HREA Electronic Resource Centre for Human Rights Education:
The Bells of Freedom

 

TROISIEME ETAPE



Aboutir à la justice par l'analyse

VALEUR MORALE 7 : METTRE EN OEUVRE LES DROITS DE L'HOMME

EXERCICE 13, LA DECLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L'HOMME : A QUOI ME SERT-ELLE ?

Description générale : La Déclaration universelle des droits de l'homme, signée en 1948, est une charte détaillée de droits et de libertés qui captura bien l'idéalisme de l'époque et continue aujourd'hui à servir d'outil analytique pour définir ce que nous pouvons revendiquer en tant qu'êtres humains pour réaliser notre dignité potentielle. Cet idéalisme fut exprimé entre autres par le Président Franklin Roosevelt dans une adresse délivrée en 1941. Il essayait de voir au-delà des champs de bataille de la Seconde Guerre Mondiale, vers un monde dans lequel les relations internationales seraient plus paisibles. Il affirma "quatre libertés" : liberté de discours et d'expression, liberté de culte, sécurité économique et liberté de la peur (c'est-à- dire paix internationale). Ces idées devinrent les composantes conceptuelles de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Objectifs : Les principaux objectifs de cet exercice sont les suivants :

Procédures : Pour familiariser les étudiants avec les dispositions particulières de la Déclaration universelle des droits de l'homme et leur organisation, l'animateur aura besoin d'intervenir plus que lors des exercices précédents. Tandis que vous introduisez les idées organisatrices générales ---- (1) le droit d'être soi-même, (2) le respect de la vie privée (3) la participation à la vie politique, et (4) le droit au travail et aux soins ‹ sélectionnez quelques unes des dispositions de la Déclaration universelle des droits de l'homme (en langage simplifié) et demandez aux participants d'établier la relation entre ces dispositions et les idées organisatrices. Aidez-les à acquérir une maîtrise cognitive de la structure de leurs droits en les aidant à l'imaginer comme un temple, avec un toit reposant sur quatre piliers (supports), chacun des piliers représentant l'une des quatre idées organisatrices.

Matériels : Déclaration universelle des droits de l'homme (version simplifiée), et lectures choisies pour familiariser l'animateur avec l'idée de René Cassin de comparer la Déclaration universelle des droits de l'homme à un temple grec.

Séquence : Etape 1. Intervention de l'animateur : expliquez que la Déclaration universelle des droits de l'homme a 30 articles. L'un de ses rédacteurs, le diplomate et érudit français, René Cassin, a dit que ses nombreuses dispositions peuvent être interprétées comme étant les piliers d'un temple soutenant un large toit. Chaque pilier soutient un droit de l'homme différent. Une série de droits signifie : "LE DROIT D'ETRE MOI- MEME". C'est le premier pilier. Réfléchissez un instant à ces droits (Animateur : sélectionnez quelques uns des exemples ci dessous). Pourquoi pensez-vous qu'ils correspondent à un "droit d'être soi-même".

  1. Tous les êtres humains naissent libres et égaux. Nous sommes tous semblables dans notre dignité et nos droits et nous avons les mêmes droits que les autres, parce que nous naissons tous avec la capacité de penser et de faire la différence entre le bien et le mal. Nous devrions donc agir envers les autres de façon amicale.
  2. Nous avons tous les mêmes droits et les mêmes libertés, quels que soient notre race, notre sexe, la couleur de notre peau, notre lieu de naissance, notre langue, notre religion ou opinion politique et notre fortune.
  3. Chacun a le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité.
  4. Personne ne peut être vendu en esclavage, ou soumettre une autre personne à l'esclavage.
  5. Personne ne peut être soumis à la torture, ou à tout autre traitement ou punition cruel et inhumain.
  6. Chacun a la droit d'être protégé par la loi partout et de la même manière que tout le monde.
  7. La loi est la même pour tout le monde, et doit être appliquée de la même manière pour tous
  8. Si vos droits ne sont pas respectés, vous avez droit à ce que des juges justes fassent en sorte que justice soit faite.
  9. Vous ne pouvez être arrêté, maintenu en prison ou expulsé de votre pays sans bonne raison.
  10. Si vous devez aller au tribunal, vous avez autant de droit qu'un autre à un procès juste et public devant une court à l'esprit ouvert et libre de prendre ses décisions.
  11. Si vous êtes accusé d'un crime, vous devez être considéré innocent jusqu'à preuve du contraire. Vous ne devez pas être puni pour avoir fait quelque chose qui n'était pas illégal au moment ou vous l'avez fait.
    Etape 2. Une seconde catégorie de droits dans la Déclaration universelle des droits de l'homme (Articles 12 à 17) visent à protéger les individus dans leurs rôles et relations en societé, en disant au gouvernement "laissez-moi, ma famille et mes amis, tranquiles". Le second pilier du temple est donc "RESPECTEZ MA VIE PRIVEE". Pourquoi pensez-vous que ces droits expriment cette idée ?
  12. Personne ne devrait se mêler de votre vie privée, familiale, chez vous, ou de votre courrier, ou attaquer votre honnêteté et respect de vous-même sans bonne raison.
  13. A l'intérieur d'un pays particulier, vous avez le droit de vivre et d'aller ou vous voulez. Vous avez le droit de quitter un pays, y compris le vôtre, et d'y retourner lorsque vous le désirez.
  14. Vous avez le droit de chercher refuge dans un autre pays si vous êtes attaqué.
  15. Personne ne devrait vous enlever le droit de vivre dans le pays dont vous êtes originaire.
  16. Les adultes, hommes et femmes, ont le droit de se marier et de créer une famille, sans que quiconque essaye de les empêcher du fait de leur race, de leur origine, ou de leur religion. hommes et femmes doivent donner leur accord au mariage, et les deux ont des droits égaux en ce qui concerne la décision de se marier, durant le mariage, et en ce qui concerne la décision de mettre fin à une union.
  17. Chacun a le droit de posséder des biens qu'ils peuvent garder pour eux seuls ou partager avec d'autres, et personne ne devrait vous enlever vos possessions sans raison.



