HREA Electronic Resource Centre for Human
Rights Education:
The Bells of Freedom
DEUXIEME ETAPE
Les liens entre droits de l'homme et responsabilités
VALEUR MORALE 4 : SENSIBILITE
EXERCICE 7, LE JEU DE LA SENSIBILITE
Description générale : Nous rencontrerons toujours quelqu'un qui sera plus beau,
ou plus intelligent, ou plus riche, ou plus chanceux que nous. Nous rencontrerons aussi
des gens moins beaux, moins intelligents, moins riches et moins chanceux Une étape
importante lorsque l'on veut encourager les individus à prendre conscience de leurs
droits est de les aider à analyser leur propre position dans la vie et à comprendre ceux
qui sont relativement moins favorisés ou qui confrontent des difficultés particulières.
Objectifs : Les participants :
Procédures : Demandez aux participants de se mettre en ligne pour jouer le "jeu de la sensibilité". Expliquez que le but du jeu est de montrer qui, parmi eux, peut atteindre la ligne d'arrivée. Situez la ligne d'arrivée environ dix mètres plus loin. Le but de l'exercice est de promouvoir une compréhension critique des circonstances diverses des individus dans la société en identifiant les facteurs qui font que certains atteignent la ligne et d'autres non. Quelques ajustements pratiques seront nécessaires en fonction du groupe en question : on peut changer le nombre de pas, les questions demandées et l'espace utilisé.
Matériel : La Déclaration universelle des droits de l'homme, Articles 1, 2 et 25, et. un espace ouvert de taille suffisante pour que les participants puissent se tenir au milieu et avancer ou reculer de 12 pas environ.
Séquence : Etape 1. Après que tout le monde se soit placé en ligne au centre de l'espace, posez une série de questions. En fonction de sa réponse, chaque participant se déplace, de tant de pas vers l'avant, ou tant de pas vers l'arrière. Voici quelques exemples :
Qui parmi vous avait à la naissance des parents qui avaient assez d'argent pour
subvenir à vos besoins ? Avancez de deux pas.
Qui parmi vous est né avec, ou a par la suite été affecté par un handicap physique ?
Reculez d'un pas.
Qui parmi vous possède une maison et un terrain ? Avancez de 2 pas.
Qui parmi vous a un revenu mensuel suffisant pour subvenir aux besoins de la famille ?
Avancez de trois pas.
Qui parmi vous appartient à un groupe frappé de discrimination ? Reculez de 3 pas.
Qui parmi vous a accès à des soins médicaux et à de l'eau potable ? Avancez de trois
pas.
Qui parmi vous est une femme ? Reculez de trois pas.
Qui parmi vous a des parents qui sont au chômage ou sous-payés ? Reculez de deux pas.
Qui parmi vous est au chômage ? Reculez de trois pas.
Qui parmi vous recevra une pension de retraite ? Avancez de deux pas.
Etape 2. Questions aux participants. (1) Que représentent la ligne de départ et
d'arrivée ? (2) Maintenant que vous connaissez votre position, que ressentez-vous ?
Pourquoi vous sentez vous bien? Mal? Que ressentez-vous pour les autres ? Est-il
acceptable d'être derrière les autres ? Pourquoi croyez-vous que certains sont devant,
et les autres derrière ? Pourquoi certaines situations vous font-elles avancer, et
d'autres reculer ? Quels sont les besoins de ceux qui ont atteint la ligne d'arrivée?
Etape 3. Animateur : Résumez les réponses des participants en notant que la ligne de départ représente la dignité humaine inhérente à tout individu. A la ligne de départ, nous naissons tous égaux, parce que nous avons un potentiel humain que nous devons développer au maximum. Mais dès la naissance, et au fil de notre vie, des facteurs interviennent, qui nous empêchent d'atteindre notre potentiel. C'est pour cela que nous avons des positions différentes. Demandez aux participants de commenter et discuter du fait que certains profitent de tous leurs droits de l'homme, et d'autres non. Attirez l'attention sur les articles 1 et 2 de la Déclaration universelle des droits de l'homme.
Etape 4. Expliquez que la ligne d'arrivée représente ce à quoi nous aspirons tous : l'être humain dans toute sa magnitude, notre dignité humaine protégée et respectée. La distance entre les lignes de départ et d'arrivée nous montre que certaines conditions sont nécessaires pour que notre dignité soit protégée. Ces conditions sont ce que nous appelons "droits de l'homme". Attirer l'attention sur l'article 25 de la Déclaration universelle des droits de l'homme.
Etape 5. Demandez à ceux qui se sont trouvé le plus en arrière du groupe ce qu'ils peuvent faire pour avancer. Demandez à ceux qui ont passé la ligne d'arrivée ce qu'ils peuvent faire pour aider ceux restés en arrière.
Etape 6. Animateur : Conclure avec une discussion insistant sur l'idée que, quelle que soit la position d'un participant, sa dignité d'être humain mérite d'être également respectée et protégée.
Appendice à l'Exercice 7. Déclaration universelle des droits de l'homme
(1948)
Article 1.
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Article 2.
Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamées dans la présente déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. (...)
Article 25.
Toute personne à le droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien- être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. (...)
