La mise à jour sur la Session Extraordinaire No. 4, 10 mai 2002 Hier, la Somalie a été le dernier pays du monde à signer la Convention relative aux droits de l?enfant. Le Timor Oriental a déclaré qu?après son indépendance intervenant le 20 mai, la Convention serait le premier accord international que signerait le nouveau gouvernement. LA SESSION EXTRAORDINAIRE « COMPROMISE » Après avoir fait pression pendant près de deux ans pour qu?on se concentre sur les droits dans le document Un monde digne des enfants, le Caucus sur les droits de l?enfant, qui rassemble plus de 100 organisations, s?est déclaré hier déçu des résultats. Selon un porte-parole, le groupe estime que les Etats-Unis portent une grande part de responsabilité, et il a envoyé une lettre de protestation à la délégation américaine : Lettre ouverte à Tommy Thompson, ministre de la santé américain, et à la délégation américaine à la Session extraordinaire de l?ONU consacrée aux enfants : En tant qu?organisations non-gouvernementales des Etats-Unis et du monde entier travaillant à promouvoir et à faire respecter les droits des enfants, nous sommes profondément déçus par la position adoptée par la délégation américaine dans les négociations sur le document de conclusion de la Session extraordinaire sur les points suivants : la Convention relative aux droits de l?enfant, l?information et les structures en matière sexuelle et génésique, la peine de mort. Ces positions ne tiennent en effet compte ni de la réalité quotidienne des enfants, ni des dispositifs internationaux élaborés au cours des douze dernières années sur les droits des enfants. En campant sur ces positions, les Etats-Unis compromettent la Session extraordinaire. Nous nous félicitons du soutien apporté par les Etats-Unis aux protocoles facultatifs à la Convention et de la ratification par ce même pays de la Convention 182 de l?OIT sur les pires formes du travail des enfants. Par contre, les Etats-Unis, en tentant de marginaliser la Convention relative aux droits de l?enfant dans le document de conclusion, attaquent le consensus obtenu dans le monde entier au cours des douze dernières années sur les droits humains des enfants. La Convention relative aux droits de l?enfant est la référence juridique internationale la plus complète pour les enfants ; elle est également le traité le plus rapidement et le plus largement ratifié de toute l?histoire. Elle est le point de départ logique et la clé de voûte de tout plan d?action international pour les enfants. Sans y être partie, les Etats-Unis devraient reconnaître l?importance de la Convention au plan international : elle est la référence mondiale pour les droits des enfants. La position américaine, à savoir de prêcher la chasteté et d?estimer que cela réglera tous les problèmes de la sexualité des adolescents, est aussi naïve que déplacée : les millions de jeunes filles qui se marient avant 18 ans ou qui sont contraintes d?avoir des rapports sexuels ne peuvent choisir la chasteté, et si elles ne peuvent pas s?informer ou avoir accès aux services pertinents, leur vie risque d?être en danger. Lors de conférences internationales précédentes, les pays représentés ?y compris les Etats-Unis ? avaient estimé que les adolescents avaient le droit à l?éducation, à l?information et à l?accueil dans des structures en matière sexuelle et génésique. Ce droit doit être réaffirmé aujourd?hui. Par ailleurs, nous déplorons que les Etats-Unis soient l?un des très rares pays où existe encore la peine de mort pour les mineurs. Nous nous félicitons que certains états américains mettent fin à cette pratique, comme y ont mis fin la grande majorité des pays dans le monde entier. La communauté internationale a condamné à la quasi-unanimité la peine de mort pour les délinquants mineurs. Cela devrait être reconnu dans le document de conclusion. Le document de conclusion de la Session extraordinaire consacrée aux enfants pourrait influencer grandement les politiques menées par les pays, et la vie des enfants où