Etape 3. Une troisième catégorie de droits dans la Déclaration universelle (Articles 18 à 21) promet d'émanciper les gens, et exprime l'idée que "JE PEUX PARTICIPER A LA PRISE DE DECISIONS". Ecoutez cette liste de droits et dîtes-nous pourquoi ils veulent dire que vous devriez prendre les décisions qui affectent votre vie et participer à la vie sociale et politique.

  1. Vous pouvez croire ce que vous voulez, avoir vos propres idées sur ce qui est bien et mal, et avoir les croyances religieuses que vous voulez, et vous pouvez changer de religion sans que personne ait le droit de s'y opposer.
  2. Vous avez le droit de dire votre opinion sans que personne puisse vous dire de vous taire. Vous pouvez lire le journal, ou écouter la radio, et vous avez le droit d'imprimer vos opinions et de les envoyer ou vous voulez sans que personne essaie de vous en empêcher.
  3. Vous avez le droit de vous réunir paisiblement avec d'autres, et d'être avec qui vous voulez, mais personne ne peut vous forcer à joindre ou à faire partie de quelque groupe que ce soit.
  4. Vous avez le droit de participer au gouvernement, en le choisissant au moyen d'élections justes, ou chaque vote à le même poids que les autres, et ou votre vote ne regarde que vous. Parce que les peuples votent, les gouvernements devraient faire ce que le peuple veut qu'ils fassent.

Etape 4. Une autre série de droits (Articles 22 à 27) parle des droits de l'homme primaires y compris le droit au travail. Ils font la liste de nos droits économiques et sociaux, et dans l'ensemble semblent vouloir dire : "J'AI BESOIN DE TRAVAILLER, ET DE SOINS". Lorsque vous les entendez, voyez si vous êtes d'accord :

  1. En tant que personne vivant sur cette planète, vous avez le droit à ce que vos besoins élémentaires soient satisfaits afin que vous puissiez vivre fièrement et devenir la personne que vous voulez être ; les autres pays, et groupes de pays devraient vous aider.
  2. Vous avez le droit de travailler (et dans des conditions de sécurité suffisantes), de choisir votre emploi, d'appartenir à un syndicat, et d'être protégé contre le chômage. Vous devriez recevoir le même salaire que ceux qui font le même travail que vous sans que personne ne soit indument favorisé. Vous avez besoin d'un salaire décent afin que votre famille puisse vivre dignement, et cela veut dire que si votre salaire n'est pas suffisant, vous devriez recevoir des aides supplémentaires.
  3. Chacun a droit au repos et à la détente, à des congés payés, et à une limitation de la journée de travail.
  4. Vous avez droit à ce dont vous avez besoin pour vivre de façon décente, y compris de la nourriture, des vêtements, un logement, et des soins médicaux pour vous et votre famille. Vous avez le droit d'être aidé par la société si vous êtes malade ou incapable de travailler, ou si vous êtes âgé(e) ou veuve, ou dans tous les autres cas où pour des raisons indépendantes de votre volonté, vous ne pouvez travaillez.
  5. Vous avez le droit à l'éducation. Au moins pendant vos jeunes années, cette éducation devrait être gratuite et obligatoire pour tous. Une éducation plus avancée devrait être fournie à ceux qui la veulent et peuvent la suivre. L'éducation devrait aider les gens à développer leur potentiel et à respecter les droits des autres dans un monde en paix.
  6. Vous avez le droit de profiter des arts, de la musique et des livres, et de bénéficier des avantages issus des nouvelles découvertes scientifiques. Si vous êtes artiste, écrivain ou scientifique, vos travaux doivent être protégés, et vous devez pouvoir en tirer profit.

Etape 5. Animateur : Expliquez que l'un des rédacteurs de la Déclaration des Nations Unies sur les droits de l'homme, le Libanais Charles Malik, avait le sentiment que tous ces droits se concentraient sur l'individu et avaient besoin de quelque chose de plus pour les lier : un toit qui repose sur les quatre piliers du temple, et qui les connecte et précise que ces droits sont universels. Autrement dit, les trois derniers articles de la Déclaration universelle des droits de l'homme semblent dire : "NOUS AVONS TOUS BESOIN D'UN TOIT QUI NOUS RASSEMBLE". Pensez-vous que ces articles incluent tout le monde, dans le monde entier, dans la responsabilité de maintenir l'édifice en place ?

  1. Chacun a le droit de vivre dans un monde ou les droits et les libertés sont respectées et mises en oeuvre.
  2. Nous tous responsables de l'endroit où nous vivons et des gens qui nous entourent, aussi nous devons faire attention les uns aux autres. Pour profiter de notre liberté, nous avons besoin de lois et de limites qui respectent les droits de chacun, correspondent à notre conception du bien et du mal, maintiennent la paix dans le monde et supportent les Nations Unies.
  3. Personne ne peut menacer nos droits ou nous en priver.

Etape 6. Demandez aux participants de se diviser en cinq groupes, chacun considérant un "pilier" différent ou bien le "toit" de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Ils partageront ensuite avec l'ensemble du groupe le résultat de leur réflexion à la question suivante : Pourquoi pensent-ils que ce groupe de droits forme une partie importante de la structure globale des droits. A leur avis, quelle est la meilleure image à conserver à l'esprit en ce qui concerne cette structure : un temple des droits, une maison des droits ? Quelles autres images peuvent-elles être invoquées ? Lequel des articles est la "pierre d'angle" ou la "clé de voute" ? L'article 28 ?


Appendice à l'Exercice 13.