EXERCICE 8, DES FEMMES ACTIVES EN MILIEU RURAL
Description générale : Dans cet exercice, les étudiants examinent la question de l'égalité en ce qui concerne les femmes et le travail. On utilise un scénario basé sur un mode de division du travail entre hommes et femmes fort répandu en milieu rural. De nombreux aspects du déséquilibre montré ici ont une base culturelle, et non légale. Dans de nombreuses traditions, les familles élèvent leurs enfants d'une façon telle que certaines tâches sont identifiées comme "féminines" et d'autres comme "masculines". Les travaux de la maison relèvent en général de la responsabilité des femmes, tandis que les activités extérieures incombent aux hommes. Même si cette division avait autrefois une raison d'être, un société qui se modernise doit faire preuve de flexibilité et accepter de modifier certaines coutumes sous peine de pénaliser inutilement les femmes. A partir de cet exercice, les participants devraient élargir leur vision sociale, et chercher des solutions culturelles, et non seulement légales au problème de la discrimination.
Objectifs : Analyzer la division du travail entre les sexes dans les zones rurales de votre pays, et examiner les valeurs des participants en ce qui concerne les rôles des hommes et des femmes, à la lumière du fait que le droit international, dans son expression traditionnelle, n'adresse pas les problèmes de discrimination survenant dans le domaine privé. Parce que les attitudes culturelles varient selon les circonstances, il est nécessaire de développer une plus grande sensibilité sociale. La discussion devrait être organisée de telle façon que les participants puissent clarifier leurs valeurs et changer d'avis.
Procédures : Présentez aux participants des informations sur les normes internationales du travail, en identifiant les dispositions et les questions affectant votre pays. Présentez l'étude de cas, suivie d'une discussion. Pour maximiser l'objectif, qui est d'accroître la sensibilité des participants, utilisez la méthode de discussion, décrite dans la section "Méthodes" de ce manuel. L'animateur devrait préciser à l'avance qu'il n'existe nulle part de "famille typique" . Mais l'exemple proposé décrit un mode de division du travail, des responsabilités et des revenus entre mari et femme en milieu rural que l'on retrouve dans de nombreux pays.
Matériels : Les clauses afférentes de la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948) ; Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (1981) ; Constitution du Congo ; Constitution de la Côte d'Ivoire ; Constitution du Mali ; Constitution du Sénégal.
Séquence : Etape 1. Présentez aux participants les dispositions de la
Déclaration universelle des droits de l'homme et de la Convention sur l'élimination de
toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes relatives au travail et aux
conditions de travail. Expliquez que ces dispositions imposent des obligations aux
gouvernements, mais non aux individus dans la vie quotidienne, à moins que des lois
supplémentaires ne soient adoptées pour régir la vie privée. Expliquez aussi que nous
devons étudier la question des femmes en milieu rural non seulement en termes de lois
mais aussi en termes de culture.
Etape 2. Lisez ou récitez ce scénario intitulé "Une semaine de
travail".
Cette famille rurale vit dans une ferme, à la sortie d'un village sans électricité,
téléphone ou eau courante. Le village a une église, un bar, une maison de thé aux murs
d'adobe, un dispensaire médical, et trois petits magasins. Le village est situé sur un
chemin de terre qui aboutit à la route principale qui mène à la capitale, à
quatre-vingt- dix kilomètres de là. Le travail de la terre n'est plus une source de
revenu fiable : le sol s'est détérioré sous l'effet de l'érosion, et les lopins de
terre sont trop petits pour générer assez d'argent pour payer l'éducation des enfants,
les impôts locaux, les vêtements et autres dépenses. Le mari va régulièrement à la
ville chercher un emploi salarié en usine, mais il n'a encore trouvé que l'occasionnel
travail temporaire. Pendant qu'il est en ville, il passe beaucoup moins de temps à
cultiver les récoltes qui sont la principale source de revenu de la ferme. La femme
entretient et travaille la terre. Elle doit assumer de nombreuses responsabilités, à la
ferme et au marché. Comme il s'absente chaque mois, elle passe plus de temps que son mari
à faire pousser des légumes qu'elle vend au marché local pour générer un revenu pour
la famille. Ses responsabilité familiales et ménagères ont aussi considérablement
augmenté du fait des voyages du mari. La charge d'élever huit enfants et de subvenir à
leurs besoins quotidiens repose presque entièrement sur elle.
TRAVAIL DE LA FEMME |
TRAVAIL DU MARI |
| Responsabilités à la ferme (pendant la semaine) Travailler et préparer le
sol à la houe |
Responsabilités liées à la ferme (lorsqu'il ne voyage
pas) Coupe les arbres, débroussaille et prépare le sol des nouveaux lopins de
terre (à l'aide d'un tracteur de location) |
| Responsabilités familiales/à la maison (pendant la semaine) Donne
naissance aux enfants (8 par famille en moyenne) |
Responsabilités familiales/domestiques (lorsqu'il ne voyage pas) Socialise avec les enfants et l'épouse |
| Responsabilités au sein de la communauté (toute la semaine) Socialise avec les femmes au marché et en ramassant le bois Participe bénévolement aux travaux d'amélioration communautaires (1/2 jour par semaine), tels que le ramassage de pierres, la fabrication de briques pour construire l'école primaire ou la clinique Aide les autres femmes avec leurs travaux ménagers lorsque celles-ci sont malades Se réunit avec d'autres femmes de la communauté pour planifier la formation d'une coopérative et avoir ainsi un revenu personnel Assiste aux services religieux avec sa famille |
Responsabilités au sein de la communauté (lorsqu'il
ne voyage pas) Socialise avec les hommes à la maison de thé ou au bar. |
| Durée moyenne de la journée de travail 15 à 16 heures |
Durée moyenne de la journée de travail 8 heures |
| Revenu Salaire : aucun |
Revenu Salaire journalier à la ville |
Etape 2. Quel problèmes et controverses les participants perçoivent-ils dans
cette situation ? Les études montrent que la majorité de la population mondiale se
trouve en Afrique et en Asie, où les femmes, en moyenne, assument de 60 à 80% du travail
agricole, possèdent 1% de la terre, des propriétés et des ressources, et reçoivent 10%
du revenu agricole. Les participants pensent-ils que ces chiffres dessinent un profil
juste de la vie dans les zones rurales du pays ? Demandez à un ou deux volontaires de
parler de leur expérience.
