HREA Electronic Resource Centre for Human
Rights Education:
The Bells of Freedom
Comment ce manuel peut-il contribuer
à l'enseignement des droits de l'homme?
Dans ce contexte national et international favorable aux efforts d'éducation dans le
domaine des droits de l'homme, ce manuel,
de par ses caractéristiques, représente une contribution positive à l'enseignement des
droits de l'homme :
(1) L'approche choisie est orientée vers l'action, l'obtention de résultats, l'atteinte
de buts pré établis.
(2) Elle tire parti des connaissances et des expériences déjà acquises par les
participants, et les encourage à reconsidérer
cette expérience à la lumière d'idées nouvelles.
(3) Les exercices pédagogiques spécifiques inclus sont en rapport direct avec les
valeurs fondamentales et les normes de
droits présentées.
(4) Les méthodes utilisées peuvent être facilement reproduites et réutilisées, ce qui
permet aux "Etudiants" d'aujourd'hui
de devenir les "enseignants" de demain, et de répercuter ainsi comme un écho
les notions et concepts des droits de
l'homme.
1. Enseignement non-formel et buts à atteindre Ce manuel enseigne les
droits de l'homme d'une façon que l'on peut décrire comme non formelle. Qu'est ce qu'un
enseignement "non-formel" ? Le sens devient clair si l'on compare enseignement
formel et enseignement non-formel. Une éducation "formelle" fait référence à
celle traditionnellement dispensée par le système scolaire, généralement structurée
en trois niveaux (primaire, secondaire et supérieur) et relevant de la responsabilité de
l'Etat. Une éducation "non-formelle" fait référence à une activité
pédagogique non traditionnelle, qui, bien qu'organisée et systématique, prend place en
dehors du système scolaire, s'adresse à des segments particuliers de la population et
engage aussi bien des adultes que des enfants. Enfin l'éducation "informelle",
organisée ou non, habituellement non-systématique, fait allusion aux processus par
lesquels une personne, au fil de sa vie quotidienne (discussions autour d'une tasse de
café, lecture des journaux, programmes de télévision, etc.), acquiert et accumule des
connaissances et des compétences, et développe des attitudes et des perceptions. Au fil
de notre vie, ces trois types d'apprentissage contribuent tour à tour à modeler nos
connaissances et notre compréhension des droits de l'homme, et les organisations
non-gouvernementales ont su reconnaître et tirer profit des trois modèles dans leur
travail d'éducation.
Dans le monde entier, les organisations
non-gouvernementales ont eu recours à l'enseignement non- formel pour aider les
peuples à développer leurs connaissances et leurs compétences et subvenir à leurs
besoins primaires. Une démarche
d'éducation non-formelle peut avoir plusieurs buts, tels que :
Une fois ces buts atteints, le succès aide à promouvoir le but ultime de l'éducation non formelle, et de ce manuel : l'émancipation des individus et des peuples.L'émancipation est un processus par lequel des individus ou des communautés accroissent leur contrôle et leur maîtrise de leur propre vie et des décisions les affectant.
Un style d'éducation qui émancipe diffère
de la plupart des systèmes d'éducation formelle, organisés traditionnellement pour
promouvoir savoir et compétences. Si l'éducation, dans le domaine des droits de l'homme,
se veut émancipatrice, elle ne peut traiter les étudiants comme de simples réceptacles
à "remplir" d'idées et d'information, comme si le savoir était un objet à
recevoir plutôt qu'un processus continu de recherche et de réflexion critique.
Du point de vue des participants : Une
éducation qui se veut émancipatrice doit dépasser le stage de l'acquisition de
connaissances, et partir du principe que les êtres humains ont non seulement la capacité
de connaître la réalité, ils sont aussi
capables de réfléchir de façon critique et d'agir. Donc, tout effort d'éducation qui
veut aider les étudiants à développer ces
qualités doit leur donner les moyens d'analyser les éléments de base d'un problème,
d'une action ou d'une expérience, de
dévoiler et évaluer les relations causales et de découvrir les motivations secrètes et
les intérêts cachés. Comprendre comment
toute politique peut être bénéfique pour certains et nuire à d'autres est un important
pas vers l'action. Les gens ont besoin de
tels outils intellectuels pour s'attaquer a des problèmes concrets tels que
l'exploitation des enfants par la prostitution, le tort fait
aux paysans par le détournement des cours d'eau, ou le fait que des ouvriers acceptent de
travailler 16 heures par jour parce
qu'ils ne savent pas qu'une loi limite la durée de la journée de travail.