Informations de fond pour l'animateur. Ce morceau choisi concerne la vision de l'un des rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l'homme, René Cassin. Il voulait que la façon dont les articles de la Déclaration universelle sont organisés soit perçue comme un ensemble cohérent de règles groupées en fonction de quelques lignes directrices faciles à comprendre, même si les règles elles-mêmes sont quelque peu complexes. Sa vision était celle d'un temple grec, avec un toit ou fronton reposant sur, et connectant, quatre piliers, chaque pilier et le toit représentant un groupe différent d'articles. Le passage ci-dessous est extrait de Educating for Human Rights : The Philippines and beyond, de Richard Pierre Claude.

 

EXERCICE 14, LE VISAGE DE LA FAIM

Description générale : Le 16 Octobre est la Journée de la Faim dans le Monde. Ce jour là, dans plus de 140 pays membres de la FAO des Nations Unies, des associations et des individus étudieront les problèmes de la nourriture et de la faim. Chaque pays a une perspective distincte des problèmes de nourriture, mais les états-membres cherchent à travailler ensemble pour trouver des solutions. Les besoins en nourriture de certains pays africains les placent bien en dessous de la plupart des pays en voie de développement, posant de sérieuses questions sur les causes de cette situation et sur ce qui peut être fait pour que le droit à la nourriture soit respecté.

Objectifs : Les participants :


Procédures : Le défi particulier pour l'animateur sera d'assurer que les participants développent de nouvelles compétences analytiques en les encourageant à générer des explications aux questions difficiles de la faim et du droit à la nourriture. Cet exercice prendra certainement plus de temps que la plupart, et peut demander deux sessions, car il exige l'assimilation d'information nouvelle et de tester les techniques analytiques (utilisation de données, établissement de priorités parmi les explications).

Matériels : Les dispositions simplifiées du Pacte relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Convention sur les droits de l'enfant, et des données comparées et des définitions utiles à l'analyse des aspects de la faim.

Séquence : Etape 1. Utilisez la méthode de "brainstorming" pour répondre à la question suivante : De quoi les gens ont-ils besoin pour survivre ? L'animateur peut aider à classifier les réponses entre les catégories suivantes : (1) "besoins élémentaires", qui déterminent la survie de l'individu, tels que nourriture, abris, vêtements, soins médicaux (2) "besoins humains" (relations humaines, sécurité, respect, etc.), (3) "désirs" (plus d'argent, une nouvelle paire de chaussures, être plus séduisant, etc.). Aidez les participants à reconnaître que la nourriture est le besoin le plus élémentaire.

Etape 2. Demandez aux participants de raconter des cas où ils ont souffert de la faim. Aidez les à faire la différence entre vouloir un en-cas et ne pas avoir assez à manger, et à distinguer entre :

Encouragez les participants à parler de chacune de ces situations à partir de leur expérience ou de celle de leurs proches.

Etape 3. Intervention de l'animateur : Précisez aux participants que les experts de la FAO des Nations Unies estiment qu'un milliard de gens ont faim dans le monde. Réaliser l'ampleur d'un tel nombre n'est facile pour personne. Expliquez que si vous commenciez à compter jusqu'à un milliard, en ajoutant un à chaque seconde (donnez un exemple), il vous faudrait 31 ans pour terminer. Ensuite, expliquez que des groupes comme Oxfam et Bread for the World estiment que deux tiers de ce milliard de personnes qui ont faim sont des enfants, c'est à dire que la plupart sont des enfants. Si vous commenciez à compter le nombre d'enfants qui ont faim dans le monde, en ajoutant un à chaque seconde, il vous faudrait vingt ans pour compter.

Etape 4. Utilisez la méthode du "brainstorming" pour identifier les différentes causes de la faim parmi les enfants. L'animateur devrait noter les causes mentionnées, et montrer ensuite que la plupart de ces causes peuvent en fait être regroupées sous le titre général de 'Pauvreté'. Expliquez que c'est la pauvreté qui souvent cause le manque de nourriture et la maladie, et que chez les très jeunes enfants, faim et maladie sont étroitement liés : les enfants qui ont faim et souffrent de malnutrition tombent plus facilement malades que les enfants bien nourris. Les enfants malades souvent ne peuvent pas manger, et finissent par avoir faim et souffrir de malnutrition. C'est un cercle vicieux auquel il est difficile d'échapper. Demandez si quelqu'un parmi les participants peut parler d'expérience sur ce sujet -- le problème d'avoir tellement faim que l'on ne peut pas manger.

Etape 5. Intervention de l'animateur : Ecrivez sur un papier ou un tableau : "Taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans". Expliquez que l'élément d'information le plus important utilisé par les Nations Unies pour mesurer le bien-être des enfants est le taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans, c'est à dire le nombre d'enfants qui meurent avant l'âge de cinq ans pour chaque millier d'enfants de ce groupe d'âge nés dans le pays. Les enfants qui meurent très jeunes souffrent presque toujours de la faim et/ou de maladie, aussi cette statistique est très importante pour comprendre la faim dans le monde. Donnez aux étudiants le taux de mortalité pour sept des pays en voie de développement les moins bien placés :

PAYS TMM5/1000
Tchad 206
Congo 109
Côte d'Ivoire 120
Ethiopie 204
Mali 120
Sénégal 167
Tanzanie 167

Questions aux participants : Dans quel pays le plus d'enfants meurent-ils de faim/maladie ? Quel pays est au second rang ? Peuvent-ils classer les pays de 1 à 6 ?


Etape 6
. Revenez à la question des causes de la faim, et spécifiquement cherchez tous ensemble des réponses à la question de savoir pourquoi la faim est un problème plus sérieux dans certains pays que dans d'autres. L'animateur doit noter avec soin les différentes explications, en les classifiant entre les catégories suivantes : (1) causes sociales, (2) causes politiques, (3) causes économiques, (4) causes culturelles. Corroborez plusieurs de ces explications par des données en rapport, en utilisant les tableaux comparatifs de l'Appendice. Organisez des groupes de discussion pour chacune des quatre séries de causes. Le groupe 1 se penchera sur les causes sociales, et essaiera de déterminer laquelle, parmi celles-ci, est la plus importante. Le groupe 2 fera de même pour les causes politiques, le groupe 3 pour les causes économiques et le groupe 4 pour les causes culturelles.

