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Guides d'apprentissage Les droits des minorités ethniques et raciales Introduction
Un des piliers fondamentaux des droits de l'homme est le principe que tous les hommes naissent libres et égaux, avec les mêmes droits et la même dignité. La discrimination et la persécution pour raison de race ou d'ethnicité constituent une violation de ce principe. La discrimination raciale peut prendre plusieurs formes, de la plus brutale et institutionnelle - le génocide et l'apartheid, jusqu'aux formes plus nuancées où certains groupes raciaux et ethniques ne jouissent pas des mêmes droits civils, politiques, économiques, sociaux, et culturels que le reste de la population. La discrimination raciale et ethnique continue à poser un problème important dans le monde, affectant des groupes minoritaires et parfois des groupes majoritaires. Pour longtemps l'attention internationale se concentrait sur l'apartheid en Afrique du Sud, mais l'apartheid a cessé d'exister depuis 1994. Pourtant, la lutte pour l'abolition de la haine ethnique et raciale continue, la décennie des 1990s témoignant des conflits ethniques qui peuvent facilement être classifiés parmi les pires de l'histoire humaine, notamment aux Balkans et dans la région africaine des Grands Lacs. Une race est définie comme un groupe « partageant des ancêtres communs, des caractéristiques physiques qui les distinguent d'autres groupes comme la couleur des yeux, la couleur ou le type des cheveux, la couleur de la peau, la stature, etc » (traduit du Dictionnaire Anglais Collins). L'adjectif « ethnique » est défini comme « relatif ou caractéristique d'un groupe ayant en commun des traits raciaux, linguistiques, religieux, et certains autres traits » (traduit du Dictionnaire Anglais Collins). Au contexte du droit international, le terme « race » est souvent utilisé dans un sens plus vaste et il est souvent confondu avec d'autres distinctions de groupes à base de religion, de langue, d'ethnicité, de culture, et de caractéristiques sociaux. De plus, le terme « race » est souvent utilisé au contexte des droits des hommes pour désigner des groupements non-biologiques, tels les systèmes de caste en Inde et au Japon. La Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale (article 1) ne définit pas la « race », mais définit la discrimination raciale comme « toute distinction, exclusion, restriction ou préférence fondée sur la race, la couleur, l'ascendance ou l'origine nationale ou ethnique, qui a pour but ou pour effet de détruire ou de compromettre la reconnaissance, la jouissance ou l'exercice, dans des conditions d'égalité, des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans les domaines politique, économique, social et culturel ou dans tout autre domaine de la vie publique ». Selon cette définition, l'ethnicité est explicitement comprise dans le terme « race ». La majorité des traités relatifs aux droits de l'homme parlent de « race », omettant la terminologie propre à l'ethnicité.
Les droits des minorités ethniques et raciales protégés par le droit international sont les suivants : Le droit à la protection contre la haine, la discrimination et la violence raciale : Le droit international humanitaire exige qu'un état ne commette pas des actes de discrimination raciale et demande que les états prennent des mesures pour empêcher de tels actes de la part de ses résidents, ses organisations, et ses institutions publiques. Les mesures requises peuvent prendre plusieurs formes selon le traité, mais elles peuvent comprendre les mesures suivantes: l'obligation de réviser les lois et les pratiques pour assurer qu'elles ne sont pas discriminatoires, l'obligation d'abolir l'apartheid et la ségrégation raciale, l'obligation d'illégaliser la propagande raciale, et l'obligation de défendre aux organisations de promouvoir la discrimination et la haine raciale. Le droit à la même protection pour tous sans égard à l'origine ethnique ou raciale : Les minorités ethniques et raciales ont les mêmes droits que la majorité ou les majorités, et la loi doit être appliquée de la même manière envers les minorités qu'envers la majorité en ce qui concerne les droits civils, économiques, politiques, sociaux et culturels. La plupart des traités des droits de l'homme (même ceux qui n'adressent pas spécifiquement la question de race ou d'ethnicité) contiennent des provisions non-discriminatoires exigeant les états d'appliquer les principes des droits de l'homme à base égalitaire envers toutes les personnes sans égard à l'origine ethnique, raciale, sociale, etc. Le traitement inéquitable par le système pénal a toujours été un problème dans les pays pratiquant le « racial profiling » (appréhension et fouille pour raison de race) ou le traitement inéquitable pendant l'arrêt, la poursuite, et la condamnation des délinquants. La discrimination dans les domaines de logement, d'emploi, d'éducation, et de services médicaux, constitue toujours un problème dans certains pays. Le droit des minorités ethniques et raciales de jouir de leur propre culture, pratiquer leur propre religion, et parler leur propre langue : Ce droit est affirmé par plusieurs traités internationaux. Ce droit implique la reconnaissance de la liberté des groupes minoritaires de suivre leur héritage culturel. Ils surgissent parfois des conflits entre les pratiques et les valeurs culturelles, linguistiques, et religieuses des minorités et ceux de la majorité d'un état donné. Ces états répondent à la situation en requérant un certain niveau de connaissance sur la culture et la langue majoritaires. Le droit de profiter de mesures positives prises par l'état pour promouvoir l'harmonie raciale et les droits des minorités raciales : Les gouvernements sont obligés de prendre des mesures spéciales pour assurer le développement et la protection adéquats de tous les groupes raciaux. Cela comprend, entre autres, l' « affirmative action » (des mesures d'embauche antidiscriminatoires). Les états sont aussi obligés de promouvoir l'entente interraciale par le système éducationnel. Le droit de demander l'asile pour crainte de persécution en raison de race, religion, nationalité, appartenance à un groupe social ou opinion politique. Cette provision du droit international appliqués aux réfugiés permet à une personne de demander l'asile dans un autre pays si son pays d'origine ne peut pas le protéger de persécution pour, entre autres, raison de race. Ceci est un des cas rares où l'incapacité d'un état de respecter un droit humain crée le droit de ses citoyens de demander la protection d'un autre état. En plus, un état doit appliquer les provisions du droit international appliqué aux réfugiés d'une manière non-discriminatoire en ce qui concerne la race. Le droit au recours : un gouvernement doit assurer
la provision d'une protection efficace et d'un recours par des tribunaux
nationaux compétents et par d'autres institutions juridiques.