Etape 3. Etablir deux groupes de taille égale, un pour chaque position dans la
discussion. Les participants, dans un premier temps, n'ont pas le choix de la position
qu'il doivent défendre. Les questions que chaque équipe doit discuter sont les suivantes
:
La division du travail entre les sexes dans les zones rurales est-elle équitable ?
Que peut-on faire pour redresser l'équilibre ?
Utilisez la méthode de discussion (Voir Exemples de méthodes)
Etape 4. Demandez à chaque groupe de changer de côté et de défendre le
contraire de la position adoptée auparavant.
Etape 5. Les participants peuvent maintenant changer de côté s'ils le désirent,
afin de défendre la position avec laquelle ils sont vraiment d'accord. Terminez en
demandant aux personnes qui ont changé d'avis d'expliquer quels arguments les ont fait
changer de position. Qu'ont-ils appris pendant cet exercice ? Que vont-ils faire à
l'avenir du fait de leur changement de position ?
Appendice à l'Exercice 8. Déclaration universelle des droits de l'homme
Article 23
1. Toute personne a le droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
4. Toute personne a le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.
Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes
Article 11.
1. Les Etats parties s'engagent à prendre toutes les mesures appropriées pour éliminer la discrimination à l'égard des femmes dans le domaine de l'emploi, afin d'assurer, sur la base de l'égalité de l'homme et de la femmes, les mêmes droits, et en particulier :
a) Le droit au travail en tant que droit inaliénable de tous les êtres humains ;
b) Le droit aux mêmes possibilités d'emploi, y compris l'application des mêmes critères de sélection en matière d'emploi ;
c) Le droit au libre choix de la profession et de l'emploi, le droit à la promotion, à la stabilité de l'emploi et à toutes les prestations et conditions de travail, le droit à la formation professionnelle et au recyclage, y compris l'apprentissage, le perfectionnement professionnel et la formation permanente ;
d) Le droit à l'égalité de rémunération, y compris de prestation, à l'égalité de traitement pour un travail d'égale valeur aussi bien qu'à l'égalité de traitement en ce qui concerne l'évaluation de la qualité du travail ;
e) Le droit à la sécurité sociale, notamment aux prestations de retraites, de chômage, de maladie, d'invalidité et de vieillesse ou pour toute autre perte de capacité de travail, ainsi que le droit à des congés payés.
f) Le droit à la protection de la santé et à la sécurité des conditions de travail, y compris la sauvegarde de la fonction de reproduction.
Article 14.
1. Les Etats parties tiennent compte des problèmes particuliers qui se posent aux femmes rurales et du rôle important que ces femmes jouent dans la survie économique de leurs familles, notamment par leur travail dans les secteurs non-monétaires de l'économie, et prennent toutes les mesures appropriées pour assurer l'application des dispositions de la présente Convention aux femmes des zones rurales.
2. Les Etats parties prennent toutes les mesures appropriées pour éliminer la discrimination à l'égard des femmes dans les zones rurales afin d'assurer, sur la base de l'égalité de l'homme et de la femme, leur participation au développement rural et à ses avantages, et, en particulier, ils leur assurent le droit :
a) De participer pleinement à l'élaboration et à l'exécution des plans de développement à tous les échelons ;
b) D'avoir accès aux services adéquats dans le domaine de la santé, y compris aux informations, conseils et services en matière de planification de la famille ; c) De bénéficier directement des programmes de sécurité sociale ;
d) De recevoir tout type de formation et d'éducation, scolaires ou non, y compris en matière d'alphabétisation fonctionnelle, et de pouvoir bénéficier de tous les services communautaires et de vulgarisation, notamment pour accroître leurs compétences techniques ;
e) D'organiser des groupes d'entraide et des coopératives afin de permettre l'égalité de chances sur le plan économique, qu'il s'agisse du travail salarié ou de travail indépendant ; f) De participer à toutes les activités communautaires ;
g) D'avoir accès au crédit et aux prêts agricoles, ainsi qu'aux services de commercialisation et aux technologies appropriées, et de recevoir un traitement égal dans les réformes foncières et agraires et dans les projets d'aménagement rural ;
h) De bénéficier de conditions de vie convenables, notamment en ce qui concerne le logement, l'assainissement, l'approvisionnement en électricité et en eau, les transports et les communications.
Constitution du Congo
Titre II, Article 11.
L'Etat assure l'égalité de tous les citoyens devant la loi, sans discrimination d'origine, de situation sociale et matérielle, d'appartenance raciale, ethnique et régionale, de sexe, d'instruction, de langue, d'attitude vis à vis de la religion et de la philosophie, du lieu de résidence. Il respecte tous les droits et libertés dans les limites compatibles avec l'ordre public et les bonnes moeurs.
