Mise à jour sur la Session Extraordinaire, No 2



Mise à jour sur la Session Extraordinaire, No 2, 8 mai 2002

LES ETATS-UNIS MENACENT DE QUITTER LA CONFERENCE

Les Etats-Unis ont beaucoup attiré l?attention hier, à la veille du Sommet 
consacré aux enfants, en menaçant de claquer la porte des négociations 
informelles, et en se faisant par ailleurs qualifier par un des principaux 
groupes d?ONG de « négatifs et d?obstructionnistes ».

C?est en lisant le texte de compromis de Madame l?Ambassadrice Durrant, qui 
avait fait l?objet d?intenses discussions au sein de deux groupes de 
travail restreints pendant toute la journée, que les Etats-Unis ont lancé 
cet avertissement. L?un des négociateurs américains, se déclarant mécontent 
du texte, aurait annoncé que sa délégation ne pouvait travailler sur cette 
base et pourrait s?absenter de la table des négociations.

Un collègue d?un pays ami a déclaré à cette publication qu?il s?agissait là 
sans doute d?une réaction un peu vive qu?il ne fallait pas prendre trop au 
sérieux.
Mais ces propos n?ont fait que renforcer les rumeurs allant déjà bon train 
dans les couloirs : que ferait la conférence au cas où les négociations 
n?aboutiraient pas [voir mise à jour numéro 1] ? Un scénario envisagé 
serait que la déclaration de la conférence, Un monde digne des enfants 
(qu?on désigne actuellement sous le nom de projet de document de 
conclusion), pourrait mentionner une dérogation  (« opt-out) pour les 
Etats-Unis sur la Convention relative aux droits de l?enfant.
Lors d?une conférence de presse au moment du déjeuner, les Etats-Unis ont 
été vivement attaqués par le Caucus des droits de l?enfant, qui regroupe 
plus de 100 ONG de tous les pays. Sa porte-parole, Jo Becker, a déclaré que 
son groupe était déçu par « le rôle négatif et obstructionniste » joué par 
Washington sur les droits génésiques et la Convention sur les droits de 
l?enfant.
Elle a estimé qu?on essayait de marginaliser la Convention dans les 
négociations, essentiellement sous la pression des Américains, et que 
Washington tentait aussi de revenir sur des accords déjà conclus prévoyant 
de fournir aux adolescents informations et structures sur les questions 
sexuelles et génésiques. « Je crois savoir que le gouvernement Bush a 
déclaré qu?il n?acceptait pas le libellé de conférences précédentes de 
l?ONU, comme celle de Pékin sur les femmes. »
Les pays arabes ont soutenu les Etats-Unis, et le groupe SDC (certains pays 
en développement), avec le Soudan à sa tête, partage certaines positions 
américaines.*
Youssef Hajjar, du mouvement Arab Ressource Collective relevait également 
que l?Eglise catholique exerce « une pression considérable » sur 
l?Argentine et d?autres pays d?Amérique du Sud pour qu?ils renouent avec 
les positions plus rigides du passé. Beaucoup de groupes catholiques et 
anti-avortement des pays dits développés essayaient également de bloquer 
une approche donnant la priorité aux droits pour les questions des enfants.
Bene Madanagu, de l?Initiative Girls Power, s?est jointe à la critique lors 
de la conférence de presse. Elle a explosé :« C?est consternant d?entendre 
les Etats-Unis se faire les défenseurs d?une idéologie rétrograde et 
conservatrice, qui entretient à dessein l?ignorance et la confusion dans 
les esprits, en prétendant que la chasteté pourrait permettre d?endiguer le 
VIH et le SIDA. Ce virus fait des ravages chez les jeunes des pays en 
développement, et l?on pourrait ainsi arriver à une situation où les jeunes 
ne sont pas informés sur la santé, la sexualité, voire même les règles. » 
Le résultat, ce serait plus de gens en mauvaise santé, et plus de morts.
Elle a également accusé les Etats-Unis de faire pression sur les états 
ayant ratifié la Convention pour qu?ils ne l?appliquent pas.
* Le groupe SDC s?est révélé une force bien organisée lors de la troisième 
réunion préparatoire en juin. Hier, un délégué occidental au moins, en 
privé, le critiquait, déclarant qu?il s?était montré intransigeant lors des 
négociations. Il se pourrait que le groupe prenne cela comme un compliment...


