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Guides d'apprentissage Le droit à la famille Introduction
La famille est l'élément naturel et fondamental de la société ; à ce titre, l'Etat doit en assurer la protection. Le droit international de droits de l'homme garantie le droit positif de chaque personne à se marier et à fonder une famille. Il assure également le principe d'égalité au sein du mariage, ainsi que celui d'un mariage librement consenti et tente de prévenir tout atteinte à ces principes. Reconnaissant implicitement les multiples formes d'organisation sociale dans le monde, il n'impose pas un type de famille ou de mariage « acceptable ». La famille est vulnérable aux pressions sociales,
économiques ou politiques. Le droit international de droits de
l'homme cherche à soutenir la famille en précisant les
obligations qui incombent aux Etats : maintenir les familles réunies
et les rassembler en cas de séparation forcée, par exemple
dans le cas de réfugiés. Afin de permettre le bon développement
des relations mère-enfant, des droits relatifs à la maternité
sont également prévus. Enfin, il prévoit des standards
de prise en charge pour les enfants isolés qui ont besoin d'une
intervention étatique et de la fourniture de soins ou d'adoption.
(a) Le droit de se marier et de fonder une famille La famille est reconnue comme l'élément le plus naturel et fondamental de la société; ainsi le droit de se marier et de fonder une famille est-il protégé par le droit international de droits de l'homme. Mais aucune forme spécifique de mariage n'est imposée et le monde d'aujourd'hui connaît de nombreuses formes de familles et de mariages. Récemment la question de l'application de ces droits aux couples du même sexe s'est posée. Bien que les droits de l'homme ne font pas de références explicites à cette situation, certaines de ses dispositions relatives au droit au mariage et à la vie de famille, ainsi qu'au droit à un traitement égal et à la non-discrimination etc. peuvent être interprétées comme accordant le bénéfice de ces dispositions aux homosexuels. (b) L'égalité de droits pour l'homme et la femme au sein de la famille Le droit international de droits de l'homme affirme l'égalité de droits et responsabilités des hommes et des femmes au moment du mariage, pendant son déroulement et à sa dissolution. Pourtant beaucoup de pays continuent à refuser aux femmes un statut égal à celui des hommes en terme de mariage et de vie de famille. Les lois et les pratiques qui gouvernent le statut des femmes dans la famille réduisent souvent leur rôle et leur capacité légale. Le statut des femmes est souvent déterminé par leur lien avec les membres masculins de la famille et peut affecter leurs droits, par exemple celui d'hériter le patrimoine familial. Dans certains pays les droits des femmes dans divers domaines comme la nationalité ou la citoyenneté sont réduits ou reniés par la loi en se mariant (c) Le droit de donner un consentement éclairé et libre au mariage Les traités sur les droits de l'homme posent comme condition à la validité d'un mariage le consentement libre de chacun des futurs époux. Les mariages forcés pour des raisons aussi bien économiques que culturelles sont toujours pratiqués dans de nombreux pays du monde. L'un des problèmes majeur reste les mariages forcés de filles de moins de 18 ans. Le mariage d'un enfant est une violation de divers droits de l'homme. Des études ont montré les risques sanitaires et la violence domestique liés aux mariages arrangés. Beaucoup de campagnes ont été mises en oeuvre afin de combattre ce type de mariage. Un traité de 1965 demande également aux Etats de fixer un âge légal minimum au mariage, sans toutefois imposer cet âge minimum. La convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant qui définit un enfant comme toute personne de moins de 18 ans, permet également aux Etats de définir leur propre limite d'âge pour diverses questions de droit national. (d) Le droit à la planification des naissances Ce droit pour chaque personne de choisir le nombre et le rythme des naissances est reconnu par les principales conventions des Nations-Unies sur la population et le développement, comme celle de Téhéran en 1968 et du Caire en 94. Toutefois ce droit n'a pas été reconnu dans un traité ayant force juridique et la question de la maîtrise des naissantes demeure controversée pour diverses raisons : peur de programmes de maîtrise des naissances coercitifs, l'idée que la maîtrise des naissances favorise la promiscuité; les débats relatifs à l'avortement et le statut de l'enfant à naître. (e) Le droit des enfants aux soins parentaux Les droits des enfants au soin parental est spécialement protégé
par les conventions sur les droits de l'enfant et imposent aux Etats
de ne pas séparer les enfants de leurs parents sans une procédure
juridique, et de fournir un soutien aux parents et à la famille.
Un certain nombre de traités souligne la nécessité
pour les Etats de fournir un soutien supplémentaire aux femmes
enceintes , de leur accorder un congé maternité avant
et après la naissance,qu'il soit rémunéré
ou associé à des prestations sociales adéquates. (f) Le droit à la réunification familiale Quand parents et enfants résident dans des pays différents, les Etats doivent veiller à favoriser leurs contacts et répondre aux demandes concernant l'entrée ou la sortie d'un Etat-partie en vue d'une réunification familiale, avec humanité et diligence. Ces droits ne peuvent être limités que pour des raisons d'ordre public et de sécurité nationale. C'est une disposition particulièrement importante en ce qui concerne les réfugiés et des procédures spécifiques existent dans la plupart des Etats afin de réunir les réfugiés et leurs enfants. Les conventions internationales imposent aux Etats de prendre des mesures afin de repérer les parents d'un enfant réfugié non accompagné et de les réunir.