Etape 7. En séance plénière, après une discussion pendant laquelle les quatre causes identifiées comme étant les plus importantes dans leur catégorie respective seront rangées à leur tour par ordre de priorité, encouragez les participants à reconnaître l'utilité d'une division des causes de la faim en plusieurs catégories (sociale, politique, économique et sociale) pour améliorer leur analyse des problèmes et adopter des solutions. Revenez au format de discussion en groupe pour identifier des suggestions sur les changements qui peuvent être apportés pour améliorer la mise en oeuvre du droit à la nourriture, en faisant tout particulièrement attention au problème des enfants.


Appendice à l'Exercice 14.

Pacte relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (1976)
Article 11, Paragraphe 2 :
Les Etats parties au présent pacte, reconnaissant le droit fondamental qu'a toute personne d'être à l'abri de la faim, adopteront, individuellement et au moyen de la coopération internationale, les mesures nécessaires, y compris des programmes concrets :
a) Pour améliorer les méthodes de production, de conservation et de distribution des denrées alimentaires par la pleine utilisation des connaissances techniques et scientifiques, par la diffusion du principes d'éducation nutritionnelle et par le développement ou la réforme des régimes agraires, de manière à assurer au mieux la mise en valeur et l'utilisation des ressources naturelles.
b) Pour assurer une répartition équitable des ressources alimentaires mondiales par rapport aux besoins, compte tenu des problèmes qui se posent tant aux pays importateurs qu=aux pays exportateurs de denrées alimentaires.

Convention sur les droits de l'enfant (1989)
Article 24, Paragraphe 2 :
Les Etats parties (...) prennent les mesures appropriées pour :
a) Réduire la mortalité parmi les nourrissons et les enfants ;
(...)
c) Lutter contre les maladie et la malnutrition, y compris dans le cadre des soins de santé primaire, grâce à l'utilisation de techniques aisément disponibles et à la fourniture d'aliments nutritifs et d'eau potable, compte tenu des dangers et des risques du milieu naturel ;
d) Assurer aux mères des soins prénatals et postnatals appropriés ;
e) Faire en sorte que tous les groupes de la société, en particulier les parents et les enfants, reçoivent une information sur la santé et la nutrition de l'enfant, les avantages de l'allaitement au sein, l'hygiène et la salubrité de l'environnement et la prévention des accidents, et bénéficient d'une aide leur permettant de mettre à profit cette information.

Statistiques sur la faim dans les pays en voie de développement (1990).
Statistiques sur les facteurs liés à la nourriture et la faim dans les pays en voie de développement à taux de mortalité infantile élevé. Source : Human Development Report, 1995, (New York : Oxford University Press, publié pour le Programme des Nations Unies pour le développement, 1995).


PAYS
Taux de mortalité enfants de moins de 5 ans PNB
par habitant
en US $
Taux
d'alphabétisme
Taux
de croissance
de la population
Ration quotidienne de calories
Tchad 206 220 45% 2.8% 1989
Congo 109 1110 71% 2.9% 2297
Côte d'Ivoire 120 680 37% 3.4% 2491
Ethiopie 204 110 5% 3.0% 1610
Mali 217 310 27% 3.1% 2279
Sénégal 120 780 31% 2.6% 2265
Tanzanie 167 100 - 2.9 2021

 

VALEUR MORALE 8 : COMBATTRE LES PREJUGES

EXERCICE 15, CONFRONTER LES PREJUGES ET LA DISCRIMINATION

Description générale : S'efforcer de comprendre les questions de préjugés, de discrimination, de racisme, de sexisme et d'ethnocentrisme est une étape importante de l'enseignement des droits de l'homme. La discrimination est une forme d'exclusion morale, et une manifestation du problème fondamental du dénis de la dignité humaine. Parmi les groupes frappés de discrimination se trouvent des minorités ethniques et culturelles, les réfugiés et les personnes sans domicile fixe, les minorités religieuses et bien d'autres encore. Les femmes constituent le plus grand groupe social souffrant de discrimination systématique. Le fait que les droits de la femme sont des droits de l'homme est souvent mal compris : les droits de la femme ne sont pas des droits supplémentaires, mais des droits dont la femme devrait pouvoir jouir parce qu'elle est un être humain à part entière. Ceci peut sembler évident, mais beaucoup de gens ne placent pas la quête des femmes pour l'égalité dans le contexte des droits de l'homme. Les préjugés et l'ignorance déshumanisent les femmes et les minorités, et créent et entretiennent de nombreuses formes de discrimination.

Objectifs : Les participants :

Procédures : L'animateur doit faire usage de créativité pour expliquer la distinction entre préjugé et discrimination, et pour assurer que les participants comprennent les connections en jeu. Comme ceci peut être pour certains un sujet très sensible, il est important d'allouer assez de temps pour que les diverses opinions soient exprimées. L'animateur ne devrait pas essayer de "corriger" les opinions qui semblent erronées, mais laisser les participants commenter. L'étape 4 est assez complexe, aussi l'animateur devrait-il prévoir de circuler parmi les divers groupes pour s'assurer qu'ils comprennent ce qu'ils doivent faire.

