La mise à jour sur la Session Extraordinaire No. 6, 24 mai DROLE DE FACON DE CONSTRUIRE UN MONDE MEILLEUR POUR LES ENFANTS Le 10 mai 2002, au terme de plus de deux ans de préparations et de négociations, les délégués de la Session extraordinaire consacrée aux enfants de l?Assemblée Générale des Nations Unies planchaient encore : il était minuit, le dernier jour de la conférence. Deux heures plus tard, la réunion était enfin conclue : le soulagement et la satisfaction étaient palpables ; mais qui oserait prétendre que c?est une bonne idée de passer une partie de la nuit, in extremis, à essayer de mettre désespérément la dernière main à un texte, surtout quand beaucoup d?organisations de défense des enfants présentes, après avoir suivi de près ce Sommet laborieux et tenté de l?infléchir, éprouvent avant tout une grande déception. *Elles sont déçues de la façon dont la principale déclaration de la conférence a été bouclée, dans un climat d?affrontement et d?inflexibilité, l?Union Européenne emboîtant soudain le pas aux Etats-Unis et présentant leur proposition de texte comme « à prendre ou à laisser ». Au nom des délégués que le « forcing » fait pendant la dernière ligne droite des négociations avait rendus furieux, le représentant mexicain a déclaré que ce refus total du compromis risquait de compromettre le processus même des négociations multilatérales aux Nations Unies, et qu?ils espéraient qu?un tel comportement « ne se reproduira jamais ». *Elles sont déçues de la façon dont certains principes fondamentaux ont été éliminés au dernier moment : ainsi, et là encore cela s?est passé pendant les dernières minutes de la conférence, les principales références à la Convention relative aux droits de l?enfant ont été habilement modifiées, ce qui permet d?éviter de dire en toutes lettres que la Convention est la référence mondiale sur les questions des enfants, et la base de tout travail de protection et de défense des droits des enfants. *Elles sont déçues de la façon dont les organisations non-gouvernementales (ONG) ont été tenues à distance des négociations. C?est un recul de la part des pays membres de l?ONU et leurs représentants, recul dont ils devraient avoir honte. Plus de 1700 représentants d?ONG venus de plus de 88 pays différents ont participé à la Session extraordinaire, et l?ouverture de l?ONU aux ONG, notamment lors du « Sommet de la Terre » et par la suite, était l?un des grands progrès accomplis par l?ONU récemment. En effet, cela a enrichi l?ONU, la rendant plus compétente, plus responsable, plus transparente. Cela a rapproché un peu l?ONU de la logique disant « nous, citoyens » , cela l?a éloignée de la logique de « nous, états, avons la réponse à tout et ferons ce qui nous arrange, dans nos intérêts ». La co-présidente du Comité Directeur des ONG, Mary Diaz, a résumé les choses de la façon suivante : « Les états doivent reconnaître que la société civile doit être présente et qu?elle doit être consultée. On demande aux citoyens de contribuer à l?édification d?une société solide, de demander des comptes à leurs élus. Pour cela, il faut que nous ayons accès aux politiques en cours d?élaboration, et aux négociations comme celles-ci. » *Elles sont déçues, comme toujours, du flou maintenu sur la question des ressources financières, de l?absence d?engagement ferme à cet égard, et ? mais cela est-il surprenant ?- du manque d?élan sensible dans les textes de la conférence. Mais peut-être était-ce illusoire de l?espérer, étant donné la taille du groupe et la longeur des négociations. *Elles sont déçues que les questions de la sexualité et de la santé génésique des adolescents n?aient pas été abordées de front. Le Canada a condamné les « tentatives regrettables » de revenir sur un libellé décidé lors de conférencesprécédentes ; pendant la séance de clôture, la Bolivie a expliqué qu?il ne s?agissait pas d?un problème théorique : il s?agit, a-t-elle précisé, « du droit à la vie pour ces jeunes femmes ». La pandémie du SIDA et du VIH ont rendu ce problème plus aigü encore qu?il y a dix ans. Peter Piot, Directeur Exécutif de ONUSIDA, a ainsi déclaré : « Le crime, c?est d?