Du point de vue des animateurs : Une
éducation qui se veut émancipatrice donne aux individus les moyens d'appréhender de
façon critique et créative la réalité qui les entoure, et de découvrir une façon
d'aider à transformer le monde dans lequel ils vivent. Les animateurs de groupes
d'éducation dans le domaine des droits de l'homme doivent utiliser des méthodes
pédagogiques qui permettent aux animateurs et participants de se sentir engagés dans un
partenariat de coopération mutuelle dans lequel le concept du "professeur qui sait
out" disparaît. L'animateur aura peut-être du mal à accepter l'idée, nouvelle
pour beaucoup, que la dichotomie étudiants/professeur n'est plus. Tout le monde participe
sur un pied d'égalité. L'"enseignant" ne devrait même pas être présenté
comme tel, mais comme quelqu'un qui est là pour aider les participants à atteindre leurs
objectifs. Dans l'optique de ce manuel, les membres du groupe prennent conscience de leurs
besoins et de leur situation en tant qu'êtres humains. Ils développent la faculté
d'évaluer de façon critique leur situation et celle de leurs concitoyens en termes de
droits de l'homme. Ils améliorent leur capacité de reconnaître les obstacles et les
structures répressives qui les empêchent de profiter de leurs droits et de leurs
libertés. Ils développent la capacité d'analyser les causes des violations des droits
de l'homme et d'établir un rapprochement entre ce qu'ils ont appris et les actions à
entreprendre. Ils acquièrent le pouvoir d'agir de façon à remédier à leur situation.
Ils deviennent prêts à apprendre plus et à acquérir de nouvelles compétences en
faisant usage de la loi et des droits de l'homme comme instruments de changement, de
développement et de justice. Ils acquièrent le pouvoir de partager ce qu'ils ont appris
avec d'autres, afin de "faire passer" le savoir, répercutant l'écho de
l'enseignement des droits de l'homme auprès d'un cercle de plus en plus grand.
2. Le cadre de valeurs qui sous-tend l'enseignement des droits de l'homme.
Les exercices éducatifs présentés ci-dessous sont organisés en "quatre étapes
vers les droits de l'homme" : respect de la dignité et règles équitables, droits
et responsabilités, poursuite de la justice, et réparation. Des idées, normes et
documents relatifs à la question des droits de l'homme sont présentés dans chaque
section.
A partir de ce cadre sous-jacent, les exercices
contenus dans ce volume reflètent une "approche formative". Les documents sont
organisés en fonction de la façon dont les individus développent habituellement leurs
valeurs sociales, en évoluant de notions simples vers des notions plus complexes. Ce type
d'approche a été le sujet des recherches de Betty Reardon, membre du comité
organisateur de Peoples' Decade for Human Rights Education (New York). Selon le professeur
Reardon, le point de départ le plus favorable pour introduire la notion de droits de
l'homme est l'évaluation du respect que chaque personne a d'elle/lui-même et des autres.
L'apprentissage progresse ensuite par étapes pour aboutir aux valeurs liées au concept
de réparation. Les étapes successives reflètent le processus graduel par lequel les
psychologues de l'éducation pensent que les individus développent leur sens des valeurs
sociales de l'enfance à l'âge adulte.
3. L'utilisation d'exercices pédagogiques. Ce manuel comprend de nombreux
exercices, exposés ci-après. Ils suivent le format en quatre étapes, et deux exercices
sont proposés pour chaque valeur présentée, afin que l'animateur ait une possibilité
de choix. Le choix peut dépendre du groupe en question et du niveau de complexité
approprié à ce groupe. Bien entendu, l'animateur expérimenté est libre d'introduire
ses propres exercices, tout en respectant dans l'ensemble la séquence des valeurs, des
problèmes et des normes du modèle présenté.