Matériels : Déclaration universelle des droits de l'homme ; Constitution du Congo ; Constitution de la Côte d'Ivoire ; Constitution du Mali ; Constitution du Sénégal

Séquence : Etape 1. Intervention de l'animateur. Expliquez que préjugés et discrimination sont étroitement liés.
Les préjugés sont des opinions, des sentiments, des attitudes. Ils naissent de la conviction que certaines personnes sont inférieures et devraient être traitées comme des êtres indignes et donc méprisables. Les préjugés sont un terrain fertile dans lequel coutumes, habitudes et attitudes prennent racine et se transforment en oppression sytématique. Préjugés et mauvais sentiments sont souvent dirigés contre les femmes ainsi que contre d'autres groupes sociaux : réfugiés et personnes déplacées, membres de diverses religions, groupes ethniques et groupes linguistiques, etc. Les préjugés tendent à être les plus forts parmi les individus dont les capacités de raisonnement sont faibles. L'ignorance explique souvent le processus d'exclusion morale des autres et de dénis du droit à un traitement juste et équitable. Une personne ignorante percevra l'exclusion et le dénis de droits comme des choses "naturelles".

La discrimination est une action, souvent encouragée par des règles injustes. Les actes de discrimination sont basés sur l'idée préconçue qu'un groupe, se considérant meilleur que les autres, mérite de nier à un autre groupe ses droits fondamentaux et l'accès aux bénéfices de la société. La discrimination est ainsi un dénis de la dignité humaine et de l'égalité des droits de ceux qui en sont victimes. Les actions en question nient l'égalité des êtres humains et imposent à certains de vivre une vie difficile, tandis que d'autres bénéficient de privilèges et d'avantages. De la même façon que des préjugés naît la discrimination, de la discrimination naissent l'exploitation et l'oppression. Lorsque l'exploitation et l'oppression sont renforcées par la coutume et la tradition, elles sont difficiles (mais non impossibles) à déraciner.

Demandez aux participants s'ils comprennent ces concepts et ces distinctions, et encouragez les fortement à poser des questions.

Etape 2. Demandez aux participants de partager leurs sentiments concernant les différents groupes sociaux, et demandez-leur si de tels sentiments peuvent être basés sur des préjugés : des personnes ayant un accent différent ? Les marchands ambulants ? Les gens qui mendient dans la rue et font les poubelles ? Pensent-ils que ces gens sont fous ? Qu'ils ne sont pas vraiment humains ? Qu'ils sont inférieurs ?

Etape 3. Demandez aux participants s'ils pensent que les préjugés sociaux sont généralement dirigés aussi contre les femmes ? Qu'est ce qui explique l'existence de préjugés qui rendent la vie plus difficile aux femmes qu'aux hommes ?

Etape 4. Divisez les participants en petits groupes. Chaque groupe devrait avoir : (1) un/une présidente. En plus, chaque groupe devrait avoir : (2) un rapporteur qui fera un compte-rendu de la discussion sur les préjugés et attitudes à la lumière desquels la société considère un groupe social particulier ; (3) un rapporteur qui rendra compte de la discussion sur les actes de discrimination, d'exclusion, d'exploitation et d'oppression à l'encontre de ce même groupe. Les deux rapporteurs présenteront les conclusions de chaque groupe lors de la session plénière. Il devrait y avoir un groupe traitant de chacune des catégories suivantes :

(1) femmes : devraient elles avoir droit aux mêmes opportunités au sein de la famille, des villages, des rassemblement communautaires et en ce qui concerne les responsabilités administratives au sein de la communauté ?
(2) réfugiés et personnes déplacées : devraient-elles être maintenues à l'extérieur de la communauté, séparées dans des villes de tentes, et exclues de la communauté ?
(3) personnes ayant un accent différent : devrait-on les renvoyer d'où elles viennent ? Les gens sont-ils plus ou moins civilisés en fonction de leur langue, de leur dialecte ou accent ?
(4) marchands des rues : devraient-ils être autorisés à vendre des cigarettes, des bonbons, du chewing-gum, des journaux ? La police a-t-elle une attitude positive envers eux, ou bien les policiers semblent-ils avoir des préjugés ?
(5) les gens qui mendient dans la rue ou font les poubelles : sont-ils mentalement instables ? Sont-ils tous des vagabonds ? Manquent-ils de morale ? Sont-ils des criminels ?


Appendice à l'Exercice 15.

Déclaration universelle des droits de l'homme (1948)
Article 1.
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Article 2.
Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. (...)

Article 7.
Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi.

Article 13.
Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.

Article 14.
Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays.

Article 21.
Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.


Constitution de la République du Congo
Article 11.
L'Etat assure l'égalité de tous les citoyens devant la loi, sans discrimination d'origine, de situation sociale et matérielle, d'appartenance raciale, ethnique et régionale, de sexe, d'instruction, de langue, d'attitude, vis à vis de la religion et de la philosophie, du lieu de résidence. Il respecte tous les droits et libertés dans les limites compatibles avec l'ordre public et les bonnes moeurs.
L'Etat a le devoir de veiller à l'élimination de toute forme de discrimination à l'égard de la femme et d'assurer la protection de ses droits dans tous les domaines de la vie privée et publique tels que stipulés dans les Déclarations et Conventions internationales ratifiées par le Congo.
Tout acte qui accorde des privilèges à des nationaux ou limite leurs droits en raison des considérations visées à l'alinéa 1 du présent article est puni des peines prévues par la loi.

Constitution du Mali
Article 2.
Tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l'origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l'opinion politique est prohibée.

Constitution de la Côte d'Ivoire
Article 6.
La République assure à tous l'égalité devant la loi sans distinction d'origine, de race, de sexe ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.
Toute propagande particulariste de caractère racial ou ethnique, toute manifestation de discrimination raciale sont punies par la loi.

Constitution du Sénégal
Article 4.
Tout acte de discrimination raciale, ethnique ou religieuse, de même que toute propagande régionaliste pouvant porter atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat ou à l'intégrité du territoire de la République, sont punis par la loi.

Article 7.
Tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Les hommes et les femmes sont égaux en droit.
Il n'y a au Sénégal ni sujet, ni privilège de lieu de naissance, de personne ou de famille.