L'Etat a le devoir de veiller à l'élimination de toute forme de discrimination à l'égard de la femme et d'assurer la protection de ses droits dans tous les domaines de la vie privée et publique tels que stipulés dans les Déclarations et Conventions internationales ratifiées par le Congo.
Constitution de la Côte d'Ivoire
Article 6.
La République assure à tous l'égalité devant la loi sans distinction d'origine, de race, de sexe, ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. ()
Constitution du Mali
Article 2.
Tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l'origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l'opinion politique est prohibée.
Constitution du Sénégal
Article 7.
Tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Les hommes et les femmes sont égaux en droit.
Il n'y a au Sénégal ni sujet, ni privilège de lieu de naissance, de personne ou de famille.
VALEUR MORALE 5 : LA COMMUNAUTE
EXERCICE 9, LES MARIAGES ARRANGES
Description générale : Les coutumes traditionnelles, souvent très anciennes et enracinées dans les croyances religieuses, sont parfois en conflit avec les normes internationales. Parmi les pays de la corne de l'Afrique, et dans certaines régions d'Afrique de l'Ouest, deux exemples largement répandus d'un tel conflit sont les mariages arrangés et les mutilations génitales des femmes. L'Article 5 de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes appelle les gouvernements à prendre des mesures pour modifier de telles coutumes. Mais ceci a plus de chance de se produire si les populations sont informées de leurs droits et réclament elles-mêmes des changements.
Objectifs : Les participants devraient :
Procédures : Aidez les participants à établir le contraste entre la coutume
traditionnelle des mariages arrangés et les dispositions des droits de l'homme. Veillez
à laisser les participants s'exprimer pleinement sur ce sujet sensible qui peut provoquer
des réactions passionnées. Assurez-vous que tous le monde comprend que la Constitution
du Sénégal dit que les parents ont le droit et le devoir naturel d'élever leurs
enfants, mais ajoute aussi que "la jeunesse sera protégée par l'Etat et les
collectivités publiques de l'exploitation et la négligence morale".
Matériel : La Déclaration universelle des droits de l'homme, Article 16, et
Articles 2 et 5 de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination
à l'égard des femmes
Séquence : Etape 1. Demandez aux participants d'identifier des coutumes
traditionnelles qui à leur avis sont en contradiction avec les droits de l'homme. Pour
faciliter la discussion, il serait bon que des volontaires acceptent de parler de leur
expérience personnelle. Si une coutume est identifiée comme étant cruelle pour les
femmes et les enfants, demandez aux participants qui, selon eux, bénéficie de la
coutume, et qui en subit les conséquences. Ceci devrait être suivi par une discussion de
la question suivante : Pourquoi une coutume cruelle comme celle-ci subsiste-t-elle ?
Etape 2. Intervention de l'animateur : Rappelez que certains villages, dans
certains pays, ont encore recours aux mariages arrangés, comme ils l'ont fait depuis des
centaines d'années. La tradition varie de village en village, mais dans beaucoup de cas,
il est absolument interdit à la fille de choisir son mari. C'est le père, ou le frère,
ou l'oncle aîné qui choisit pour elle. Dans certaines régions, la coutume exige que la
fille épouse quelqu'un d'un autre village. Même si sa nouvelle famille
n'"achète" pas officiellement l'épouse, elle négocie avec les représentants
masculins de la famille de la jeune fille la dot qui accompagnera celle-ci. Cette pratique
est-elle en violation des droits de la jeune fille ? De quelle façon ?
Etape 3. Faites un "tour de table", pour que chacun puisse dire s'il/elle
pense que la coutume peut être justifiée au nom de la tradition. De telles coutumes
doivent-elles être perpétuées ? L'emprise de la tradition est-elle plus forte si elle
est basée sur des pratiques religieuses ? La pratique est-elle plus acceptable si la
famille attend que la jeune fille ait atteint l'âge légal pour la marier ? Et si la
famille ignore la loi et décide de marier leur fillette de 11 ans ?
Etape 4. Intervention de l'animateur : Expliquez que la Constitution du Sénégal,
dans son article 14, déclare : "L'Etat et les collectivités publiques ont le devoir
social de veiller à la santé physique et morale de la famille". Précisez aussi que
l'Article 16 de la Déclaration universelle des droits de l'homme dit que "le mariage
ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux", qui
"ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa
dissolution". Cela signifie-t-il que les gouvernements devraient prendre des mesures
pour modifier les coutumes religieuses traditionnelles relatives aux mariages arrangés ?
Etape 5. Quelles mesures le gouvernement pourrait-il prendre pour modifier les
comportements culturels des hommes et des femmes dans le but d'aboutir à l'élimination
de pratiques coutumières qui sont en violation des droits de la femme ? Quelles mesures
les autorités religieuses pourraient-elles prendre ? Et les autres figures d'autorité
dans la communauté ? Les écoles ? Les médias ? Que pourriez-vous faire ?
Etape 6. Formez de petits groupes, chacun de ces groupes devant formuler une
stratégie définissant les mesures que chacune des entités suivantes pourrait adopter
pour faire en sorte que les normes des droits de l'homme l'emportent sur les coutumes
locales dans le domaine des mariage arrangés : (1) le gouvernement national (2) les
collectivités locales (3) les autorités religieuses (4) les associations (5) les parents
(6) les femmes et les enfants.