Les exercices utilisés ici proviennent de
sources variées et reflètent l'expérience d'animateurs africains ainsi que
d'éducateurs, activistes et animateurs du monde entier. Le cas échéant, une note en bas
de page cite brièvement la source de l'exercice, même si celui-ci a été modifié afin
d'être utilisé dans les pays francophones.
Chaque exercice est précédé de brefs
paragraphes d'explication, selon le format suivant :
Description générale : L'animateur est alerté des normes en jeu et des
questions traitées dans l'exercice, ainsi que des raisons et questions plus générales
pour lesquelles le problème soulevé est d'intérêt.
Objectifs : Ce paragraphe prévient l'animateur des objectifs de l'exercice du
point de vue des participants et des
compétences qu'il serait souhaitable que ceux-ci développent.
Règles à suivre : Ce paragraphe contient des conseils rapides sur la manière
la plus efficace de guider les participants vers
les objectifs désirés. Que l'exercice soit présenté sous forme de jeu de rôle, de
psychodrame, de débat ou de discussion, l'animateur devrait bénéficier de ces conseils
(qui résument l'expérience d'animateurs ayant dirigé de telles sessions par le passé),
mais ne devrait pas bien entendu se sentir lié par les procédures suggérées.
Matériel : L'exercice sera d'autant plus réussi qu'il fait bon usage du
matériel présenté ou suggéré : graphiques, documents, affiches, magnétophone,
désignation d'un(e) "secrétaire-rapporteur". Là encore, l'animateur doit
faire preuve de créativité, et ne pas oublier que la mise à contribution de tous les
sens physiques (vue, ouïe, toucher, etc.) facilite l'apprentissage.
Séquence : Cette section explique étape par étape à l'animateur la démarche
à suivre.
Les animateurs devraient discuter avec leurs
collègues de l'utilité des divers exercices et de leur expérience. L'échange de
suggestions entre animateurs est fortement encouragé. De plus, les animateurs devraient
prendre l'initiative d'évaluer leur programme, et de donner aux participants l'occasion
d'exprimer leur opinion sur le contenu, le sujet et la méthode du cours. Un outil
d'évaluation se trouve à la fin de ce livre. Les animateurs peuvent l'utiliser après
chaque exercice, ou à la fin de chacune des étapes. Ils peuvent aussi créer leur(s)
propre(s) instrument(s) d'évaluation.
Les activités éducatives qui incluent une
composante d'évaluation ont plus de chance de convaincre et d'atteindre leurs objectifs
que des programmes qui ne cherchent pas à s'évaluer. L'évaluation peut se faire de
différentes manières :
a.allouez du temps pour une discussion
informelle, qui permet de demander aux participants si ils ont le sentiment que leur
effort est utile
b.organisez un vote à bulletin secret sur le
sujet de l'efficacité du programme
c.invitez des observateurs extérieurs,
d'autres animateurs par exemple, pour entendre leur point de vue sur le processus
d'apprentissage.
Les animateurs doivent garder à l'esprit le
fait qu'un enseignement qui se veut émancipateur doit aider les participants à
développer des compétences critiques, y compris la capacité de juger la qualité de
l'enseignement qu'ils reçoivent. L'évaluation de l'enseignement des droits de l'homme
devrait chercher à vérifier si les exercices utilisés et les documents étudiés
préparent bien les participants à transmettre leurs connaissances lors de sessions
qu'ils animeront eux-mêmes.
4. Comment utiliser ce
manuel. On trouvera dans cette section une série de définitions de
termes communément employés dans les exercices. Quelques lignes directrices concernant
le rôle des animateurs sont aussi définies. Enfin nous illustrons certaines des
méthodes conseillées pour les exercices.
QUELQUES LIGNES
DIRECTRICES POUR LES ANIMATEURS
"Brainstorming" : Les participants doivent réfléchir à une
question et mentionner toutes les idées qui leur viennent à l'esprit, sans (dans un
premier temps) les justifier ou leur assigner de priorité. [Voir Exercice 3]
Tête à tête : Chaque participant se tourne vers son ou sa voisine (de droite
ou de gauche), et a avec chacun une courte discussion. [Utilisé dans l'exercice 2]
Etude de cas : Bref exposé présentant comment un problème a été adressé et
résolu. Il peut s'agir d'un cas historique ou hypothétique, mais devrait être en
rapport l'expérience des participants. [Exercice 6]
Débat : Les participants défendent des positions semblables ou opposées sur un
problème et débattent des réponses ou solutions différentes de celles du camp opposé
Psychodrame : Un court sketch pour lequel les participants ont répété leur
rôle à l'avance.