 

 

EXERCICE 16, LES DROITS DE LA FEMME

Description générale : Il ne fait aucun doute que la lutte des femmes pour leur dignité et contre l'injustice peut amener à long terme des transformations sociales. Chaque femme peut devenir un agent du changement. Le moment est venu d'ouvrir de nouvelles perspectives, vers un monde dans lequel tous les hommes et toutes les femmes sont également émancipés et travaillent ensemble pour briser le mauvais sort de la domination d'un sexe par l'autre, et pour éliminer toutes formes de discrimination à l'égard des femmes. Nous devons reconnaître que les droits de la femme comptent parmi les droits de l'homme, et agir en conséquence.

Objectifs : Les participants choisiront un projet ou un plan d'action qui :

Procédures : L'animateur doit prendre tout le temps nécessaire pour introduire les dispositions spécifiques de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, en s'assurant par des questions appropriées que les participants comprennent bien. Soulignez que la Convention appelle à l'action, de la part des états qui l'ont ratifiée comme de la part des femmes elles-mêmes, seules ou en collaboration avec d'autres. L'étape finale, qui inclut le développement d'un plan d'action, est la plus importante et suffisamment de temps devrait lui être imparti.

Matériels : Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, articles choisis (appendice)

Séquence : Etape 1. Intervention de l'animateur : informez les participants que la Convention requiert que leur gouvernement fasse un rapport régulier aux Nations Unies sur les mesures prises pour faire respecter les droits de la femme, y compris les programmes d'éducation sur les droits de l'homme. Est-ce là une bonne idée ? Pourquoi ?

Etape 2. Soulevez certaines des questions relatives aux devoirs du gouvernement d'informer les citoyens de leurs droits. Pourquoi pensez-vous que les droits des femmes devraient être connus et des informations sur ce sujet largement disséminées ?

Etape 3. Revoyez certaines des dispositions de la Convention, en soulevant les questions suivantes :
(a) Les participants comprennent-ils tous les articles, et (b) certains parmi les participants peuvent-ils/elles parler d'expérience au sujet des dispositions ? L'animateur peut choisir entre les articles donnés en Appendice, mais sélectionnez-en au moins cinq pour discuter leur contenu et leur but.

Etape 4. Maintenant que vous avez revu plusieurs dispositions spécifiques de la Convention, posez aux participants la question suivante : Pourquoi est-il important que les dispositions relatives aux droits de la femme soient largement connues des hommes comme des femmes ? Essayez d'encourager l'expression d'autant d'opinions que possible.

Etape 5. Rappelez aux participants que tout le monde a besoin de connaître ses droits. Demandez : Qui a la responsabilité de répandre l'information aussi largement que possible ? Ici, aidez les participants à mentionner autant d'agents potentiels que possible. Demandez : Est ce là un processus dans lequel les participants peuvent jouer un rôle ?

Etape 6. Utilisez la méthode de résolution des problèmes (voir Exemples de méthodes) pour élaborer deux ou trois plans d'action dans lesquels les participants aideront d'autres à s'informer des droits qui sont les leurs selon la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination.

MODIFICATION DES COUTUMES. Article 5. Les Etats [modifient] les schémas et modèles de comportement socio-culturels de l'homme et de la femme en vue de parvenir à l'élimination des préjugés et des pratiques coutumières, ou de tout autre type, qui sont fondés sur l'idée de l'infériorité ou de la supériorité de l'un ou de l'autre sexe ou d'un rôle stéréotypé des hommes et des femmes.

TRAITE DES FEMMES. Article 6. Les Etats [supprimeront] sous toutes leurs formes, le trafic des femmes et l'exploitation de la prostitution des femmes.

PARTICIPATION POLITIQUE. Article 7. Les Etats [élimineront] la discrimination à l'égard des femmes dans la vie politique et publique du pays et, en particulier, leur assurent, dans des conditions d'égalité avec les hommes, le droit [de voter, d'occuper des emplois publics et] de participer aux organisations et associations non gouvernementales s'occupant de la vie publique et politique du pays.

EMPLOI. Article 11. Les Etats [assurent] c) le droit au libre choix de la profession et d'emploi, le droit à la promotion, à la stabilité de l'emploi et à toutes les prestations et conditions de travail, le droit à la formation professionnelle et au recyclage (...) [et] e) le droit à la sécurité sociale, notamment aux prestations de retraite, de chômage, d'invalidité et de vieillesse ou pour toute autre perte de capacité de travail, ainsi que le droit à des congés payés ; f) le droit à la protection de la santé et à la sécurité des conditions de travail, y compris la sauvegarde de la fonction de reproduction.

SANTE. Article 12. Les Etats (...) Éliminent la discrimination à l'égard des femmes dans le domaine des soins de santé en vue de leur assurer, sur la base de l'égalité de l'homme et de la femme, les moyens d'accéder aux services médicaux, y compris ceux qui concernent la planification de la famille.

CAPACITE JURIDIQUE. Article 15. Les Etats reconnaissent à la femme, en matière civile, une capacité juridique identique à celle de l'homme et les mêmes possibilités pour exercer cette capacité [y compris] en ce qui concerne la conclusion de contrats et l'administration des biens.

MARIAGE. Article 16. Les Etats [éliminent] la discrimination à l'égard des femmes dans toutes les questions découlant du mariage et dans les rapports familiaux, et en particulier, assurent, sur la base de l'égalité de l'homme et de la femme :

 

Appendice à l'Exercice 16.

 

VALEUR MORALE 9 : LA POURSUITE DE LA JUSTICE

EXERCICE 17, EDUCATION ET ACTION : LES DROITS DES ENFANTS

Description générale : Il est important que l'enseignement des droits de l'homme non seulement mette l'accent sur les responsabilités découlant des droits, mais aussi qu'il offre l'occasion de mettre ces responsabilités en oeuvre et de passer à l'action au nom des droits de l'homme. Les participants ne doivent pas terminer le programme avec l'impression que les problèmes sont trop vastes pour être adressés par des citoyens ordinaires. Il faut mettre l'accent sur le fait que la plupart des pas importants vers l'acceptation et l'avancement des droits de l'homme ont été initiés par des individus et des petits groupes. Tout le monde peut faire quelque chose pour les droits de l'homme. En fait, il est de notre devoir d'agir.