Appendice à l'Exercice 9.
Déclaration universelle des droits de l'homme (1948)
Article 16 :
1. A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
2. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux.
Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes
Article 2 (f)
[Les Etats parties prennent] toutes les mesures appropriées, y compris des dispositions législatives, pour modifier ou abroger toute loi, disposition réglementaire, coutume ou pratique qui constitue une discrimination à l'égard des femmes.
Article 5 (a)
Les Etats parties prennent toutes les mesures appropriées pour modifier les schémas et modèles de comportement socio-culturel de l'homme et de la femme en vue de parvenir à l'élimination des préjugés et des pratiques coutumières, ou de tout autre type, qui sont fondés sur l'idée de l'infériorité ou de la supériorité de l'un ou l'autre sexe ou d'un rôle stéréotypé des hommes et des femmes.
Article 16.
Les Etats parties prennent toutes les mesures appropriées pour éliminer la discrimination à l'égard des femmes dans toutes les questions découlant du mariage et dans les rapports familiaux et, en particulier, assurent, sur la base de l'égalité de l'homme et de la femme :
a) Le même droit de contracter mariage ;
b) Le même droit de choisir librement son conjoint et de ne contractyer mariage que de son libre et plain consentement.
Constitution du Sénégal
Article 6.
La personne humaine est sacrée. L'Etat a l'obligation de la respecter et de la protéger.
Le peuple sénégalais reconnait l'existence des droits de l'homme inviolables et inaliénables comme de toute communauté humaine, de la paix et de la justice dans le monde.
Chacun a le droit au libre développement de sa personnalité, pourvu qu'il ne viole pas les droits d'autrui, ni n'enfreigne l'ordre de la loi. Chacun a le droit à la vie et à l'intégrité physique dans les conditions définies par la loi.
La liberté de la personne humaine est inviolable. ()
Article 7.
Tous les être humains sont égaux devant la loi. Les hommes et les femmes sont égaux en droit.
Il n'y a au Sénégal ni sujet, ni privilège de lieu de naissance, de personne ou de famille.
Article 14.
(...)
L'Etat et les collectivités publiques ont le devoir social de veiller à la santé physique et morale de la famille.
Article 15.
Les parents ont le droit naturel et le devoir d'élever leurs enfants. Ils sont soutenus, dans cette tâche, par l'Etat et les collectivités publiques.
La jeunesse est protégée par l'Etat et les collectivités publiques contre l'exploitation et l'abandon moral.
EXERCICE 10, LES ENFANTS QUI MENDIENT
Description générale : Les enfants sont les plus vulnérables de tous les
être humains, et ils ont besoin que leur famille, la communauté, ou l'état les protège
et prenne soin d'eux. Les travailleurs sociaux ont pu observer que certains ont un
domicile, mais sont forcés de mendier par leur famille ; certains n'ont ni famille ni
abris, et méritent d'être pris en charge par la communauté. Certains sont mêmes
mutilés par leurs parents pour faire d'eux des mendiants plus efficaces.
Objectifs : Les participants devraient :
Procédures : L'animateur doit être prêt à réagir avec flexibilité à la
créativité des participants, de façon à accorder assez de temps à la discussion à
chaque étape de l'exercice. Mais l'exercice doit tout de même être contrôlé de façon
à ce que la dernière étape, qui comprend l'adoption d'un plan d'action, ne soit pas
omise.
Matériels : Convention sur les droits de l'enfant, Articles 6, 19, 20, 27, 39 et
Constitution du Congo, Articles 40, 41, 42, 43
Séquence : Etape 1. Questions aux participants : Que savent-ils des enfants
des rues ? Que pensent-ils d'eux ? Sont ils plus nombreux maintenant qu'il y a 5 ou 10 ans
? Pourquoi ? Quelles sont les causes ? Les réponses des participants correspondent-elles
aux causes identifiées par FORUM on Children : (1) pauvreté, (2) désintégration de la
famille, (3) chômage, (4) maladie ou mort des parents, (5) parents trop jeunes et
irresponsables et (6) migrations causées par les guerre civile.
Etape 2. Est-il possible de "classifier" les enfants des rues ? Par
exemple : ceux ayant une famille et un domicile mais forcés de mendier ; ceux avec un
domicile mais sans famille ; ceux avec famille mais sans domicile ? Filles, garçons,
handicapés ? Laissez les participants établir leurs propres critères de classification,
mais veillez à ce que la classification adoptée, qui sera utilisée à l'étape
suivante, satisfasse tout le monde.
Etape 3. Divisez les participants en petits groupes de discussion. Chacun des
groupes se concentrera sur l'une des catégories d'enfants et essaiera d'identifier les
besoins de ces enfants. Un rapporteur présentera au nom de chaque groupe la liste des
besoins identifiés.
Etape 4. L'animateur doit maintenant aider les participants à identifier les
besoins communs à plusieurs ou à toutes les catégories d'enfants des rues. Notez la
relation entre besoins et droits discutée à l'Exercice 2, et soulevez la question des
droits particuliers des enfants des rues. Quels sont ces droits ? Faites une liste de ces
droits à partir des listes des besoins établies à l'étape 3.
Etape 5. Intervention de l'animateur : Expliquez que la Convention sur les
droits de l'enfant contient plusieurs dispositions qui s'appliquent aux enfants, y compris
aux enfants des rues. Par exemple (en langage simplifié) :
Article 1 : Un enfant est défini comme étant tout être humain de moins de 18 ans, à
moins que la loi nationale ne stipule autrement.
