HREA Electronic Resource Centre for Human Right Education:
The Bells of Freedom

 

PREMIERE ETAPE

Le respect de la dignité humaine et le besoin de règles équitables

VALEUR MORALE 1. LE RESPECT DE LA DIGNITE HUMAINE

EXERCICE 1, QU'EST-CE QU'ETRE "HUMAIN" ?

Description générale : Le principal concept introduit lors de cet exercice est celui de l'affirmation de la dignité humaine concrétisée, par une représentation positive de soi même et des autres. L'exercice devrait se concentrer sur la question du manque de respect envers les autres, qui provient souvent du fait que nous ne réalisons pas que, dans notre dignité d'homme et de femme, "les autres" sont en fait nos semblables. Cet exercice devrait aider les participants à prendre conscience des autres en tant qu'êtres humains doués de conscience, capables de réfléchir, de communiquer, de prendre des décisions, et dont la dignité mérite le respect, ainsi que le d clare le préambule de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Objectifs : Les participants devraient prendre conscience de leur propre humanité ;
- se concevoir en relation avec les autres ;
- formuler une conception de la dignité humaine ;
- comprendre le language du Préambule de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Procédures : Commencez par essayer de "briser la glace" entre les participants, en utilisant une méthode comme celle de la "roue" (voir Définitions). Les deux premières activités de cette session d'introduction devraient prendre environ 10 minutes, les autres étapes au moins vingt minutes. L'étape 5 demande le plus de temps. Si le groupe est assez petit, on peut organiser un groupe de discussion, les participants s'asseyant sur le sol ou bien sur les chaises arrangées de façon à ce que chacun puisse voir de face tous les autres participants.

Matériel: (1) Une plante ou quelque chose de vivant, placée bien en vue de tout le monde. (2) Le Préambule de la Déclaration des droits de l'homme.

Séquence : Etape 1 : Utilisez la méthode de la roue (voir Définitions) pour amener les participants à se présenter aux autres individuellement.

Etape 2 : Formez un "cercle de discussion" (voir Définitions), en expliquant qu'il s'agit là d'une façon de débattre de choses importantes. Bien que les introductions aient été faites pendant l'étape 1, faites le tour du cercle et demander à chacun de prononcer son nom clairement et à haute voix, de façon à ce que la personne se présente au groupe entier. Parler fort, de façon claire et positive, aide à l'affirmation de soi. Souvent, certains participants feront preuve de timidité, aussi demandez que le tour du cercle soit refait, cette fois en ajoutant à la parole un geste expressif, tel qu'une main ou un poing levé, un claquement des mains, qui attire l'attention. Faites le tour du cercle plusieurs fois jusqu'à ce que tout le monde parle clairement et positivement. Lors du dernier tour de cercle, demandez aux participants ce qu'ils attendent du programme (voir la section Exemples de méthodes).

Etape 3 : Demandez à chaque participant de réfléchir en silence pendant quelques minutes, de décider quelle est leur meilleure qualité personnelle, et de l'expliquer en quelques mots : généreux/se, bon parent, travailleur/se, compatissant(e), etc. Précisez que tout le monde a des qualités. Demandez aux participants si les qualités qu'ils voient en eux- même sont aussi celles qu'ils apprécient chez les autres. Que signifient "respecter les autres" et "se respecter soi même" ? Si les autres ont des qualités différentes des vôtres, méritent-ils quand même votre respect ? Tout être humain mérite-t-il le respect ? Pourquoi ?

Etape 4 : Demandez aux participants s'ils se souviennent d'une situation lors de laquelle ils se sont sentis blessés parce que quelqu'un leur a manqué de respect. Parfois, les gens disent à notre sujet des choses qui nous font nous sentir bête, ou inférieur, telles que : "Ce n'est pas la peine de lui parler, il ne comprend rien". Essayez de vous rappeler de un ou deux exemples de ce genre. Ces critiques étaient-elles justifiées, ou bien sont-elles une preuve de manque de respect ? Ou bien les deux ? Pourquoi les gens essaient-il de se rabaisser les uns les autres ? Votredignité en souffre-t-elle ? Quels sentiments éprouvez-vous ? Qu'est-ce que "dignité" veut dire ?

