Mise a jour sur la Session extraordinaire No. 3, 9 mai 2002 LES ETATS-UNIS DENONCENT LES PAYS RESPONSABLES D?UN PROJET DE DECLARATION « EXTREMEMENT DECEVANT » Michael Dennis, du Departement d?Etat américain, a défendu énergiquement, hier, la position de son pays dans les négociations de la Session extraordinaire, accusant les autres pays d?avoir édulcoré le projet de déclaration de la conférence, le rendant ainsi « extrêmement décevant ». Il a déclaré à une réunion de briefing d?organisations non gouvernementales américaines : « Malheureusement, beaucoup de pays veulent préserver à leurs priorités nationales avant le bien-être des enfants ». Disant que les Etats-Unis étaient à la pointe en matière de protection des enfants, il a précisé que son gouvernement avait préconisé un certain nombre de recommandations précises, comme par exemple de limiter le rôle des enfants dans les conflits armés, mais que les autres délégations avaient préféré des généralités. Il a poursuivi : « Toutes les propositions que nous avons faites ont été rejetées. Il [le projet de déclaration] représente maintenant le plus petit dénominateur. » Il a catégoriquement rejeté l?idée que le gouvernement du Président Bush avait fait marche arrière par rapport aux positions du gouvernemnent Reagan, et affirmé que c?était les autres pays qui avaient changé de position, pas les Etats-Unis. En effet, d?après lui, ces pays insistent pour n?envisager les droits de l?enfant que dans le cadre de la Convention relative aux droits de l?enfant ; cela va au détriment des enfants, puisque la Convention est faible sur certains points, per exemple le trafic, la prostitution, la vente des enfants et la pornographie. Les Etats-Unis sont à la pointe, a-t-il affirmé, puisqu?ils ont adopté des protocoles couvrant ces différents domaines, alors que les pays européens ont des lois moins strictes et préfèrent donc le libellé général de la Convention. Il a reconnu que la Convention est une référence importante pour la législation concernant les droits de l?enfant, tout en disant que les Etats-Unis ne pouvaient accepter que ce soit la référence unique. Les Etats-Unis disposent sans doute du meilleur arsenal juridique de protection des enfants du monde, a-t-il relevé. TARD DANS LA SOIREE,LES LOBBIES JOUENT CARTE SUR TABLE Hier soir, à 23 h 30 à peu près, Carol Bellamy a pris l?ascenseur pour redescendre dans le hall d?entrée du bâtiment de l?UNICEF (c?est là qu?avaient lieu depuis des heures des négociations visant à obtenir un consensus pour la conférence) et a été accueillie par deux groupes de lobby opposés : Jennifer Curran, parlant au nom de la Youth Coalition, disait : « Nous voulons que les états développent les accords existants en matière de santé et de droits sexuels et génésiques pour les jeunes et les adolescents » : elle faisait allusion aux accords conclus lors de la conférence internationale sur la population et le développement. Son organisation ? dont certains des membres passaient agréablement le temps en jouant aux cartes ? est membre de la International Sexual and Reproductive Rights Coalition, qui organisait cette veille pour exprimer sa crainte de voir la Session extraordinaire faire marche arrière par rapport aux engagements internationaux existants. A quelques mètres de là, un groupe ultra-conservateur distribuait à des délégués visiblement épuisés des prospectus selon lesquels « le programme de l?UNICEF considère que la santé génésique comprend aussi l?avortement », ou « l?éducation sexuelle dispensée par l?UNICEF encourage l?homosexualité et l?animalité ». Mme Curran, désignant le groupe adversaire, déclara : « il faut bien qu?on les ait à l?oeil, non ? » SELON UN SENATEUR, LA SOLUTION POURRAIT ETRE DANS LES RESERVES Selon M. Timothy E. Wirth, Sénateur américain qui préside la United Nations Foundation et est un vétéran des négociations de ce genre, il y aurait une solution simple permettant de surmonter les principaux sujets de désaccord de la conférence. Lors d?un briefing, hier, il a estimé qu?il restait trois questions en suspens : * le libellé concernant les droits et la Convention relative aux droits de l?enfant. Selon lui, les négociations pour la Convention n?avaient pas fait l?objet de difficultés, mais par la suite « certains » l?avaient interprétée à tort comme affirmant les droits de l?enfant aux dépens des droits, du rôle et des responsabilités des parents. * le libellé concernant les services de santé génésique. Certains l?avaient critiqué, estimant à tort que le texte risquait d?encourager l?avortement. * l?information et les structures destinées aux adolescents sur les questions sexuelles et génésiques. Certaines délégations prônent une logique de « chasteté et rien d?autre », alors que d?autres estiment qu?il est préférable d?avoir une approche plus large dont la chasteté est un