Attentes : Une étape lors de laquelle les participants exposent ce qu'ils
attendent d'un exercice
Animateur : Le leader du groupe, qui a à l'avance une idées claire de
l'exercice, des questions à poser et des buts à atteindre.
"Circuler" : lorsque les participants se divisent en petits groupes
pour discuter, l'animateur et autres volontaires circulent discrètement de groupe en
groupe pour vérifier que tout le monde a bien compris les questions, et pour rappeler
combien de temps il reste pour l'exercice. [Voir Exercice 4]
Tours de table : Tous les participants ont à tour de rôle l'opportunité de
parler sans être interrompus. On fait ainsi le tour du groupe en n'omettant personne.
[Utilisé dans les Exercices 6 et 9]
"Briser la glace" : Une activité généralement organisée en début
de session, qui aide les participants à se détendre et se sentir à l'aise. [Voir
Exercice 1]
Intervention : Une présentation par l'animateur ou une autre personne,
habituellement de court durée. [Exercice 3]
Participant : Ceux qui dans, leurs capacités d'analyser la réalité, de
réflJchir de façon critique et d'agir en conséquence sont directement mises à
l'épreuve. La diffusion de l'enseignement des droits de l'homme au delà des écoles et
dans les communautés est, nous le croyons, en comple le groupe sont engagés activement
dans les exercices et sont traités par l'animateur et les autres participants en égaux,
et non en étudiants passifs recevant passivement un savoir.
Jeu de rôle : Les participants prennent part à l'action, en assumant un rôle
particulier, par exemple celui de la victime ou de l'officier de police. Mais au contraire
du psychodrame, le rôle n'est pas répété à l'avance. [Voir Examples de Méthodes, ci-
après]
Compte-rendu/rapporteur : Lorsque les participants se partagent en équipe, une
personne doit rapporter à l'ensemble du groupe les résultats de la discussion dans son
équipe.
Parler d'expérience : Un des participants parle de son ou ses expériences en
relation avec le problème en discussion. [Exercice 14]
Cercle de discussion : Tous les participants arrangent leurs chaises en cercle
afin de se voir face à face. [Utilisé par exemple dans l'Exercice 1].
Roue : Les participants se positionnent en deux cercles de taille égale, l'un à
l'intérieur de l'autre de façon que chacune des personnes du cercle extérieur soit en
face de quelqu'un du cercle intérieur et puisse lui parler. La roue peut tourner, vers la
droite ou la gauche de telle sorte que chaque personne se trouve successivement face à
face avec chaque membre de l'autre cercle.
EXEMPLES DE METHODES
Aidez les participants à définir ce qu'ils attendent du programme et des exercices
: Cette activité se révèle souvent utile au début du programme et d'un exercice.
L'animateur peut commencer le programme et chaque exercice par introduire le sujet et la
portée de la session. Dans ce contexte, l'animateur demande alors quelles sont les
attentes des participants. L'animateur devrait s'assurer que ceux qui choisissent de
parler ne monopolisent pas la parole. Il doit aussi montrer qu'il n'y a pas de
"bonne" ou "mauvaise" réponse à la question. Pour montrer qu'il/elle
a écouté attentivement, l'animateur devrait brièvement résumer les différents
éléments mentionnés par les participants. [Utilisé dans l'Exercice 1]
Encouragez les discussions : Une discussion peut être très informelle et se
dérouler comme une conversation, ou bien être très structurée. Lors d'une discussion
très structurée, le but de l'exercice est pour les participants d'avoir une opportunité
de s'entraîner à débattre en faveur d'un certain point de vue, puis, une fois qu'ils
ont entendu ce que l'autre côté a à dire, d'avoir la possibilité de changer d'avis.