Etape 5 : Dites aux participants que toutes les personnes présentes sont des êtres humains, et demandez-leur de nommer d'autres créatures vivantes. Demandez-leur en quoi les êtres humains diffèrent de ces autres créatures. Dans les groupes ou certains participants sont membres de religions ou philosophies particulières, la discussion peur prendre en compte les considérations spirituelles et éthiques de ces systèmes de croyance. L'animateur doit passer en revue les différences notées et devrait insister sur le fait que les êtres humains communiquent entre eux avec des mots, et pas seulement avec quelques sons, comme les animaux. Deuxièmement, nous faisons aussi des choix. Nous pouvons décider beaucoup plus que les animaux ne le peuvent. Quelles sont les conséquences dans notre vie de tous les jours ? Cette conception des êtres humains signifie-t-elle que nous devons apprendre à peser nos paroles ?

Etape 6 : Si nous faisons attention à ce que nous disons, et si nous déclarons que tous les êtres humains méritent le respect parce qu'ils ont tous une dignité humaine, quelles sont les conséquences ? Expliquez qu'en 1948, après une guerre terrible ‹ la Seconde Guerre Mondiale, tous les pays du monde se mirent d'accord sur des "paroles" qui disaient que le monde serait plus paisible si chaque être humain respectait la dignité des autres. Expliquez que de nos jours, le Congo, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Sénégal ont tous accepté de reconnaître ces paroles. Que signifient les paroles suivantes (tirées de la Déclaration universelle des droits de l'homme) : "la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine (...) constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde". Lisez le Préambule de la Déclaration universelle. Utilisez la méthode du "tour de table" pour demander aux participants de donner des exemples montrant que leur communauté serait plus paisible si les gens manifestaient plus de respect les uns envers les autres.


Appendice à l'Exercice 1. Le Préambule de la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948)

        Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde,
        Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde dans lequel les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme,
        Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et la répression,
        Considérant qu'il est essentiel d'encourager le développement de relations amicales entre nations,
        Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, et qu'ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande,
        Considérant que les Etats membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l'organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
        Considérant qu'une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir
pleinement cet engagement,
        L'Assemblée Générale Proclame la présente Déclaration universelle des droits de l'homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette déclaration constamment à l'esprit s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.

 

EXERCICE 2, BESOINS, DROITS ET DIGNITE HUMAINE

Description générale : Il est important de lier les besoins humains de base avec les droits de l'homme pour que le concept de droits de l'homme soit accepté et compris. La Déclaration universelle des droits de l'homme doit d'abord être introduite dans un langage accessible. Soulever des questions élémentaires au sujet de l'ampleur des besoins humains et montrer aux participants qu'à chaque besoin correspond un droit de l'homme est généralement une façon de faire rapidement accepter la notion que les droits de l'homme sont importants et peuvent être utiles.

Objectifs : Les participants devraient acquérir la compréhension des éléments suivants :
- Les besoins humains élémentaires sont universels.
- Chaque besoin humain identifiable est lié à l'un des droits définis dans la Déclaration universelle des droits de l'homme.
- Notre société, pas plus que les autres, n'atteint le niveau établi par les normes internationales si les besoins ne sont pas satisfaits et si les droits de l'homme ne sont pas respectés.

Procédures : Introduisez le sujet de l'exercice et demandez aux participants ce qu'ils en attendent (voir Examples de méthodes). Si nécessaire, utilisez au préalable une méthode pour "briser la glace", telle que la "roue" (voir Définitions). La première activité dans cette session introductive devrait prendre environ dix minutes. Les autres étapes au moins vingt minutes. Deux sessions peuvent être nécessaires si le groupe est prêt à aller au delà de l'étape 5.

Matériel : La version simplifiée de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir appendice)

Séquence : Etape 1. Demandez aux participants de vous aider à établir une liste de tous les besoins élémentaires inhérents à l'être humain. La discussion peut prendre comme point de départ l'exercice précédent lors duquel les êtres humains ont été distingués des différents animaux et autres créatures vivantes.