Instruments internationaux et régionaux de protection et de promotion Les instruments juridiques internationaux peuvent prendre la forme d'un traité (également appelé accord, convention, pacte ou protocole), qui lient les États contractants. Une fois les négociations terminées, le texte du traité est définitif et authentique et est « signé » par les représentants des États. Un État accepte d'être lié par un traité de différentes manières dont la forme la plus courante est la ratification ou l'adhésion. Un nouveau traité est alors ratifié par les États qui ont négocié l'instrument ; un État qui n'a pas participé aux négociations peut, à un stade ultérieur, adhérer au traité. Le traité entre en vigueur quand un nombre prédéfini d'États l'ont ratifié ou y ont adhéré. Quand un État ratifie ou adhère à un traité, il peut faire des réserves à une ou plusieurs des dispositions du traité, à moins que le traité n'interdise ces pratiques. Les réserves peuvent, en principe, être retirées à tout moment. Dans certains pays, les traités internationaux prévalent sur le droit national. Dans d'autres, une loi spécifique est requise pour donner à un traité international, même s'il a été ratifié, force de loi nationale. Presque tous les États qui ont ratifié ou adhéré à un traité international doivent passer des décrets, amender les lois existantes ou introduire une nouvelle législation dans le but de rendre le traité pleinement effectif sur le territoire national. Les traités ayant force obligatoire peuvent être utilisés pour forcer les gouvernements à respecter les clauses du traité concernant les droits de réunion et d'association. Les instruments à caractère facultatif, comme les déclarations et les résolutions, peuvent être utilisés pour embarrasser les gouvernements avec une exposition publique négative et les inciter, pour ceux qui se préoccupent de leur image internationale, à adapter leurs politiques. Les traités internationaux et régionaux qui posent des principes en regard au droit à la famille sont les suivants : Déclaration
universelle des droits de l'homme (1948) (article 16) Pacte
international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels
(1966) (article 10) Pacte
international relatif aux droits civils et politiques (1966) (article
23) Déclaration
sur les principes sociaux et juridiques applicables à la protection
et au bien-être des enfants, envisagés surtout sous l'angle
des pratiques en matière d'adoption et de placement familial
sur les plans national et international (1986) Convention
sur le consentement au mariage, l'âge minimum du mariage et l'enregistrement
des mariages (1962) Les documents de l'ONU sur la population et le développement,- incluant notamment la Conférence sur le programme d'action en faveur de la population et du développement de 1994, la Déclaration de Téhéran (1968) et la conférence du quart-monde à Pékin de 1985- contiennent des dispositions relatives aux droits des individus à la maîtrise des naissances. Enfin, les traités de l'ONU relatifs à certaines catégories de personnes peuvent aussi être utilisés pour protéger le droit à la famille: Convention
relative au statut des réfugiés (1951) (article 12) Convention
sur l'élimination de toutes formes de discrimination à
l'égard des femmes (CEDAW) (1979) (article 9, 16) Convention
relative aux droits de l'enfant (1989) (article 9, 10, 20, 21, 22) Convention
internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs
migrants et des membres de leur famille (1990) (article 4, 44, 45,
50)
UNION AFRICAINE (AUTREFOIS « L'ORGANISATION DE L'UNITÉ AFRICAINE », OUA) Charte
africaine des droits de l'homme et des peuples (1981) (article 18) Charte
africaine sur les droits et le bien-être de l'enfant (1990)
(article 18, 19, 24, 25, 30)
Convention
de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales
(1950) (article 9, 12) Charte
sociale européenne (1961) (article 16)
Charte
des droits fondamentaux de l'Union européenne (2000) (article
7, 9)
Charte
arabe des droits humains (1994) (article 17, 38) Déclaration
du Caire sur les droits de l'homme en Islam (1990) (article 5, 6,
18)
ORGANISATION DES ÉTATS AMERICAINS (OEA) Convention
américaine relative aux droits de l'homme (1969) (article
17)
Agences nationales d'assistance, de protection et de service Les pays qui ont ratifié ces traités régionaux et internationaux ont accepté de remplir leurs obligations en instaurant une assistance mutuelle. Ils doivent adopter une législation appropriée et fournir des procédures juridiques qui font respecter le droit à la famille.
Matériels d'éducation, de défense et de formation Pour les défenseurs Le
droit au respect de la vie privée et familiale : Un guide sur
la mise en oeuvre de larticle 8 de la Convention européenne
des Droits de lHomme (Counseil de l'Europe)
Je
vous déclare maintenant...législation sur les mariages
du même sexe (Réseau des gays, lesbiennes et hétéros) Enseigner
les droits de l'homme à la maternelle et au primaire (Ralph
Pettman, avec Joan Braham, Lynette Johnston, Elke Muzik, Kath Lock,
Stephanie O'Laughlin Peters, Diana Smythe) Enseigner
les droits de l'homme au collège (Ralph Pettman, avec Colin
Henry)
Liens vers les organisations qui font la promotion du droit à la famille
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