Une personne a aussi le droit de demander des mesures justes et adéquates
de réparation pour les dommages. Cette provision est applicable
à des cas individuels, mais elle peut donner lieu à des
controverses quant il s'agit de groupes ou de communautés entières
demandant des réparations. La question de rémédiation
a été le point de friction principal à la Conférence
mondiale contre le racisme de 2001, avec certains pays insistant sur
un droit à des réparations, financières et autres,
et certains pays occidentaux (les pouvoirs coloniaux d'autrefois et
les Etats-Unis) résistant toute obligation à remédier
aux abus du passé.
Instruments régionaux et internationaux de protection et de promotion Les instruments juridiques internationaux peuvent prendre la forme d'un traité (également appelé accord, convention, pacte ou protocole), qui lient les États contractants. Une fois les négociations terminées, le texte du traité est définitif et authentique et est « signé » par les représentants des États. Un État accepte d'être lié par un traité de différentes manières dont la forme la plus courante est la ratification ou l'adhésion. Un nouveau traité est alors ratifié par les États qui ont négocié l'instrument ; un État qui n'a pas participé aux négociations peut, à un stade ultérieur, adhérer au traité. Le traité entre en vigueur quand un nombre prédéfini d'États l'ont ratifié ou y ont adhéré. Quand un État ratifie ou adhère à un traité, il peut faire des réserves à une ou plusieurs des dispositions du traité, à moins que le traité n'interdise ces pratiques. Les réserves peuvent, en principe, être retirées à tout moment. Dans certains pays, les traités internationaux prévalent sur le droit national. Dans d'autres, une loi spécifique est requise pour donner à un traité international, même s'il a été ratifié, force de loi nationale. Presque tous les États qui ont ratifié ou adhéré à un traité international doivent passer des décrets, amender les lois existantes ou introduire une nouvelle législation dans le but de rendre le traité pleinement effectif sur le territoire national. Les traités ayant force obligatoire peuvent être utilisés pour forcer les gouvernements à respecter les clauses du traité concernant les droits des minorités ethniques et raciales. Les instruments à caractère facultatif, comme les déclarations et les résolutions, peuvent être utilisés pour embarrasser les gouvernements avec une exposition publique négative et les inciter, pour ceux qui se préoccupent de leur image internationale, à adapter leurs politiques. Les instruments internationaux et régionaux suivants déterminent les normes pour la protection des minorités ethniques et raciales : Déclaration
universelle des droits de l'homme (1948) (article 2, 7) Convention
relative au statut des réfugiés (1951) (article 1,
3) Déclaration
des Nations Unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination
raciale (1963) Convention
internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination
raciale (1965) Cette convention est surveillée par le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale (CERD) compris de 18 experts. Les pays signataires doivent soumettre des comptes rendus périodiques sur l'implémentation de la convention. Les gouvernements doivent soumettre des comptes rendus même s'ils ne discernent aucun problème concernant la discrimination raciale dans leur pays. Ils sont aussi obligés de donner vigueur à la convention en prenant des mesures préventives et éducationnelles, même s'ils croient que la discrimination raciale n'existe pas dans leur pays. Le comité peut recevoir des communications de la part d'individus et de groupes déclarant des violations des droits stipulés par la Convention. Pacte
international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels
(1966) (article 2) Pacte
international relatif aux droits civils et politiques (1966) (article
2, 20, 26, 27) Le
Statut de Rome de la Cour pénale de justice (1998) (article
6, 7j) Les traités de l'ONU relatifs à certaines catégories de personnes peuvent aussi être utilisés pour la protection des droits raciaux et ethniques : Convention
sur l'élimination de toutes formes de discrimination à
l'égard des femmes (1979) Convention
