| 2012-06-11 14:31:41
Communiqué de presse 11 juin 2012
GENÈVE (Nouvelles de l’OIT) – Il existe toujours un grand décalage entre la ratification des conventions sur le travail des enfants et les initiatives prises par les pays pour traiter le problème, constate l’Organisation internationale du Travail (OIT) dans un rapport qui marque le 10e anniversaire de la Journée mondiale contre le travail des enfants.
«Il n'y a de place pour aucune complaisance quand il y a encore 215 millions d’enfants qui doivent travailler pour survivre et que la moitié d’entre eux est exposée aux pires formes de travail des enfants, y compris l’esclavage et l’implication dans des conflits armés. Nous ne pouvons admettre que l’éradication du travail des enfants recule parmi les priorités de l’agenda du développement – tous les pays devraient s’efforcer d’atteindre cet objectif, à titre individuel et collectif», a déclaré le Directeur général de l’OIT, Juan Somavia.
De nouvelles statistiques publiées le 1er juin ont montré qu’environ 5 millions d’enfants sont victimes du travail forcé, notamment d’exploitation sexuelle à des fins commerciales ou de servitude pour dettes, et ce chiffre est sans doute sous-estimé .
Les conventions de l’OIT sur le travail des enfants n° 138 concernant l’âge minimum d’admission à l’emploi et n° 182 sur les pires formes de travail des enfants figurent parmi les conventions de l’OIT les plus largement ratifiées. Sur les 185 Etats Membres de l’OIT, 88 pour cent ont ratifié la première et 95,1 pour cent la seconde. L’objectif est de parvenir à la ratification universelle en 2015.
Cependant, selon un nouveau rapport intitulé Combattre le travail des enfants: traduire l’engagement en action, les progrès dans la réduction du travail des enfants ont souvent été mis à mal par l’incapacité à traduire les engagements dans la pratique.
Le plus grand décalage entre l’engagement et l’action s’observe dans l’économie informelle où se produit la majorité des violations des droits fondamentaux au travail, selon le rapport. Les enfants des zones rurales et agricoles, ainsi que les enfants des travailleurs migrants ou des populations autochtones, sont les plus menacés d’être enrôlés dans le travail des enfants.
Le BIT indique aussi qu’assez peu de plaintes contre le travail des enfants atteignent les tribunaux nationaux. Les sanctions à l’encontre de ces violations sont souvent trop faibles pour être véritablement dissuasives pour l’exploitation des enfants. Ce qui signifie que les juridictions nationales et les institutions chargées du maintien de l’ordre doivent être renforcées, ainsi que les programmes de protection des victimes.
Alors qu’il demeure bien des choses à faire, le document du BIT reconnaît les progrès importants accomplis dans certains pays pour améliorer le droit et la pratique, et notamment:
- La liste des pays ayant établi des plans nationaux de lutte contre le travail des enfants s’allonge. - De nombreuses nouvelles interdictions législatives visent à identifier et prévenir les travaux qui représentent un danger pour les enfants. - Plus de législations adoptées contre la prostitution et la pornographie infantiles. - Une hausse sensible de la coopération internationale et de l’assistance mutuelle entre les Etats Membres, en particulier pour ce qui concerne les problèmes de traite.
«Nous devrions aussi nous appuyer sur les politiques et les programmes nationaux qui sont déjà en place et nous en inspirer pour garantir une action efficace contre le travail des enfants dans toutes les régions du monde», a déclaré le Directeur général de l’OIT. Il a ajouté: «Travail décent pour les parents, éducation pour les enfants, autant d’éléments indispensables aux stratégies pour l’élimination du travail des enfants. Redoublons d’efforts et avançons conformément à la Feuille de route adoptée à La Haye en 2010 en vue de l’élimination des pires formes de travail des enfants d’ici à 2016.»
Les conventions de l’OIT cherchent à protéger les enfants contre le travail des enfants. Avec d’autres instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme, des enfants et des travailleurs, elles fournissent un cadre essentiel pour les législations, les politiques et les actions de lutte contre le travail des enfants.
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