Objectifs : Les participants choisiront un projet ou un plan d'action qui :

Procédures : Intervention de l'animateur : lisez aux participants plusieurs dispositions de la Convention sur les droits de l'enfant, et encouragez les participants à commenter pour vérifier qu'ils comprennent. Soulignez que la Convention appelle à une action, à la fois de la part des Etats qui l'ont ratifiée et de la part des enfants et ceux qui les représentent. L'étape finale, qui inclut le développement d'un plan d'action, est la plus importante, et suffisamment de temps doit lui être alloué.

Matériels : Convention sur les droits de l'enfant, articles choisis (Appendice)

Séquence : Etape 1. Intervention de l'animateur : informez les participants de ce que la Convention sur les droits de l'enfant proclame que "les Etats parties [c'est à dire les gouvernements des pays membres des Nations Unies] s'engagent à faire largement connaître les principes et dispositions de la présente Convention, par des moyens actifs et appropriés, aux adultes comme aux enfants".

Etape 2. Demandez aux participants de commenter sur cette déclaration d'une activiste d'Amérique latine au nom des droits de l'enfant. Gabriela Mistral a dit : "Nous sommes coupables de beaucoup d'erreurs et de beaucoup de fautes mais notre pire crime est d'abandonner nos enfants, de négliger la fontaine de la vie. Beaucoup de choses peuvent attendre, les enfants ne peuvent pas. C'est maintenant que leurs os se forment, que leurs sens se développent. Nous ne pouvons pas leur dire "demain", leur nom est 'aujourd'hui'".

Etape 3. Soulevez quelques questions concernant le devoir du gouvernement d'informer les citoyens de leurs droits. Pourquoi, votre avis, cette directive est-elle inclue dans le document ?

Etape 4. Revoyez plusieurs des dispositions de la Convention sur les droits de l'enfant, en soulevant des questions pour vérifier que chaque clause est bien comprise, et en demandant si des participants veulent bien faire part de leur expérience sur la question. L'animateur peut choisir parmi les articles présentés en Appendice, mais sélectionnez au moins quatre des dispositions pour en discuter le contenu et l'intention.

Etape 5. Maintenant que vous avez revu certaines dispositions de la Convention, posez aux participants la question suivante : Est-il important que les droits proclamés par la Convention soient largement connus des adultes et des enfants ? Essayez d'encourager l'expression d'autant d'opinions que possible.

Etape 6. Rappelez aux participants que tout le monde a besoin de connaître ses droits. Posez la question suivante : A qui échoit la responsabilité de diffuser l'information sur ces droits ? Ici, aidez les participants a mentionner autant d'agents potentiels que possible. Posez la question suivante : Pouvez- VOUS jouer un rôle important ?

Etape 7. Utilisez la méthode de résolution de problème (voir Exemples de méthodes) pour élaborer deux ou trois plans d'action au travers desquels les participants aideront les autres à s'informer sur les droits qui sont les leurs d'après la Convention sur les droits de l'enfant.


Appendice à l'Exercice 17.

 

Convention sur les droits de l'enfant, articles choisis.

LIBERTE D'EXPRESSION. Article 13. L'enfant a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen du choix de l'enfant.

VIE PRIVEE. Article 16. Nul enfant ne fera l'objet d'immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes illégales à son honneur et à sa réputation.

ENFANTS SANS ABRIS. Article 20. Tout enfant qui est temporairement ou définitivement privé de son milieu familial, ou qui dans son propre intérêt ne peut être laissé dans son milieu, a droit à une protection et une aide spéciales de l'Etat [qui devra prévoir] pour cet enfant une protection de remplacement (...). Cette protection de remplacement peut notamment avoir la forme du placement dans une famille, de la "Kafala" de droit islamique, de l'adoption ou, en cas de nécessité, du placement dans un établissement pour enfants approprié.

ENFANTS HANDICAPES. Article 23. Les enfants mentalement ou physiquement handicapés doivent mener une vie pleine et décente, dans des conditions qui garantissent leur dignité, favorisent leur autonomie et facilitent leur participation active à la vie de la collectivité.

SERVICES DE SANTE. Article 24. Les Etats (...) reconnaissent le droit de l'enfant de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier de services médicaux et de rééducation. Ils s'efforcent de garantir qu'aucun enfant ne soit privé du droit d'avoir accès à ces services.

EDUCATION. Article 29. Les Etats parties conviennent que l'éducation des enfants doit viser à :

RELIGION ET CULTURE. Article 30. (...) Un enfant autochtone ou appartenant à une minorité ne peut être privé du droit d'avoir sa propre vie culturelle, de professer et de pratiquer sa propre religion ou d'employer sa propre langue en commun avec les autres membres de son groupe.

PROTECTION. Article 32. Les Etats parties reconnaissent le droit de l'enfant d'être protégé contre l'exploitation économique et de n'être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptibles de compromettre son éducation, ou de nuire à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social.

PROTECTION CONTRE L'EXPLOITATION SEXUELLE. Article 34. Les Etats s'engagent à protéger l'enfant contre toutes les formes d'exploitation sexuelle et de violence sexuelle.

DROIT PENAL. Article 40. Les Etats parties reconnaissent à tout enfant suspecté, accusé ou convaincu d'infraction à la loi pénale le droit à un traitement qui soit de nature à favoriser son sens de la dignité et de la valeur personnelle, qui renforce son respect pour les droits de l'homme et les libertés fondamentales d'autrui, et qui tienne compte de son âge ainsi que de la nécessité de faciliter sa réintégration dans la société et de lui faire assumer un rôle constructif au sein de celle-ci.