relative aux droits de l'enfant (1989) (article 30) De nombreux traités et déclarations de l'ONU ont pour but le combat de la discrimination contre des groupes raciaux, religieux, sociaux, ethniques, etc. Il y a, par exemple, la Convention Internationale sur l'Elimination et la Répression du Crime d'Apartheid (1973), Convention internationale contre l'apartheid dans les sports (1985). L'UNESCO a adopté la Convention concernant la lutte contre la discrimination dans le domaine de l'enseignement (1960), qui protège les droits de groupes minoritaires à l'éducation, la Déclaration sur la race et les préjugés raciaux (1978) et la Déclaration sur les principes fondamentaux concernant la contribution des organes d'information au renforcement de la paix et de la compréhension internationale, à la promotion des droits de l'homme et à la lutte contre le racisme, l'apartheid et l'incitation à la guerre (1978). L'ONU a pris quelques mesures depuis son début pour combattre la discrimination raciale. Apart les déclarations et les conventions, l'ONU cherche à mobiliser l'opinion et la conscience publiques. L'année 1971 a été désignée comme Année internationale de l'ONU pour l'action du combat du racisme et de la discrimination raciale. Cette année a été suivie par deux décennies consécutives désignées comme Décennies pour l'action pour le combat du racisme et de la discrimination raciale. Des conférences mondiales vouées au combat contre le racisme ont été tenues par l'ONU en 1978, 1983, et en 2001. Conférence
mondiale contre le racisme
UNION AFRICAINE (AUTREFOIS « L'ORGANISATION DE L'UNITÉ AFRICAINE », OUA) Charte
africaine des droits de l'homme et des peuples (1981) (article 18) Charte
africaine sur les droits et le bien-être de l'enfant (1990)
(article 26) Convention
de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales
(1949) (article 14) Protocole
no. 12 à la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et
des Libertés fondamentales (2000) (article 1, 2) Convention-cadre
pour la protection des minorités nationales (1995)
Charte
des droits fondamentaux de l'Union européenne (2000) (article
21)
Agences d'assistance et de service Les pays ayant ratifié les traités des droits de l'homme régionaux et internationaux doivent satisfaire leurs obligations sous ces conventions en implémentant ces provisions entièrement à niveau national. Les pays doivent adopter la législation nécessaire et fournir des remèdes juridiques indiquant la nature légale des droits économiques, sociaux, et culturels. La Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, sous l'article 6, exige que les pays signataires assurent la provision de réparation par des tribunaux nationaux compétents: « Les Etats parties assureront à toute personne soumise à leur juridiction une protection et une voie de recours effectives, devant les tribunaux nationaux et autres organismes d'Etat compétents, contre tous actes de discrimination raciale qui, contrairement à la présente Convention, violeraient ses droits individuels et ses libertés fondamentales, ainsi que le droit de demander à ces tribunaux satisfaction ou réparation juste et adéquate pour tout dommage dont elle pourrait être victime par suite d'une telle discrimination ». Les pays signataires de la convention peuvent déclarer qu'un organisme national a été établi pour recevoir des pétitions de la part d'individus ou de groupes. En ces cas, les demandeurs peuvent porter plainte en s'adressant au Comité pour l'élimination de la discrimination raciale (CERD) si leur problème n'a pas été résolu au niveau national. L'effet des traités et des initiatives désignés
pour combattre la discrimination raciale a mené à quelques
résultats positifs dans plusieurs pays. Ces résultats
sont: Les domaines où les états pourraient faire plus sont : Les problèmes d'implémentation dans des
pays individuels sont bien documentés par les comptes rendus
du Comité
pour l'élimination de la discrimination raciale ainsi que
par des soumissions au Comité effectuées par les ONGs.
Matériel pour l'éducation, la formation et le plaidoyer Pour les défenseurs Droits
des minorités : Un guide des procédures et des institutions
des Nations Unies (Gudmundur Alfredsson et Erika Ferrer). Convention
internationale sur lélimination de toutes les formes
de discrimination raciale: Guide à lusage des ONGs
(Minority Rights Group International) Guide
de l'ONU pour minorités (Haut Commissariat des Nations
Unies aux droits de l'homme) Le
dispositif international de défense des droits humains. Une
arme au service de la lutte contre les discriminations raciales :
Guide pratique (Amnesty International) Pour les enseignants Tous
différents - Tous égaux: Kit pédagogique
(Conseil de l'Europe) Discrimination,
droits de l'homme et vous : manuel du professeur (Centre de recherches
de libertés civiles de Alberta) Activités
éducatives : faire découvrir le thème de la discrimination
aux jeunes (Amnesty International) Voisins
: Étude pour respecter un autre (Jana Ondrácková)
Cours et formations sur les droits des minorités Journée Internationale contre le Racisme (le 21 mars) Organisations militant pour les droits des minorités ethniques et raciales
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