qu?ils se trouvent. Les Etats-Unis ont, comme les autres, la possibilité d?exprimer des réserves sur certains paragraphes du document de conclusion. Nous implorons le gouvernement américain de bien vouloir utiliser le mécanisme de réserves prévu par l?ONU, pour ne plus faire obstacle aux progrès sur le document de conclusion. Le Caucus sur les droits de l?enfant regroupe des centaines d?organisations non gouvernementales nationales et internationales qui travaillent à promouvoir et à protéger les droits des enfants. UNE MINISTRE EXPRIME SON ESPOIR ET APPELLE A LA CREATION D?UN GROUPE G7 Mme Hilde Johnson, ministre de la coopération norvégienne, a dit qu?il faudrait établir un groupe « G7 » qui réunirait les pays ayant consacré 0,7 pour cent de leur produit intérieur brut (PIB) à l?aide au développement. Il s?agit là d?un objectif fixé par les Nations Unies il y a bien longtemps, mais bien peu respecté. Cinq pays ont atteint l?objectif : le Danemark, le Luxembourg, les Pays Bas, la Norvège et la Suède. Mme Johnson a déclaré dans une conférence de presse que l?Irlande et la Belgique avaient l?intention d?arriver à ce chiffre, et que la Norvège allait augmenter l?aide au développement qui passerait ainsi à 1 pour cent de son PIB, dont 15 pour cent iraient à l?éducation. Elle a appelé à ce que les enfants soient au centre de la politique de l?aide au développement et à ce que prenne fin le « cirque des donateurs » : la Tanzanie, par exemple, doit rédiger quelque 1000 rapports pour les donateurs et son ministère des finances recevoir des centaines de délégations chaque année. Même si sa proposition de créer ce « groupe des bons » en s?inspirant du groupe G7 des pays industrialisés n?est sans doute pas tout à fait sérieuse, elle estime que la conférence de Monterrey organisée récemment a vraiment marqué un tournant en matière de financement du développement. Selon elle, la préparation de la conférence de Monterrey avait été insuffisante et on n?en attendait donc pas grand-chose. Mais l?Union Européenne comme les Etats-Unis avaient pris de nouveaux engagements lors de cette conférence : « ce n?est pas assez, mais cela marque un tournant : l?aide était en baisse constante depuis des années, depuis Monterrey c?est fini, nous assistons à un renversement de tendance. » D?ailleurs, a-t-elle ajouté, même les pays qui n?ont pas augmenté leur participation ont le sentiment de devoir faire plus. Hilary Benn, secrétaire d?état au Ministère de la coopération britannique, a estimé également que Monterrey avait obtenu des résultats. Lors d?un briefing, il a déclaré qu?il y avait désormais un large accord sur les étapes à parcourir pour améliorer la situation des enfants, en particulier depuis Monterrey, ajoutant : « La Session extraordinaire est l?une des étapes du combat contre la pauvreté dans le monde ». Selon les estimations du Programme des Nations Unies pour le Développement, il faudrait à peu près 50 milliards de dollars d?aide par an pour atteindre les principaux objectifs de l?élimination de la pauvreté dans le monde? soit deux fois plus que les engagements actuels. Un député indien, le Dr Najma Heptullah, a déclaré lors d?une réunion organisée par l?Union interparlementaire et l?UNICEF que le monde était entré en guerre pour les enfants mais que « sans moyens financiers, nos plus belles promesses resteront vides de sens » . ----------------------------------------------------------------------- La mise à jour sur la Session Extraordinaire sera publiée pendant toute la durée de la Session par le Child Rights Information Network (CRIN). Elle sera diffusée à plus de 1.800 adresses e-mail, et plus de 1.000 exemplaires seront disponibles pour les délégués se trouvant à New York. Child Rights Information Network c/o Save the Children 17 Grove Lane London SE5 8RD Royaume Uni tél : 00 44 (0)207 716 2240 télécopie : 00 44 (0)207 793 7628 e-mail : info@crin.org Venez sur notre site : www.crin.org/specialsession
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