Etape 2. Divisez les participants en groupes. Chaque groupe se concentrera sur un besoin différent et s'interrogera sur la façon dont ce besoin est satisfait dans notre société. Notre société permet-elle aux individus de subvenir à leurs besoins, d'utiliser leur potentiel et de développer leurs qualités d'êtres humains ? Chaque groupe devra faire un compte-rendu oral du résultat de la discussion.

Etape 3. Demandez à chaque groupe d'imaginer et de définir les caractéristiques d'une société dans laquelle chaque individu a la possibilité de satisfaire ses besoins et de développer son potentiel.

Etape 4. Demandez à chaque groupe de rendre compte des résultats de sa discussion en quelques mots. Tout en écoutant ces présentations, l'animateur devrait construire un tableau divisé en trois colonnes :
(1) besoins élémentaires de l'être humain ;
(2) caractéristiques de la société actuelle. La majorité des citoyens peuvent-ils satisfaire ces besoins ?
(3) caractéristiques de la société "idéale"

Dans une quatrième colonne, l'animateur inscrit les différents droits de l'homme dont le respect est nécessaires pour que chacun puisse profiter, protéger et accroître sa dignité.

1. BESOINS 2. FAITS 3. BUTS 4. DROITS


Expliquez qu'à chaque besoin élémentaire correspond l'un des droits de l'homme introduits dans l'exercice précédent. Utilisez la version simplifiée de la Déclaration universelle qui se trouve en appendice à cet exercice pour insister sur la correspondance entre besoins et droits.

Etape 6. Discutez la colonne 2, dans laquelle les violations des droits de l'homme peuvent être identifiées, et la colonne 3, qui donne un bref aperçu de ce qui nous attend si les droits de l'homme sont enfin respectés, protégés et promus. Revenez à la colonne 1, des besoins. Que peut-on faire pour que les besoins élémentaires des individus soient satisfaits et que les droits de l'homme soient protégés ?


Appendice à l'Exercice 2. Version simplifiée de la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948)