Article 3 : Lorsque les parents (ou quiconque est responsable de l'enfant) n'agit pas dans
l'intérêt de l'enfant, l'Etat (ou tout individu) a le droit d'intervenir.
Article 9 : Un enfant a le droit de vivre avec ses parents à moins que cela ne soit
incompatible avec son intérêt. L'enfant doit être autorisé à rester en contact avec
ses deux parents s'il est séparé d'eux.
Article 19 : L'Etat doit protéger l'enfant contre toute forme de mauvais traitement
infligé par les parents ou par d'autres, et organiser des programmes de prévention et de
traitement des victimes.
Article 20 : L'Etat doit fournir une autre source de soin aux enfants privés de famille.
Article 24 : L'enfant a droit à la nourriture et aux soins de santé.
Article 39 : L'Etat doit assurer que les enfants victimes de conflits armés, de torture,
de négligence, de mauvais traitement ou d'exploitation reçoivent un traitement
approprié afin qu'ils puissent guérir et réintégrer la société.
Demandez aux participants ce qu'ils pensent de cette longue liste de protections.
Couvrent-elles tous les besoins des enfants des rues, en particulier ceux qui mendient ?
Qu'est-ce qui n'est pas inclus ?
Etape 6. Notez comment ces dispositions insistent sur la responsabilité de l'Etat.
Mais du fait du manque de ressources, et du nombre élevé d'enfants concernés, l'Etat
peut il faire tout ce qui est demandé de lui ? Qui d'autre devrait partager la
responsabilité ?
Etape 7. Intervention de l'animateur : Une assistance sociale, qui travaille avec
les enfants des rues, pense qu'il faudra plus que des lois pour résoudre les problèmes
des enfants des rues :
"Le futur des enfants des rues est sombre. Forcés d'être à la rue par les circonstances, et non par choix, ils sont maltraités de tous côtés. Ils ne sont pas acceptés par la communauté, ils ne sont pas élevés correctement et le gouvernement n'a rien fait pour améliorer leur condition. La société doit commencer par les accepter comme des être humains. La société doit comprendre pourquoi les enfants mendient dans les rues, et doit être prête à changer leur situation. Les enfants qui mendient dans les rues sont eux- mêmes prêts à changer".
Etape 8. Réfléchissez tous ensemble sur ce que les individus, les associations et
la communauté peuvent faire, sans l'aide du gouvernement, pour répondre aux besoins des
enfants des rues. L'animateur fera une liste des propositions, puis demandera aux
participants d'établir un ordre de priorité.
Etape 9. Faites un "tour de table" et demandez à chacun d'indiquer ce
que leur famille, leur communauté ou eux-mêmes en tant qu'individus, peuvent faire pour
améliorer les droits des enfants des rues de votre ville ou de votre quartier.
Appendice à l'Exercice 10 Constitution de la République du Congo
Article 40.
Les parents ont des obligations et des droits à l'égard de leurs enfants. Les enfants ont envers leurs parents des droits et des devoirs.
(...)
Article 41.
Les enfants ne peuvent être séparés de leur famille contre le gré de ceux qui ont la charge de leur éducation qu'en vertu de la loi.
La mère et l'enfant ont droit à une aide et à une assistance de l'Etat.
Article 42.
Tout enfant, sans discrimination aucune, fondée sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, l'origine nationale, ethnique ou sociale, la fortune ou la naissance, a droit, de la part de sa famille, de la société et de l'Etat, aux mesures de protection qu'exige sa condition de mineur.
(...)
Article 43.
L'Etat doit protéger tous les enfants et adolescents contre l'exploitation économique et sociale.
Le travail des enfants de moins de 16 ans est interdit.
VALEUR MORALE 6 : LE DROIT/LA LOI
EXERCICE 11, LES DROITS DES EMPLOYES DE MAISONS
Description générale : Les employés domestiques sont souvent des personnes ayant reçu peu ou pas d'éducation, et par conséquence des employeurs irresponsables peuvent facilement profiter d'eux. Certaines dispositions légales protègent les domestiques, mais ceux-ci connaissent rarement leurs droits.
Objectifs : A la fin de cet exercice, les participants devraient être
conscients du fait que de nombreuses dispositions légales protègent les travailleurs et
régissent leurs conditions de travail. Malheureusement, ces lois sont peu connues et
insuffisamment utilisées pour défendre les droits des travailleurs. Les participants
devrait aussi savoir comment accéder à cette information légale.
Procédures : L'animateur présentera un scénario qui peut être utilisé dans un
jeu de rôle. Ceci devrait être suivi par une discussion approfondie basées sur les
normes légales en vigueur dans le pays.
Matériels : Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et
culturels
Séquence : Etape 1. L'animateur présente le scénario suivant,
intitulé "le cas de Beletu"
Beletu est une belle jeune fille de 18 ans. Elle a accepté un emploi sous contrat de
domestique dans la maison de Madame Zerfeshiwal. Dans la famille, il y a un fils de 17
ans, appelé Daniel, qui poursuit ses études au collège. Daniel tombe amoureux de
Beletu. Elle accepte ses avances avec réticence car elle a peur d'être renvoyée. Il
sait qu'il devrait utiliser un préservatif, mais il ne le fait pas, et Beletu tombe
enceinte. Aussitôt qu'elle se rend compte que ses règles sont en retard, elle le fait
savoir à Daniel. Ils sont tous les deux inquiets, et conviennent de ne rien dire à
Madame Zerfshiwal. Daniel promet de procurer à Beletu l'argent nécessaire à un
avortement, mais il ne peut finalement pas assumer le coft élevé de l'opération.