ôter aux enfants le droit de savoir. Nous n?atteindrons pas les objectifs du Sommet si nous n?arrivons pas à endiguer le SIDA ». Cela ne veut pas dire que tout soit négatif. Sur certaines questions, par exemple les mesures de protection pour les enfants vivant dans des circonstances très difficiles, on a adopté un libellé plus affirmatif que dans la Déclaration approuvée lors du Sommet sur les enfants de 1990. Le document final énumère quatre domaines prioritaires, parmi lesquels figure la protection contre la maltraitance, l?exploitation et la violence : ce domaine est assorti de cinq objectifs principaux et de plus de 47 actions et stratégies. Le Sommet a également permis de ne pas perdre de vue les enfants. Les jeunes ont fait des interventions marquantes : pour certaines, n?y seront restés insensibles que les délégués les plus autoritaires, paternalistes et enfermés dans les hiérarchies. Ceux qui ont entendu China narrer devant l?Assemblée Générale son expérience d?enfant soldat, et en tant que tel de bourreau et de victime à la fois, pourront difficilement oublier son témoignage insupportable. « Ca fait trop mal. Je ne me sens pas comme les autres ». Selon Carol Bellamy, directrice exécutive de l?UNICEF : « Pour la première fois dans l?histoire de l?ONU, on leur [les enfants] donne leur parole ». Mme Bellamy a bénéficié de la présence des enfants, qui étaient présents comme délégués, représentants d?ONG et participants au Forum des Enfants, puisqu?elle a pu reprendre ce qu?ils ont inlassablement demandé aux représentants des états, à savoir d?agir plutôt que de parler. Mais certains pays, avant la conférence, avaient des doutes sur l?opportunité de la présence des enfants, et y étaient opposés, et il ne faudrait pas que l?initiative s?arrête en si bon chemin : pour éviter ce risque, il faut que l?ONU s?occupe d?insister pour que les enfants soient à l?avenir représentés dans toutes les réunions de l?ONU ayant trait aux enfants. C?est Mme Bellamy elle-même qui a dit, dans sa dernière intervention, tard dans la nuit, cette phrase toute simple : «A présent, il est temps d?agir ». Et un jeune délégué, Andrey, a déclaré : « Nous avons 10 ou 15 ans pour voir s?ils [les pays] nous ont écoutés ». UN MONDE DIGNE DES ENFANTS Il est là ! le document de conclusion, en avant-première, document officieux et sans corrections, tel qu?approuvé vendredi 10 mai 2002 par la Session extraordinaire consacrée aux enfants. *vous trouverez la version anglaise à l?adresse suivante : www.crin.org/resources/infoDetail.asp?ID=1756, ou bien : www.unicef.org/specialsession/documentation/documents/WFFC-unedited-15may02.doc *pour la version française, allez à l?adresse suivante : www.crin.org/resources/infoDetail.asp?ID=2632, ou bien : www.unicef.org/french/specialsession/documentation/documents/WFFC-unedited-v ersion-of-15may02.doc *pour la version espagnole, allez à l?adresse suivante : www.crin.org/resources/infoDetail.asp? ID=2634, ou bien : www.unicef.org/spanish/specialsession/documentation/documents/WFFC-unedited- version-of-15may02.doc La version officielle sera affichée dès que les services de documentation de l?ONU la diffuseront. Elle sera disponible dans toutes les langues officielles de l?ONU, à savoir l?anglais, le français, l?espagnol, l?arabe, le chinois et le russe. ------------------------------------------------------ La mise à jour sur la Session Extraordinaire sera publiée pendant toute la durée de la Session par le Child Rights Information Network (CRIN). Elle sera diffusée à plus de 1.800 adresses e-mail, et plus de 1.000 exemplaires seront disponibles pour les délégués se trouvant à New York. Child Rights Information Network c/o Save the Children 17 Grove Lane London SE5 8RD Royaume Uni tél : 00 44 (0)207 716 2240 télécopie : 00 44 (0)207 793 7628 e-mail : info@crin.org Venez sur notre site : www.crin.org/specialsession
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