1. Tous les êtres humains naissent libres et égaux. Nous sommes tous semblables dans notre dignité et nos droits et nous avons les mêmes droits que les autres, parce que nous naissons tous avec la capacité de penser et de faire la différence entre le bien et le mal. Nous devrions donc agir envers les autres de façon amicale.
2. Tout le monde a les mêmes droits et les mêmes libertés, quels que soient notre race, notre sexe, la couleur de notre peau, notre lieu de naissance, notre langue, notre religion ou opinion politique et notre fortune.
3. Chacun a le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité.
4. Personne ne peut être vendu en esclavage, ou soumettre une autre personne à l'esclavage.
5. Personne ne peut être soumis à la torture, ou à tout autre traitement ou punition cruel et inhumain.
6. Chacun a la droit d'être protégé par la loi partout et de la même manière.
7. La loi est la même pour tout le monde, et doit être appliquée de la même manière pour tous.
8. Si vos droits ne sont pas respectés, vous avez droit à ce que des juges justes fassent en sorte que justice soit faite.
9. Vous ne pouvez être arrêté, maintenu en prison ou expulsé de votre pays sans bonne raison.
10. Si vous devez aller au tribunal, vous avez autant de droit qu'un autre à un procès juste et public devant une court à l'esprit ouvert et libre de prendre ses décisions.
11. Si vous êtes accusé d'un crime, vous devez être considéré innocent jusqu'à preuve du contraire. Vous ne devez pas être puni pour avoir fait quelque chose qui n'était pas illégal au moment ou vous l'avez fait.
12. Personne ne devrait se mêler de votre vie privée, familiale, chez vous, ou de votre courrier, ou attaquer votre honnêteté et respect de vous-même sans bonne raison.
13. A l'intérieur d'un pays particulier, vous avez le droit de vivre et d'aller où vous voulez. Vous avez le droit de quitter un pays, y compris le vôtre, et d'y retourner lorsque vous le désirez.
14. Vous avez le droit de chercher refuge dans un autre pays si vous êtes persécuté.
15. Personne ne devrait vous enlever le droit de vivre dans le pays dont vous êtes originaire.
16. Les adultes, hommes et femmes, ont le droit de se marier et de créer une famille, sans que quiconque essaye de les empêcher du fait de leur race, de leur origine, ou de leur religion. hommes et femmes doivent donner leur accord au marriage, et les deux ont des droits égaux en ce qui concerne la décision de se marier, durant le marriage, et en ce qui concerne la décision de mettre fin à une union.
17. Chacun a le droit de posséder des biens qu'ils peuvent garder pour eux seuls ou partager avec d'autres, et personne ne devrait vous enlever vos possessions sans raison.
18. Vous pouvez croire ce que vous voulez, avoir vos propres idées sur ce qui est bien et mal, et avoir les croyances religieuses que vous voulez, et vous pouvez changer de religion sans que personne ait le droit de s'y opposer.
19. Vous avez le droit de dire votre opinion sans que personne puisse vous dire de vous taire. Vous pouvez lire le journal, ou écouter la radio, et vous avez le droit d'imprimer vos opinions et de les envoyer ou vous voulez sans que personne essaie de vous en empêcher.
20. Vous avez le droit de vous réunir paisiblement avec d'autres, et d'être avec qui vous voulez, mais personne ne peut vous forcer à joindre ou à faire partie de quelque groupe que ce soit.
21. Vous avez le droit de participer au gouvernement, en le choisissant au moyen d'élections justes, ou chaque vote à le même poids que les autres, et ou votre vote ne regarde que vous. Parce que les peuples votent, les gouvernements devraient faire ce que le peuple veut qu'ils fassent.
22. En tant que personne vivant sur cette planète, vous avez le droit à ce que vos besoins élémentaires satisfaits afin que vous puissiez vivre fièrement et devenir la personne que vous voulez être ; les autres pays, et groupes de pays devraient vous aider.
23. Vous avez le droit de travailler (et dans des conditions de sécurité suffisantes), de choisir votre emploi, d'appartenir à un syndicat, et d'être protégé contre le chômage. Vous devriez recevoir le même salaire que ceux qui font le même travail que vous sans que personne ne soit indfment favorisé. Vous avez besoin d'un salaire décent afin que votre famille puisse vivre dignement, et cela veut dire que si votre salaire n'est pas suffisant, vous devriez recevoir des aides supplémentaires.
24. Chacun a droit au repos et à la détente, à des congés payés, et à une limitation de la journée de travail.
25. Vous avez droit à ce dont vous avez besoin pour vivre de façon décente, y compris de la nourriture, des vêtements, un logement, et des soins médicaux pour vous et votre famille. Vous avez le droit d'être aidé par la société si vous êtes malade ou incapable de travailler, ou si vous êtes âgé(e) ou veuve, ou dans tous les autres cas où pour des raisons indépendantes de votre volonté, vous ne pouvez travaillez.
26. Vous avez le droit à l'éducation. Au moins pendant vos jeunes années, cette éducation devrait être gratuite et obligatoire pour tous. Une éducation plus avancée devrait être fournie à ceux qui la veulent et peuvent la suivre. L'éducation devrait aider les gens à développer leur potentiel et à respecter les droits des autres dans un monde en paix.
27. Vous avez le droit de profiter des arts, de la musique et des livres, et de bénéficier des avantages issus des nouvelles découvertes scientifiques. Si vous êtes artiste, écrivain ou scientifique, vos travaux doivent être protégés , et vous devez pouvoir en tirer profit.
28. Chacun a le droit de vivre dans un monde dans lequel les droits et les libertés sont respectées et mises en oeuvres.
29. Nous tous responsables de l'endroit ou nous vivons et des gens qui nous entourent, aussi nous devons faire attention les uns aux autres. Pour profiter de notre liberté, nous avons besoin de lois et de limites qui respectent les droits de chacun, correspondent à notre conception du bien et du mal, maintiennent la paix dans le monde et supportent les Nations Unies.
30. Personne ne peut menacer nos droits ni nous en priver.

 

 

VALEUR MORALE 2 : L'APPRENTISSAGE DES REGLES

EXERCICE 3, DES REGLES QUI PROTEGENT

Description générale
: Le respect et la protection des droits de l'homme reposent largement sur le respect de la règle de droit. Il est donc important, très tôt dans le programme, de présenter la loi comme étant un mécanisme social visant à assurer la justice et la protection des droits des individus. Les règles et règlements sont essentiels à la survie de toute société organisée, et, en partie, sont nécessaires pour protéger les gens... L'animateur doit être prudent et ne pas prôner une obéissance aveugle à l'autorité. Les règles servent (1) à protéger, et (2) à maintenir l'équité.