ENSEIGNEMENT DES DROITS DE L'HOMME. Article 42. Les Etats parties s'engagent à faire largement connaître les principes et dispositions de la présente Convention, par des moyens actifs et appropriés, aux adultes comme aux enfants.

 

EXERCICE 18 : INFORMATION = EMANCIPATION

Description générale : En 1972, le chercheur brésilien Paulo Freire développa une méthode d'apprentissage et d'enseignement basée sur la résistance locale aux actions et aux régimes répressifs. Sa "pédagogie de l'opprimé" met l'accent sur la participation de la communauté à l'identification des besoins communautaires, sur l'action collective pour promouvoir le changement social, et l'utilisation de l'information pour supporter les buts et objectifs exprimés par les membres marginalisés de la communauté. Un tel plan requiert la propagation d' information exacte. Ceci crée une responsabilité spéciale pour la presse, la radio et la télévision. Pour les journalistes, collecter systématiquement des information sur les problèmes et les activités de la communauté est une façon de soutenir les perspectives d'émancipation, parce qu'une information exacte est un élément essentiel d'une action communautaire effective dans la quête de la justice.

Objectifs : A la fin de cet exercice, les participants devraient comprendre que :

Procédures : L'animateur doit prendre en compte le fait que le scénario présenté se compose de deux parties, avec un débat après chaque partie. Assurez-vous de terminer l'exercice par un briefing des participants sur les dispositions de l'article 19 du Pacte relatif aux droits civils et politiques. Dîtes-bien que le cas de Léopold est une histoire inventée.

Matériel : Pacte international relatif aux droits politiques et sociaux, Article 19 ; Constitution du Sénégal, Article 8 ; Constitution du Congo, Article 27

Séquence : Etape 1. Commencez l'exercice en demandant aux participants comment ils s'informent sur ce qui se passe dans la communauté. En écoutant ce qui se dit autour d'eux ? La radio ? La télévision ? En lisant les journaux ? Demandez-leur quel média est le plus honnête et lequel a le plus de chance d'"embellir" la vérité ?

Etape 2. Expliquez que les journalistes qui ont reçu une formation sérieuse ont le devoir de dire la vérité afin que les gens puissent se former une opinion basée sur des faits. Parfois, si une histoire dans le journal est fausse, une injustice terrible peut être commise si la réputation de quelqu'un est injustement ruinée. Par exemple, prenons le cas d'un journaliste qui s'est disputé avec Jean-Baptiste, un vendeur ambulant de la place d'Eglese à Brazzaville. Le reporter essaie de se venger de Jean-Baptiste en publiant une histoire qui prétend que Jean-Baptiste vole secrètement l'argent de la quête à l'Eglise Sainte-Marie. Le journaliste a-t-il violé la loi en disant un mensonge ? Les participants pensent-ils que le journaliste a aussi violé les droits de l'homme de Jean-Baptiste ? Quels droits sont-ils en cause ? Que peut faire Jean-Baptiste ?

Etape 3. Un journaliste ne doit pas seulement éviter de dire des mensonges, il/elle a aussi la responsabilité de dire la vérité, au risque de mettre des gens haut placés en colère. Voici un exemple d'un journaliste de radio nommé Léopold qui se retrouve dans une situation inconfortable.

LE CAS DE LEOPOLD

Etape 4. Utilisez la méthode d'écoute (voir exemples de méthodes) pour organiser un débat entre deux parties : ceux qui disent que Léopold doit dire la vérité au sujet du risque sanitaire que la ville encourt, et (2) ceux qui disent que Léopold ne doit pas publier la nouvelle parce que cela causera plus de mal que de bien.

Etape 5. Après la discussion de l'étape 4, demandez aux participants de prendre en compte les informations supplémentaires suivantes :

Demandez aux participants de reconsidérer le débat et ses conclusions à la lumière de ces informations nouvelles. Ont-ils changé d'avis ? Est-il aussi crucial que Léopold fasse son travail et publie l'histoire ?

Etape 6. Questionnez les participants sur les droits de l'homme des membres de la presse libre. Leurs droits de l'homme incluent-ils le devoir de dire la vérité sur les conditions dans la communauté, même si il s'agit de mauvaises nouvelles ? Même si ces mauvaises nouvelles sont gênantes ? Quelle communauté est la plus embarrassée ou blessée : la communauté d'affaires ou la communauté des bidonvilles ? Que pensez-vous du plan d'action de la communauté, qui cherche justice en répandant la vérité ?

Appendice à l'Exercice 18.


Pacte international relatif aux droits civils et politiques (1989 )
Article 19.

  1. Nul ne peut être inquiété pour ses opinions.
  2. Toute personne a droit à la liberté d'expression ; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix.
  3. L'exercice des libertés prévues au paragraphe 2 du présent article comporte des devoirs spéciaux et des responsabilités spéciales. Il peut en conséquence être soumis à certaines restrictions qui doivent toutefois être expressément fixées par la loi et qui sont nécessaires:
    a) Au respect des droits ou de la réputation d'autrui ;
    b) A la sauvegarde de la sécurité nationale, de l'ordre public, de la santé et de la moralité publique.

Constitution du Sénégal
Article 8
Chacun a le droit d'exprimer et de diffuser librement ses opinions par la parole, la plume et l'image. Chacun a le droit de s'instruire sans entrave aux sources accessibles à tous. Ces droits trouvent leur limite dans les prescriptions des lois et règlements ainsi que dans le respect d'autrui.

Constitution du Congo
Article 27
Tout citoyen a le droit d'exprimer et de diffuser librement son opinion par la parole, par l'écrit et par l'image.
La liberté de presse et la liberté d'information sont garanties.
La censure est prohibée.
L'accès aux sources d'information est libre.
Tout citoyen a le droit à l'information et à la communication. Les activités relatives à ces domaines s'exercent en toute indépendance dans le respect de la loi.


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