élément. M. Wirth a rappelé le pragmatisme dont avait fait preuve le Saint Siège à la conférence de 1994 sur la population et le développement : la délégation étant gênée par certains mots ou paragraphes, « plutôt que de bloquer un consensus sur le texte, ce qui aurait fait échouer toute la conférence, le Saint Siège a souscrit au programme d?action, mais avec des réserves sur certains paragraphes. » C?est là, d?après lui, une voie à explorer pour les quelques pays à la Session extraordinaire qui, tout en ayant des difficultés à accepter certaines parties du texte, voulaient que la conférence aboutisse. L?expérience montre qu?en réaffirmant sans ambiguité les droits souverains de chaque pays, on peut surmonter une grande partie des désaccords, toujours selon M. Wirth ; la déclaration de la conférence est un texte vague et général, qu?il appartient à chaque état d?interpréter. INFILTRATION D?ONG Pendant la réunion d?un petit groupe de négociation tentant de se mettre d?accord sur le libellé de la déclaration, le coordonnateur du groupe, Hanns Schumacher, s?est vu poser une série de questions sur les différentes façons d?arriver à un accord. Il répondit patiemment et avec détails à toutes les questions, avant de s?enquérir auprès de son interlocutrice : quel pays représentait-elle ? C?est alors que cette personne, qui dirige une ONG , s?est rendue compte qu?elle s?était trompée de salle, et que celle où elle se trouvait était censée être réservée aux délégations officielles. Elle se confondit en excuses que M. Schumacher accepta de bonne grâce, ajoutant qu?elle avait posé des questions très pertinentes... Avant de démasquer cette espionne involontaire, M. Schumacher avait déclaré aux participants qu?il espérait pouvoir annoncer à la plénière, jeudi matin, comment les discussions pouvaient être poursuivies pour finaliser le document Un monde digne des enfants. EN BREF * Le gouvernement américain n?a accordé de visa à aucun membre de la délégation irakienne à la Session extraordinaire. Selon l?UNICEF hier, il n?y aurait pas eu d?autres refus conséquents. * « C?est la première fois dans l?histoire de l?ONU qu?on les entend [les enfants]» dixit Carol Bellamy, directrice exécutive de l?UNICEF. * « On a appris des choses, aujourd?hui » selon Tom Burke, délégué-enfant. Mais il espère que les adultes s?apercevront un jour que la « participation des enfants », ce n?est pas qu?un outil. * Le Secrétaire-Général de l?ONU, Kofi Annan, dans son allocution d?ouverture, s?est adressé directement aux enfants du monde entier, leur disant : « Vous avez le droit de vivre en sécurité, à l?abri de la guerre, de la maltraitance et de l?exploitation. Ces droits vont-ils de soi ? oui, et pourtant nous, adultes, n?avons pas réussi à protéger la plupart d?entre eux ». * « Nous avons 10 à 15 ans pour voir s?ils nous ont écoutés », a répondu la déléguée-enfant Audrey Cheynut, quand on lui demandait si elle pensait que les états honoreraient leurs promesses pour les enfants. * « Appelez-nous l?avenir, nous sommes aussi le présent », déclaration du Forum des enfants, Un monde digne de nous. * « Nous n?avons eu que trois minutes pour présenter notre point de vue à l?Assemblée Générale » : Alex Rosu, participant du Forum des enfants, lorsqu?on lui demanda s?il avait des critiques à faire sur l?organisation de la participation des enfants. * « Il faut que nous fassions bouger le monde, au sens propre du terme », a déclaré Tommy Thompson, le.ministre américain de la santé. Il faisait allusion à la décision par l?Organisation Mondiale de la Santé d?inscrire comme priorité de son action l?activité physique et la forme. Il a reconnu que le problème se posait de façon particulièrement aigüe aux Etats-Unis, où le nombre d?enfants gros a triplé au cours des vingt dernières années. * Lorsqu?on lui demanda ce qu?elle pensait d?une rumeur selon laquelle Washington insistait auprès de l?UNICEF pour que soient réduites les références à la Convention relative aux droits de l?enfant dans tous ces documents, Jo Becker, du Caucus sur les droits de l?enfant, a eu l?air surpris et a déclaré qu?elle n?en avait pas du tout entendu parler, avant d?ajouter : « ce serait consternant ». -------------------------------------------------------------------------- La mise à jour sur la Session Extraordinaire sera publiée pendant toute la durée de la Session par le Child Rights Information Network (CRIN). Elle sera diffusée à plus de 1.800 adresses e-mail, et plus de 1.000 exemplaires seront disponibles pour les délégués se trouvant à New York. Child Rights Information Network c/o Save the Children 17 Grove Lane London SE5 8RD Royaume Uni tél : 00 44 (0) 207 716 2240 télécopie : 99 44 (0) 207 793 7628 e-mail : info@crin.org Venez sur notre site : www.crin.org/specialsession
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