Objectifs : Les participants réfléchiront aux trois notions suivantes qui lient règles et protection.

Procédures : Utilisez les techniques de "brainstorming" et de "tête à tête" (pour les groupes de plus de 20) pour rassembler des idées et comparer la liste que les participants peuvent dresser des besoins des enfants avec la liste de droits des enfants tirée de la Déclaration sur les droits de l'enfant de 1959.

Matériel : (1) La liste des dix principes des droits des enfants (Déclaration des Nations Unies de 1959)

Séquence : Etape 1. Organisez une session de "brainstorming", en demandant aux participants de réfléchir au besoin de règles (dans les familles, lors de jeux, dans la communauté, etc.), et à la fonction de ces règles. Dans le cas d'un large groupe, il peut être utile de faire travailler les participants deux par deux , en "tête à tête". L'animateur note les suggestions au fur et à mesure, les divisant entre les catégories "protection" et "justice".

Etape 2. Expliquez aux participants que toutes leurs suggestions se rapportent à deux idées générales, qui sont les idées de protection et d'équité. Lorsque nous participons à un jeu, nous suivons des règles afin que le jeu soit juste pour tous et pour empêcher que certains des joueurs ne soient lésés. A la maison, les règles peuvent nous aider à garder notre logement en ordre, propre et bien organisé, contribuant donc à la bonne santé de la famille. D'autres règles nous aident à apprendre à l'école, à maintenir la sécurité dans notre quartier, et à protéger les gens. Expliquez que de bonnes règles nous aident à nous entendre avec les autres, et à prendre nos responsabilités et nos devoirs au sérieux. Demandez aux participants de citer des exemples de règles censées les protéger.

Etape 3. Demandez aux participants de réfléchir aux règles que les parents utilisent en famille. Comment ces règles contribuent-elles à protéger les enfants? Encouragez les participants à établir un parallèle entre les besoins des enfants et les règles que les familles adoptent pour protéger ces enfants. Demandez aux participants d'imaginer qu'ils sont invités à célébrer la naissance d'un bébé. Tous ceux qui viennent à la cérémonie doivent apporter un cadeau qui représente quelque chose dont l'enfant à besoin pour grandir heureux et en bonne santé : couvertures, vêtements, nourriture, etc. Utilisez la technique du "cercle de discussion" pour identifier les cadeaux et pour les connecter aux besoins auxquels ils correspondent. A partir de cette discussion sur les cadeaux, l'animateur établit une liste des besoins des enfants.

Etape 4. Intervention de l'animateur : Lisez aux participants la Déclaration sur les droits de l'enfant, et dites leur que les représentants du monde entier qui l'on écrite en 1959 ont eux aussi établi une liste de voeux pour un monde meilleur dans lequel les enfants sont protégés. Etudiez les dix éléments sur la liste des droits de l'enfant. Comparez cette liste avec celle dressée par les participants à l'étape 3.

Etape 5. Revoyez la liste des "besoins des enfants" et des "droits des enfants". Expliquez que ces droits sont des règles qui disent que les besoins des gens devraient être satisfaits, honorés et protégés. L'animateur devrait observer que beaucoup d'enfants sont privés de toutes ces choses. Demandez si les enfants qu'ils connaissent ont toutes les choses que nous jugeons nécessaires ? Conclure la discussion en demandant aux participants de réfléchir à leur liste de voeux pour un monde meilleur pour les enfants. Cette liste inclut-elle des droits qui ne sont pas dans la Déclaration sur les droits de l'enfant ?

Etape 6. Demandez aux participants de parler des façons dont individus, associations et nations ont essayé de prendre en compte les droits des enfants, surtout lorsque ces droits n'étaient pas encore protégés. Que peuvent faire les participants pour aider ? Que feront ils?