Lorsque Madame Zerfeshiwal se rend compte de la grossesse de Beletu quelques mois plus
tard, elle est très en colère. Son ulcère se réveille et la fait souffrir, et elle
décide qu'il lui faudra trouver quelqu'un pour remplacer Beletu. Peu après, Beletu tombe
malade après une longue journée de travail, et est incapable de finir ses tâches
ménagères. Ceci met Madame Zerfeshiwal hors d'elle, et elle renvoie la servante sur le
champ.
En dépit des prières de Daniel qui demande à sa mère d'avoir pitié, elle persiste.
Beletu, en sanglots, demande que le salaire qui lui est du pour les huit mois passés lui
soit payé. Madame Zerfeshiwal, en colère, lui dit que quatre mois seulement lui sont dus
parce que la lampe de chevet que Beletu a cassé par accident en faisant le ménage coute
au moins quatre mois de salaire. Toujours en colère, Madame Zerfeshiwal ordonne à Daniel
de jeter Beletu hors de la maison, et dit à celle-ci qu'elle est renvoyée et qu'elle
sera arrêtée si elle revient.
Etape 2. Demandez aux participants si trois d'entre eux veulent bien jouer les
trois rôles : (1) Beletu ; (2) Daniel, et (3) Madame Zerfeshiwal. (Voir exercice de jeu
de rôle dans la section Méthodes de ce livre). Après le jeu de rôle, demandez aux
participants qui, dans l'histoire, est à blâmer. Chacun des acteurs devra défendre la
position de son personnage.
Etape 3. Demandez aux participants si certains d'entre eux sont au courant
d'incidents similaires dont ils veulent bien parler.
Etape 4. Lors d'une session de "brainstorming", essayez d'identifier les
différentes façons dont la loi pourrait être mise en oeuvre pour protéger les droits
de Beletu. L'animateur notera toutes les suggestions, et demandera ensuite aux
participants de ranger leurs propositions par ordre de priorité.
Etape 5. Intervention de l'animateur : expliquez les dispositions de la loi
nationale relatives à ce cas. Demandez aux participants de reconsidérer leur position à
la lumière de ces lois qui couvrent les normes des droits de l'homme intégrées à la
loi nationale. Demandez à ceux qui changent d'avis du fait de ces nouvelles informations
d'expliquer leur position.
Etape 6. Demandez aux participants s'ils savent comment obtenir le type
d'information légale mentionnée dans le cas de Beletu. Demandez-leur s'ils connaissent
quelqu'un qui peut leur expliquer la loi. Connaissez-vous un avocat, ou une association
d'assistance légale aux pauvres ? Un avocat ou un représentant de l'association d'aide
légale pourraient-ils se contenter de vous écouter puis de vous dénoncer à la police ?
Dans le cas évoqué ici, Beletu avait vraiment besoin d'être aidée par quelqu'un en qui
elle pouvait avoir confiance. A qui peut-elle faire appel ?
Appendice à l'Exercice 11 Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (1976)
Article 7 :
Les Etats parties au présent pacte reconnaissent le droit qu'à toute personne de jouir de conditions de travail justes et favorables, qui assurent notamment :
a) la rémunération qui procure, au minimum, à tous les travailleurs : i) Un salaire équitable et une rémunération égale pour un travail de valeur égale sans distinction aucune (...)
b) La sécurité et l'hygiène du travail. (...)
EXERCICE 12, LES ENFANTS PROSTITUES
Description générale : Si de nombreuses raisons peuvent amener un enfant à se prostituer, il s'agit rarement d'un choix personnel. Par exemple, lorsque les salaires et les aides que les parents et enfants reçoivent sont insuffisants pour subvenir aux besoins de la famille, de nombreuses filles sont forcées de se prostituer, tandis que les garçons deviennent pickpockets et voleurs. Les enfants pauvres sont aussi parfois rejetés à l'extérieur du peu qui reste de la structure familiale. Les filles sont en conséquence amenées à passer la majorité de leur temps dans des endroits dangereux, dans les bars et dans la rue. Les garçons, en grand nombre, mendient (voir Exercice 10). Les assistantes sociales observent que ce dont les enfants qui se prostituent ont surtout besoin est un abri. Elles doivent payer leur pension dans des hôtels où elles vivent à plusieurs dans la même chambre. Les propriétaires de la maison leur font la vie dure. Si elles n'ont pas d'argent, elles dorment à la belle étoile dans la rue, dans les arrêts de bus ou sur le pas de porte des magasins. Si elles sont malades, elles se retrouvent à la rue pour de bon. Elles n'ont pas seulement besoin d'un abri, mais aussi d'emplois et d'activités qui leurs permettent de générer un revenu.
Objectifs : Les participants devraient :
Procédures : L'animateur doit réagir avec flexibilité à la créativité des
participants, laissant assez de temps pour la discussion à chaque étape de l'exercice.
Mais un minimum de contrôle doit être exercé afin que la dernière étape ne soit pas
omise.
Matériels : Convention sur les droits de l'enfant, Constitution de la République
du Congo, Articles 40 à 45.
