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[headlines] Libye : Vague d'assassinats politiques

2013-08-14 10:58:30

(Beyrouth) 12 août 2013 – Au moins 51 personnes ont été tuées dans les villes de Benghazi et de Derna, au cours de ce qui semble être une vague d'assassinats politiques qui va en s'amplifiant dans l'est de la Libye, une région explosive. Selon les éléments qu'a pu établir l'organisation internationale, les autorités n'ont entamé aucunes poursuites suite à ces crimes, et n'ont pas de suspects en garde à vue.

Avec le meurtre d'Abdulasalam Elmessmary le 26 juillet 2013, c'est la première fois qu'un activiste politique est assassiné depuis que Mouammar Kadhafi a été chassé du pouvoir. Ce meurtre semble annoncer un nouveau tournant dans les violences, avec des conséquences potentiellement graves pour la stabilité de la Libye. Parmi les autres victimes figurent deux juges, et au moins 44 membres en activité des forces de sécurité, dont la plupart avaient occupé des fonctions au sein du gouvernement de Kadhafi. Au moins six d'entre eux étaient des cadres haut-gradés du régime de ce dernier.

« Ce qui a commencé comme des assassinats de membres de la police, de l'appareil de sécurité intérieure et du renseignement militaire, s'est vu aggravé encore davantage avec le meurtre de juges et d'un activiste politique, » a déclaré Joe Stork, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord. « Le fait que personne n'ait pu en être tenu responsable met en lumière l'échec du gouvernement à construire un système judiciaire efficace. »

En se fondant sur les affaires documentées par Human Rights Watch, les assassinats politiques à Benghazi et à Derna ont atteint un pic dans la deuxième moitié de l'année 2012, puis de nouveau en janvier et juillet 2013. Si des meurtres ont été signalés dans d'autres parties du pays, ils ont principalement été concentrés dans l'est.

Human Rights Watch a interviewé des parents proches, des amis et des témoins pour huit des victimes. Ces proches ont raconté à Human Rights Watch que, selon ce qu'ils étaient en mesure d'affirmer, les représentants de la loi libyens n'ont pas mené d'enquêtes approfondies. Selon eux, les agents des forces de l'ordre n'ont ni enquêté sur les lieux des crimes, ni convoqué de potentiels témoins, ni fourni d'informations aux familles au sujet des enquêtes.

Des agents des forces de l'ordre ont admis auprès deHuman Rights Watch n'avoir pu conclure aucune enquête, bien qu'ils aient tenté de faire la lumière sur ces assassinats. Ils ont affirmé manquer de moyens d'un niveau technique suffisant pour enquêter, et être confrontés à de nombreux obstacles en raison de la situation sécuritaire actuelle. Ils ont dit aussi manquer de ressources pour convoquer les témoins sans recourir à la force.

Aucune personne ni organisation n'a revendiqué la responsabilité de ces assassinats. La seule personne qui ait été arrêtée s'est évadée.

Le 23 juillet, le Ministre de l'Intérieur Mohammad Khalifa al-Sheikh a déclaré lors d'une conférence de presse que « des gens avec un passé criminel » étaient responsables de ces homicides. Il a affirmé que l'identité de certains d'entre eux était connue, mais ne pouvait être dévoilée parce qu'il s'agissait d'informations confidentielles, et que le gouvernement menait l'enquête et rassemblait des informations.

Le Ministre de la Justice Salah al-Marghani a déclaré le 28 juillet que le gouvernement était déterminé à traduire devant la justice « les personnes responsables des assassinats » commis à Benghazi et à Derna. Il a affirmé que le gouvernement allait envisager d'accepter le soutien d'une équipe internationale d'experts médico-légaux.

« Une infinité de groupes armés et de criminels aux objectifs divers profitent d'un système de maintien de l'ordre faible et dysfonctionnel, grâce auquel ils peuvent aller jusqu'à tuer des policiers et des juges en toute impunité, » a déclaré Joe Stork. « Si le gouvernement ne prend pas des mesures urgentes pour mettre en œuvre ses promesses, et faire du développement de ses unités policières et d'enquête criminelle une priorité, il y a un risque réel de voir bientôt encore plus de violence. »

Communiqué de presse - Human Rights Watch

 

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