(1) Divisez les participants en deux groupes égaux, et faites s'asseoir les deux groupes
en face l'un de l'autre. (2) Demandez à chaque groupe de prendre parti dans la
discussion. Par example, un groupe débattra en faveur de l'argument qu'avoir accès à un
robinet d'eau potable est un droit de l'homme, et l'autre groupe défendra l'idée qu'il
s'agit là d'une commodité souhaitable, mais non d'un droit. Dans un premier temps, les
participants n'ont pas le choix du groupe auquel ils sont assignés. Il se peut donc
qu'ils aient à défendre une position avec laquelle ils ne sont pas d'accord. (3)
Donnez à chaque groupe le temps de préparer leurs arguments. Chaque personne dans le
groupe doit préparer un argument précis, parce que, lorsque viendra le temps de
débattre avec l'autre équipe, chaque personne n'aura qu'une seule chance de s'exprimer.
Lorsque les équipes sont prêtes, elles se positionnent face à face et la discussion
commence. Chaque équipe tour à tour présente un argument, en commençant par celle qui
défend l'idée que l'accès à l'eau potable est un droit de l'homme, jusqu'à ce que
tous les
participants aient eu une chance de s'exprimer. A ce moment-là, l'animateur indique aux
participants qu'ils peuvent à présent s'ils le désirent changer d'équipe, afin de se
trouver dans l'équipe qui défend la position correspondant à leurs propres convictions.
Ils peuvent ainsi se positionner du côté avec lequel ils sont en accord. Terminez
l'exercice en demandant si certains parmi les participants ont changé d'avis du fait de
la discussion, et quel argument les a convaincu. Demandez aussi ce que les participants
ont retiré de l'exercice. [A utiliser pendant l'Exercice 8]
Encouragez les participants à écouter : Cette méthode vise à encourager les
participants à écouter attentivement et à leur apprendre à résumer rapidement les
points importants. On peut par exemple demander à chaque personne présentant un argument
de résumer d'abord très brièvement la position de l'orateur précédent. Une autre
méthode, plus complexe, est la suivante : (1) Divisez les participants en petits
groupes, de 2 ou 4 personnes. (3) Une personne du côté A présente le premier
argument en faveur d'une intervention des autorités publiques en faveur des droits de la
femme. (4) Quelqu'un du côté à doit d'abord résumer brièvement l'argument de A,
et présenter ensuite le premier argument contraire. (5) Le côté A résume cet
argument avant de présenter leur second argument... L'exercice continue ainsi
jusqu'à ce que le temps imparti soit écoulé. [A utiliser par exemple dans les exercices
8 et 18]
Encouragez les participants à définir un plan d'action : Cette méthode peut
aider à terminer la plupart des exercices sur une note dynamique. Dans sa version la plus
simple, elle consiste à demander aux participants d'identifier toutes les solutions que
le groupe peut imaginer, et à les ranger ensuite par ordre de priorité. Dans sa version
plus complexe, les participants doivent approcher le problème à résoudre étape par
étape, noter par écrit la progression de leur raisonnement et désigner un rapporteur
(voir définition ci-dessus) qui présentera la solution adoptée à l'ensemble du groupe.
Une activité intéressante consiste à comparer les différentes approches choisies par
les divers sous- groupes. (1) Divisez les participants en deux groupes ou plus,
chacun devant travailler sur le même problème, par exemple : préparer des
recommandations à l'attention du parlementaire régional chargé la question des radios
locales ne diffusant pas dans la langue des groupes minoritaires. (2) Donnez à
chaque groupe assez de temps pour élaborer leur stratégie. (3) Présentez les
différentes approches. (4) Pour élargir la discussion, demandez aux participants
de décider laquelle, parmi les stratégies présentées par les différents sous-groupes,
est la plus respectueuse des droits des minorités en question. [A utiliser par exemple
lors de l'exercice 16]
Entraînez les participants dans un jeu de rôle : Le jeu de rôle peut aider à
illustrer un problème d'une façon très intéressante. Lors d'un jeu de rôle, les
participants jouent sans avoir répété auparavant. Autrement dit, ils doivent agir, et
l'une des composantes les plus intéressantes de l'exercice est de leur demander, à la
fin, d'analyser la réaction qui a été la leur lorsqu'ils se sont retrouvés ainsi sans
préparation au coeur d'une situation. L'animateur peut mettre sur pied un jeu de rôle
simple en demandant qui, parmi les participants, a été témoin ou victime de brutalités
policières, et voudraient bien reproduire la scène pour le reste du groupe, en essayant
de transmettre les sentiments éprouvés alors. Un jeu de rôle plus complexe peut mettre
en scène des personnages plus nombreux. Par exemple, imaginez que vous êtes une jeune
femme qui vient d'être diagnostiquée comme étant porteuse du virus du SIDA. Lorsque
vous apprenez la nouvelle, vous êtes tellement effrayée que vous n'en dites rien à
personne. Finalement, vos amis vous encouragent à parler à votre famille, mais celle-ci
réagit de façon hostile, et vous demande de quitter la maison et de partir le plus loin
possible. Vous leur dites que vous voulez épouser votre petit ami, mais vos parents
refusent. Ils disent qu'ils ne peuvent pas donner leur consentement à un tel mariage.