LES « PROCHES » DANS LES NEGOCIATIONS

Les membres du groupe des « proches » (like-minded), dont sont membres 
l?Australie, le Canada, la Nouvelle Zélande, la Norvège et la Corée du Sud, 
ont adopté une position plus active dans cette série de négociations. Ils 
se sont notamment prononcés nettement en faveur de la Convention et des 
questions de santé sexuelle et génésique. Ils font ainsi partie du « bloc » 
de négociation comprenant également l?Union Européenne, le Groupe de Rio et 
le SDC.


DES ENFANTS SOLDATS TEMOIGNENT POUR LA COUR PENALE INTERNATIONALE

Le représentant spécial du Secrétaire Général pour les enfants et les 
conflits armés, Olara Otunnu, a déclaré hier qu?une fois établie la Cour 
pénale internationale, il ferait tout pour que les responsables de 
l?enrôlement d?enfants soient parmi les premiers inculpés.

Il a fait cette déclaration pendant la deuxième réunion sur les enfant 
soldats. A celle-ci comme à la précédente on a pu entendre les témoignages 
brefs mais bouleversants d?enfants victimes de la guerre, dont deux enfants 
qui avaient été soldats.

« Je ne souhaite à personne de vivre ce que j?ai vécu, pas même à mon pire 
ennemi. Ca fait trop mal. Je ne me sens pas comme les autres ». : China, 
forcée de prendre les armes à l?âge de neuf ans.

Ishmael s?est engagé à l?âge de 14 ans, « pour venger mes parents. Mais 
j?ai tué les parents d?autres enfants. C?est un cercle vicieux de 
vengeances successives ».

Précédemment, lors d?une réunion du Conseil de Sécurité sur les enfants 
dans les conflits, Elisa, 17 ans, a transmis aux diplomates et aux 
ministres un message du Forum des Enfants : « La  guerre et la politique 
ont toujours été des jeux d?adulte, mais les perdants, ça a toujours été 
les enfants. »

Et elle a lancé « j?espère que vous vous en souviendrez ».

C?était la deuxième fois qu?un enfant s?exprimait devant le Conseil de 
Sécurité.

Lors d?une autre session sur ce problème, organisée lundi par le US Council 
on Foreign Relations, il a été expliqué qu?avec les instruments juridiques 
internationaux existants, la communauté internationale pouvait vraiment 
entreprendre quelque chose contre ceux qui utilisent des enfants comme 
soldats : on a cité un protocole à la Convention relative aux droits de 
l?enfant, trois résolutions du Conseil de Sécurité sur les enfants et les 
conflits armés, et la Convention proprement dite. Mais c?est la Cour pénale 
internationale qui fournirait l?instrument juridique le plus efficace.

Une fois la Cour lancée, en juillet, la priorité serait de « lancer la cour 
internationale qu?est l?opinion publique », a déclaré M. Otunnu.


LE CAUCUS DES DROITS DES ENFANTS NE REND PAS LES ARMES

Hier, le Caucus sur les droits de l?enfant, le plus vaste lobby d?ONG à la 
Session extraordinaire, a décidé de poursuivre son travail après le Sommet. 
Pendant la réunion, les participants ont estimé que le Caucus avait bien su 
représenter la richesse de l?expérience des ONG aux négociations de la 
Session extraordinaire, et que la dynamique ainsi créée pourrait être utile 
aux droits des enfants dans d?autres actions.

Ce caucus comprend plus de 100 organisations nationales et internationales 
du monde entier, qui travaillent à promouvoir et à protéger les droits des 
enfants. Il compte parmi ses membres des organisations de défense des 
droits de l?homme, des ONG de développement et des groupes travaillant sur 
des problèmes spécifiques : éducation, santé des enfants et des 
adolescents, travail des enfants, conflits armés.

Il tiendra une dernière réunion jeudi de 17 à 18 heures pour décider s?il 
est opportun de publier ou non un communiqué de presse à la fin de la 
Conférence.


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La mise à jour sur la Session Extraordinaire sera publiée pendant toute la 
durée de la Session par le Child Rights Information Network (CRIN). Elle 
sera diffusée à plus de 1.800 adresses e-mail, et plus de 1.000 exemplaires 
seront disponibles pour les délégués se trouvant à New York. Pour vous 
abonner à ce service e-mail, qui continuera pendant toute la durée de la 
Session extraordinaire consacrée aux enfants, veuillez envoyer un message à 
crin_specialsession-subscribe@domeus.co.uk Les archives sont disponibles 
sur www.crin.org/email/index.asp. Ce service est disponible en anglais, en 
français et en espagnol.

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