus approfondie du terrain.

Merci à Kanwal d’avoir soumis ce thème important à discussion.

Cordialement

Kevin Chin
Ph.D. Student, Educationnal and Counselling Psychology
McGill University, Montreal, Quebec



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