Appendice à l'Exercice 3.  Les dix principes de la Déclaration des Nations Unies sur les droits de l'enfant (1959)

1. Le droit d'être traité de façon équitable, indépendamment de toute considération de race, de couleur, de sexe, de religion, d'origine nationale ou sociale
2. Le droit de s'épanouir physiquement et moralement
3. Le droit à un nom et à une nationalité
4. Le droit à la nourriture, au logement et à des soins médicaux adéquats
5. Le droit de bénéficier de soins spéciaux en cas de handicap physique ou mental
6. Le droit d'être aimé, compris et protégé
7. Le droit à l'éducation, au repos et aux loisirs
8. Le droit d'être parmi les premiers à recevoir des secours en temps de catastrophe
9. Le droit à la protection contre toutes les formes de négligence, de cruauté et d'exploitation
10. Le droit d'être élevé dans un esprit de tolérance et de paix et en tant que membre de la famille humaine

 

EXERCICE 4, ETABLIR SES PROPRES REGLES"

Description générale : Les gens comprennent en général facilement le besoin de limites sociales" que les règles et les lois représentent. Lorsque les attitudes mfrissent et les valeurs deviennent plus sophistiquées, nous en arrivons à attendre non seulement des règles justes et protectrices, nous voulons aussi participer à leur élaboration. Les normes des droits de l'homme se trouvent en général exprimées dans les constitutions, les chartes, les pactes et les conventions. Ce sont des règles qui ont été développées grâce à la participation de personnes qui se sont entendues sur les normes les concernant. Ces règles reflètent donc un contrat social.

Objectifs : Les participants :

Procédures : L'animateur guidera le groupe dans le processus de développement d'un ensemble de règles et devra en respecter les termes. La connection entre promesses et obligations sera établie, suivie par une introduction des dispositions de la Convention sur les droits de l'enfant.

Matériel : Un ensemble de règles pour des sessions justes et ordonnées, établies à l'avance par l'animateur, et Articles 32 et 34 de la Convention sur les droits de l'enfant.

Séquence. Etape 1. L'animateur présente une brève liste de règles devant régir les activités du groupe, basées par example sur les "Règles de conduite de l'animateur" de ce manuel. Par exemple :
(1) Nos sessions dureront _____(Temps) et ne dépasseront pas l'heure de fin fixée ;
(2) Nous ne nous disputerons pas mais essayerons de prendre en considération les avis de chacun ;
(3) Nous traiterons tout le monde avec respect, même si nous ne sommes pas d'accord avec eux ;
(4) Nous n'interromprons pas quelqu'un en train de parler ;
(5) Nous changerons les règles si nous pensons qu'elles ne sont pas équitables, etc.

Lisez les règles aux participants et demandez-leur laquelle de ces règles, à leur avis, est particulièrement importante.


Etape 2. Groupez les participants en fonction de la règle qu'ils ont choisie comme étant la plus importante. Essayez de créer un groupe par règle. Les groupes devraient d'abord discuter entre eux des raisons pour lesquelles ils pensent que la règle est importante. Un animateur pourrait "circuler" parmi les groupes. Un porte-parole choisi par chaque groupe rendra compte des résultats des discussions, et devra être en mesure de donner au groupe entier une version finale de la règle discutée. Laissez les participants développer leurs propres règles, qui seront choisies par vote.

Etape 3. Une fois que les règles ont été choisies et approuvées, dites aux étudiants que les règles sont aussi une sorte de promesse faite par chacun dans le groupe d'étude, d'être poli et juste pour manifester leur respect mutuel. Dites-leur que de telles promesses sont parfois appelées des pactes, des conventions ou des chartes. Expliquez que lorsque des pays font des promesses au sujet des droits qu'ils vont respecter, ils s'engagent expressément à suivre une règle qu'ils honoreront et mettront en pratique.

Etape 4. Intervention de l'animateur : Expliquez que la plupart des pays du monde ont accepté les dispositions de la Convention sur les droits de l'enfant. C'est une longue liste de promesses, avec 54 sections ou articles qui s'appliquent aux jeunes de moins de 18 ans. Par exemple, l'article 32 promet de promouvoir et de respecter le droit de l'enfant d'être protégé contre l'exploitation économique et de n'être astreint à aucun travail comportant des risques. L'article 34 promet de protéger l'enfant contre toutes les formes d'exploitation sexuelle, y compris la prostitution et l'utilisation des enfants aux fins de la production de spectacles ou de matériel de caractère pornographique. Ce sont là des promesses de suivre des règles destinées à protéger les enfants.