(1) Dans un jeu de rôle de ce niveau d'intensité émotionnelle, l'animateur doit
clairement expliquer ce qui va se passer avant de commencer, et demander que les
participants coopèrent pleinement. (2) Le jeu de rôle doit être joué posément.
Si les choses sont trop pressées, et tout le monde parle à la fois, les gens ne s'y
retrouvent plus, et ne retirent rien de l'expérience. (3) Après avoir joué la
scène, élargissez la discussion en demandant aux participants s'ils pensent que des
droits de l'homme sont en jeu. (4) Demandez au groupe comment ils voudraient que le
problème soit traité, en prenant en compte les droits de l'homme identifiés. [Utilisé
dans l'Exercice 11]
5. Echos des droits
de l'homme. Les participants qui ont terminé le programme avec succès
sont encouragés à continuer de participer à l'enseignement des droits de l'homme en
menant leurs propres sessions de "suivi". Ces sessions s'adressent à tout le
monde. Bien que l'éducation des adultes soit généralement perçue comme un processus
prenant place après avoir bénéficié d'une éducation en milieu scolaire,
l'enseignement des droits de l'homme devrait viser un public
bien plus large. Bien que des compétences traditionnelles, telle que la lecture et
l'écriture soient utiles, les sessions sont planifiées de telle façon que le niveau de
scolarisation des participants ne soit pas un facteur déterminant. Quel que soit le
niveau d'alphabétisation des participants, c'est le développement de leurs capacités de
communication et de raisonnement qui compte. Dans un effort d'enseignement non-formel, les
participants peuvent appartenir à tous les secteurs et classes sociales de la société,
et les réunions doivent pouvoir avoir lieu n'importe où, sans qu'une véritable salle de
classe soit nécessaire.
A l'issue du programme, les
"diplômés" devraient se sentir prêts à organiser à leur tour des programmes
d'enseignement des droits de l'homme dans leur propre communauté, ayant ainsi un effet
multiplicateur parmi la population. Lorsqu'ils retrouvent enfin dans la position
d'animateur d'un groupe d'étude, les participants prennent la mesure véritable de leur
"affranchissement", car leurs connaissances, leurs capacités d'analyser la
réalité, de réfléchir de façon critique et d'agir en conséquence sont directement
mises à l'épreuve.
La diffusion de l'enseignement des droits de
l'homme au-delà des écoles et dans les communautésest, nous en sommes convaincus, en
complet accord avec les dispositions de la Charte de Banjul qui définit non seulement nos
droits mais aussi nos devoirs. Parmi ceux-ci figurent les devoirs de chaque individu
envers sa famille et envers la société. Reconnaissant les droits de l'homme comme des
composantes significatives de la culture africaine, nous notons les dispositions de
l'article 29, section 7, qui annonce que le devoir de chacun est
"De veiller, dans ses relations avec la société, à la préservation et au renforcement des valeurs culturelles africaines positives, dans un esprit de tolérance, de dialogue et de concertation et d'une façon générale de contribuer à la promotion de la santé morale de la société."
Back to Index The Bells of Freedom
HREA Electronic Resource Centre for Human
Rights Education:
The Bells of Freedom