Procédures : Etape 1. Pourquoi les enfants sont-ils contraints de se
prostituer ? Questionnez les participants sur leur connaissance et leur perception du
problème, en mettant l'accent sur le cercle vicieux dans lequel les enfants se trouvent
prisonniers. En fonction des réponses, demandez s'ils sont tous d'accord que les enfants
"choisissent" rarement la prostitution.
Etape 2. Demandez aux participants de faire part de leur expérience et de parler
de personnes qu'ils connaissent qui sont prisonniers de cette façon. Les enfants qu'ils
connaissent ont-ils essayé d'autres alternatives ? Individuellement ? De façon
collective ? Quelles sont les personnes responsables de la situation dans laquelle se
trouvent ces enfants (parents, époux abusifs, pourvoyeurs, proxénètes, etc.) ? Quels
sont les risques que les enfants encourrent (grossesse, maladies sexuellement
transmissibles, violence exercée par les clients et la police, ostracisme à l'école,
dans les villages, etc.) Débattez de la responsabilité de ces adultes.
Etape 3. A-t-on besoin de lois en la matière ? Demandez si les adultes identifiés
à l'étape 2 devraient être punis comme des criminels pour leur comportement abusif.
L'enfant devrait-il être puni pour s'être livré à la prostitution ? Quelles
initiatives l'enfant pourrait-il/elle prendre pour éviter la prostitution ? Quels droits
l'enfant a-t-il dans une situation comme celle-ci ? Les participants se rappellent-ils des
droits de l'enfant mentionnés à l'exercice 10 qui devraient s'appliquer aux enfants qui
se prostituent ?
Etape 4. En ce qui concerne les adultes qui sont responsables du fait que l'enfant
s'adonne à la prostitution, leur punition devrait-elle être plus sévère en fonction
des circonstances, si l'enfant est trompé par exemple, ou s'il est confié à un
pourvoyeur professionnel ? Si l'enfant est âgé de moins de 15 ans ?
Etape 5. Intervention de l'animateur : expliquez qu'une Conférence mondiale sur
les politiques démographiques a eu lieu en 1994 au Caire, où l'un des principaux points
débattus concernait les adolescents. Certains gouvernements ont purement et simplement
refusé de reconnaître que les adolescents ont des relations sexuelles, et qu'ils ont des
besoins particuliers en termes de politique d'hygiène sexuelle et reproductive. Quels
sont les besoins des jeunes dans votre communauté ? Pensez-vous que les filles qui se
livrent à la prostitution sont suffisamment informées de leurs options (contraception)
et des risques qu'elles encourent (maladies sexuellement transmissibles, stérilité,
propagation du virus mortel VIH)
Etape 6. Si la loi sur la prostitution des enfants punit les criminels adultes (qui
l'encouragent), la loi devrait-elle aussi prendre en compte l'enfant qui se prostitue et
mettre en place des programmes qui aideront l'enfant à sortir du piège dans lequel elle
est enfermée ? Quels services ces programmes devraient-ils offrir aux enfants ? Animateur
: voyez s'il y a un lien entre les programmes proposés et les "causes" de la
prostitution identifiées à l'étape 1.
Appendice à l'Exercice 12 : Convention sur les droits de l'enfant,
Constitution du Congo
Convention sur les droits de l'enfant
Article 19
1. Les Etats parties prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l'enfant contre toute forme de violence, d'atteinte ou de brutalités physiques ou mentales, d'abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d'exploitation, y compris la violence sexuelle, pendant qu'il est sous la garde de ses parents ou de l'un d'eux, de son ou ses représentants légaux ou de toute autre personne à qui il est confié.
2. Ces mesures de protection comprendront, selon qu'il conviendra, des procédures efficaces pour l'établissement de programmes sociaux visant à fournir l'appui nécessaire à l'enfant et à ceux à qui il est confié, ainsi que pour d'autres formes de prévention, et aux fins d'identification, de rapport de renvoi, d'enquête, de traitement et de suivi pour les cas de mauvais traitements de l'enfant décrits ci-dessus, et comprendront également, selon qu'il conviendra, des procédures d'intervention judiciaire.
Constitution du Congo
Article 40.
Les parents ont des obligations et des droits à l'égard de leurs enfants. Les enfants ont envers leurs parents des droits et des devoirs.
(...)
Article 41.
Les enfants ne peuvent être séparés de leur famille contre le gré de ceux qui ont la charge de leur éducation qu'en vertu de la loi.
La mère et l'enfant ont droit à une aide et à une assistance de l'Etat.
Article 42.
Tout enfant, sans discrimination aucune, fondée sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, l'origine nationale, ethnique ou sociale, la fortune ou la naissance, a droit, de la part de sa famille, de la société et de l'Etat, aux mesures de protection qu'exige sa condition de mineur.
(...)
Article 43.
L'Etat doit protéger tous les enfants et adolescents contre l'exploitation économique et sociale.
Le travail des enfants de moins de 16 ans est interdit.
Article 44.
Le fait d'employer des enfants de moins de 18 ans à des travaux de nature à compromettre leur moralité ou leur santé, à mettre leur vie en danger ou à nuire à leur développement normal est sanctionné par la loi.
Article 45.
La loi sanctionne les manquements des parents en matière d'éducation et de protection des enfants.
Back to Index Bells of Freedom
HREA Electronic Resource Centre for Human
Rights Education:
The Bells of Freedom