Etape 5. Reconnaissez que les promesses faites ne sont pas toujours tenues. Demandez au groupe de donner des exemples qui montrent que dans leur propre communauté, l'article 32 (et donc la promesse nationale) n'est pas respecté. Divisez les participants en petits groupes, chaque groupe se concentrant sur une des violations de la promesse de protéger les enfants. Le groupe devrait aussi discuter des conditions qui expliquent le travail illégal des jeunes enfants, qui est une pratique condamnable, et identifier des façons de remédier à la situation. Répétez ce processus pour l'article 34 si le temps le permet, mais au lieu de discuter des explications à la violation des droits, utilisez les techniques de résolution des problèmes décrites dans la section "Méthodes" de ce manuel.

Etape 6. L'animateur peut conclure en résumant la discussion :

Demandez si tout le monde est d'accord avec votre résumé, et si quelqu'un a quelque chose d'autre à ajouter.


Appendice à l'Exercice 4
Convention sur les droits de l'enfant (1989) Article 32

1. Les Etats parties reconnaissent le droit de l'enfant d'être protégé contre l'exploitation économique et de n'être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptibles de compromettre son éducation ou de nuire à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social.

2. Les Etats parties prennent des mesures législatives, administratives, sociales ou éducatives pour assurer l'application du présent article. (...)

Article 34
Les Etats parties s'engagent à protéger l'enfant contre toutes les formes d'exploitation sexuelle et de violence sexuelle. A cette fin, les Etats prennent en particulier toutes les mesures appropriées sur les plans national, bilatéral et multilatéral pour empêcher :
a.que des enfants ne soient incités ou contraints à se livrer à une activité sexuelle illégale ;
b.que des enfants ne soient exploités à des fins de prostitution ou autres pratiques sexuelles illégales ;
c.que des enfants ne soient exploités aux fins de la production de spectacles ou de matériel de caractère pronographique.

 

 

VALEUR MORALE 3 : JUSTICE ET EQUITE

EXERCICE 5, LE JEU DU CRAYON

Description générale : Les citoyens devraient participer à la prise de décision à tous les niveaux affectant leur vie. De même, les lois devraient être faites pour et par le peuple, et pas seulement par quelques membres de l'élite. Voilà des principes qui malheureusement relèvent plus de la rhétorique que de la pratique. Le but de cet exercice est de montrer comment les lois adoptées sans que le peuple ne soit pris en considération peuvent aboutir à des décisions arbitraires et même injustes. Le peuple développe alors une attitude de cynisme et en arrive à considérer toutes les lois comme étant injustes. Lorsque le consensus disparaît, le contrat social est menacé, et la probabilité augmente que les autorités feront usage de la force pour faire régner l'ordre.

Objectifs : A la fin de cet exercice, les participants devraient pouvoir :

Matériel : Un stylo ou un crayon, ou autre objet similaire

Procédures : Les participants devraient être assis de façon à pouvoir se voir les uns les autres, en cercle par exemple. Dites-leur seulement qu'ils vont jouer au "jeu du crayon". Mais ne leur expliquez pas les règles du jeu. L'étape 1 ne devrait pas prendre plus de 5 minutes, les étapes 2 et 3 cependant prendront au moins 15 minutes. Pour l'étape 4, prévoyez assez de temps pour une discussion critique complète.

Séquence : Etape 1 : Sélectionnez quelqu'un au hasard (nous l'appellerons "l'instigateur"), et demandez-lui de commencer le jeu en faisant passer le crayon à la personne assise près de lui. L'animateur doit suivre de près à qui et comment l'instigateur a passé le crayon. L'animateur soudain annonce que l'instigateur a fait une erreur. Cette erreur peut être que l'instigateur a utilisé la main gauche au lieu de la droite, ou qu'il/elle a passé le crayon sans le bouchon, ou n'importe quelle bizarrerie que l'animateur a observée. Sans explication, l'animateur demande à la personne à qui le crayon a été passé de continuer le jeu. Après le second ou troisième passage, l'animateur à nouveau annonce une erreur : peut- être le crayon a été passé à une personne du sexe opposé, ou à une personne portant une bague, ou à quelqu'un aux cheveux gris, et ainsi de suite. Le jeu continue de cette façon jusqu'à ce que le crayon revienne à l'instigateur. Au cours du jeu, beaucoup de participants auront été déclarés en faute sans que la faute en question ne leur soit expliquée..

Etape 2.Lorsque le jeu est terminé de la façon décrite ci-dessus, l'animateur demande alors :
aux participants d'identifier les erreurs qu'ils sont supposés avoir commises ;
aux personnes déclarées en faute si elles reconnaissent leur faute, et pourquoi ;
aux participants d'exprimer ce qui, à leur avis, est mal, faux, étrange, injuste à propos de ce jeu ;
aux participants de décider qui est à blâmer pour les "fautes" ‹ l'animateur, ou les joueurs ? Pourquoi ?

Etape 3 : Demander aux participants quelles mesures pourraient être adoptées pour rendre le jeu plus juste et équitable.

Etape 4. L'animateur lit ce passage suivant, tiré des Termitières de la savane par Chinua Achebe (page 45) :

En utilisant la méthode du "tour de table", demandez aux participants ce qu'ils pensent de ce passage. Leur rappelle-t-il leur propre expérience ? Expliquez.

 

EXERCICE 6, LE CAS DE WANGARI

Description générale : Chaque société a ses héros et héroïnes des droits de l'homme. Le cas que nous évoquons ici est celui de Wangari, une Kenyane dévouée à la cause du développement national et de la conservation de l'environnement, qui, sur son chemin s'est heurtée à de lourds obstacles politiques et sociaux injustes. Néanmoins, en s'associant avec d'autres, elle a continué son oeuvre, défendant ses droits même dans les circonstances les plus difficiles. Le Greenbelt Movement (mouvement ceinture verte) qu'elle a crée, un réseau de femmes pour la défense de l'environnement, s'est étendu au monde entier, en dépit de la forte opposition des élites au pouvoir.

Objectifs : A la fin de cet exercice, les participants devraient :

Procédures : Demandez aux participants de parler de leur propre expérience relative à problèmes de l'application injuste de règles sociales et/ou légales. Demandez des exemples de stéréotypes sexuels, de pression sociale visant à décourager une action juste et généreuse, ainsi que d'action policière injuste.

Matériel : Constitution du Mali, Article 15

Séquence : Etape 1. Dites aux participants qu'ils vont entendre une histoire vraie sur une héroïne des droits de l'homme au Kenya. Prévoyez un enregistrement de bonne qualité de l'histoire, lue lentement, clairement, et si possible par une femme. Sinon, l'animateur lui/elle même ou un(e) volontaire peut lire "l'histoire de Wangari" présentée à l'étape ci-dessous.

Etape 2. Lire ou passer un enregistrement du cas de Wangari.

Etape 3. Expliquez que cette étude de cas nous montre comment les gens essaient de promouvoir la justice même lorsque les règles sont injustes. Insistez sur le fait qu'il s'agit d'une histoire vraie, et que la protagoniste poursuit encore son oeuvre à ce jour.

Etape 4. Ouvrez la discussion, en demandant aux participants d'aider l'animateur à faire une liste de toutes les injustices infligées à Wangari. Comment ces exemples montrent-ils le mauvais usage des règles ? Quel est le rapport avec les droits de l'homme ? Quels sont les droits de l'homme mis en cause dans le cas de Wangari ?

Etape 5. Comment les participants aimeraient-ils que l'histoire finisse ? De tels événements pourraient-ils avoir lieu dans notre pays ? Si cela était le cas, que pourrions- nous faire ? Utilisez la méthode du "tour de table" pour terminer la discussion.


Appendice à l'Exercice 6.  Constitution du Mali

Article 15.
Toute personne a droit à un environnement sain. La protection, la défense de l'environnement et la promotion de la qualité de la vie sont un devoir pour tous et pour l'Etat.

 


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